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Infections sexuellement transmissibles : les comportements à risque toujours d’actualité

date de redaction mardi 20 juin 2006


L’Institut de Veille Sanitaire fait le sombre constat que les homosexuels masculins continuent à avoir des comportements à risque, notamment les séropositifs. A fin 2005, environ 130.000 personnes vivaient avec le VIH en France.


communiqué de presse INVS - 20 juin 2006

L’Institut de veille sanitaire publie le 20 juin 2006 plusieurs documents [1] relatifs à la surveillance des infections sexuellement transmissibles (IST) en France et notamment du VIH, qui tous confirment une persistance des comportements sexuels à risque parmi la population homosexuelle masculine, en particulier chez ceux qui sont séropositifs pour le VIH.

Les données de surveillance du VIH, indiquent que :

  • le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité en 2004 est estimé à 7 000 [2]. Le nombre total de personnes vivant avec le VIH en France à la fin 2005 est quant à lui estimé à 130 000 personnes [3] ;
  • les populations les plus représentées parmi les découvertes de séropositivité restent les homosexuels masculins, les personnes originaires d’Afrique sub-saharienne (malgré une tendance à la diminution depuis la fin 2003), et dans une moindre mesure, les personnes françaises contaminées par rapport hétérosexuel. La réduction de la transmission chez les usagers de drogue semble quant à elle se poursuivre.

Les homosexuels masculins, représentent 29 % des découvertes de séropositivité en 2004, chiffre en hausse entre 2003 et 2005. C’est également dans ce groupe que les contaminations récentes sont les plus nombreuses (43 % de contaminations datant de moins de 6 mois), même si ce chiffre est d’interprétation difficile dans la mesure où il reflète à la fois des prises de risque vis du VIH/sida et des IST et un recours au dépistage important.

Ce constat inquiétant est renforcé par les données de surveillance des autres IST, notamment depuis la recrudescence de la syphilis à la fin de l’année 2000 et l’épidémie de lymphogranulomatose vénérienne (LGV) rectale à l’échelle européenne depuis 2003. Entre 2002 et 2004, plus de 1 200 cas de syphilis ont ainsi été répertoriés en France, pour la majeure partie, en Ile-de-France et chez des homo-bisexuels masculins, dont la moitié était séropositive pour le VIH. Par ailleurs, 244 cas de LGV ont été diagnostiqués depuis mars 2004 dans le cadre d‘un réseau de surveillance volontaire, là encore essentiellement en Ile-de-France et chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, dont les trois-quarts étaient infectés par le VIH.

Cette ré-émergence des infections sexuellement transmissibles est aussi retrouvée dans l’enquête « Baromètre Gay » 2005 [4]. Parmi les hommes ayant répondu à l’enquête, 14 % signalent avoir eu une IST lors de l’année écoulée : blennorragie, gonococcie rectale, syphilis, LGV, condylomes. Mais cette enquête met surtout en évidence le relâchement des comportements de prévention. Dans l’année écoulée, 30 % des répondants ont déclaré avoir été exposés à du sperme lors de fellations, et 35 % à avoir eu des rapports anaux sans préservatif. Les pénétrations anales non protégées sont encore plus fréquentes chez les séropositifs, puisqu’elles concernent 62 % d’entre eux. Parmi les répondants testés,15 % sont séropositifs pour le VIH, dont un quart a découvert sa séropositivité dans l’année.

Aujourd’hui, l’ensemble des données de surveillance des IST et des données comportementales en France converge pour indiquer une poursuite des comportements à risque chez les homosexuels, plus marquée encore chez les séropositifs. Il est urgent de remobiliser l’ensemble de la communauté, et de poursuivre les efforts de prévention dans les autres groupes touchés par l’épidémie, pour tenter d’enrayer la progression d‘une maladie qui n’est pas une fatalité et dont le traitement est contraignant et d’une durée indéfinie.

Notes :

[1] -* Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) n°25/2006, numéro thématique : Infections sexuellement transmissibles et VIH : les comportements à risque toujours d’actualité !

[2] Ce chiffre ne correspond pas à celui des nouvelles contaminations, car des personnes qui ont découvert en 2004 leur séropositivité ont pu être contaminées plusieurs années auparavant.

[3] l’intervalle de plausibilité se situe entre 100 000 et 160 000 personnes.

[4] Mise en place à l’initiative de l’InVs et du Sneg en 2000, l’enquête Baromètre Gay interroge périodiquement sur leurs comportements sexuels des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et fréquentant les lieux de rencontre gay. L’enquête 2005 s’est déroulée du 15/09 au 15/12/2005 sur la base d’un auto-questionnaire anonyme présent dans 72 établissements gays commerciaux parisiens affiliés au Sneg et auprès de personnes fréquentant 16 lieux de rencontre extérieurs franciliens. Plus de 3 500 personnes y ont répondu.


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