Reynaldo Hahn


Né en 1875 à Caracas (Venezuela), mort en 1947, Reynaldo Hahn vient à Paris en 1878. Compositeur écrivain, tout le prédestine donc à sa rencontre avec Marcel Proust vers l'âge de 20 ans quand Proust en avait 23. Sans être le coup de foudre, leur liaison devient pourtant vite amoureuse et passionnée pour redevenir une simple amitié tenace qui durera jusqu'à la mort de Proust.
Certes Hahn avait une plume acérée qui en blessait plus d'un parmi le Tout-Paris. Confessant aller écouter la musique le dimanche aux Tuileries, il écrivait par exemple : "C'est bien amusant. Ça n'a qu'un défaut : c'est qu'il y a toujours beaucoup de pédérastes - mais à part ça c'est une délicieuse jouissance". Quoiqu'il en soit, la relation entre Hahn et Proust était bien visible à l'époque...

Musicalement, Hahn est daté irrémédiablement de la Belle-Epoque des années 1900, joyeuses et sans soucis comme sa musique qui est reléguée au catalogue des légèretés avec Ciboulette ou encore le Marchand de Venise. Son style était éblouissant, et il fallait une bonne dose de musicalité mozartienne pour oser écrire Mozart, une opérette sur la vie de Mozart. Pourtant il n'a pas concédé au genre opérette si facilement : ses premières oeuvres sont sérieuses. L'Ile du Rêve qui le fera connaître, Esther, drame biblique, Lucrèce Borgia, ou Promothée triomphant, une des oeuvres dont il était le plus fier en sont quelques exemples. Mais c'est grâce à ses opérettes que son nom survit encore de nos jours.


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