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SOS homophobie est une association loi 1901 de lutte contre les discriminations et les agressions à caractère homophobe. Elle est a été créée le 11 avril 1994. Elle se compose exclusivement de membres bénévoles.

Historique

1. La création :
Nom : SOS homophobie. Ce nom fait référence à l'association SOS Racisme.

  • Objet : le projet initial était de doter Paris d'une ligne d'écoute anonyme contre les violences à caractère homophobe. Créer en France une permanence téléphonique qui puisse répondre spécifiquement aux problèmes de violence et de discrimination que rencontraient les homosexuels et les lesbiennes. Dés l'origine il a été question de faire un état des lieux de l'homophobie en France et de le diffuser aux pouvoirs publics, aux médias et au public.
  • Qui : des anciens militants de la FAR (Fraction armée rose) et quelques-autres.
  • Quand : les premières réunions ont eu lieu à l'automne 1993. Les statuts ont été déposés le 11 avril 1994. SOS h. a donc 7 ans. La ligne d'écoute fut ouverte le 25 octobre 1994.
  • Où : à Paris. Néanmoins, dès le début la ligne revendique une couverture nationale.
  • Comment : une ligne d'écoute ouverte du lundi au vendredi de 20H à 22H. Au départ les écoutants ne suivaient pas à proprement parler de formation aux techniques d'écoute. Le Groupe de paroles n'existait pas et la documentation était sommaire. Le travail fourni par une commission "Actions - prévention".

2. Les débuts (1993 Laurent Mulheisen Président fondateur - 1995 Gilles Condoris Président 1995-1997)

  • L'énergie dépensée pour monter la ligne d'écoute et la faire connaître :
    • Les premiers militants de Sos homophobie racontent avoir passé beaucoup de temps à mettre en place l'organisation de la ligne d'écoute : tenir des permanences chaque soir et la communiquer artisanalement sur le numéro d'appel dans les médias gays, ont notamment été consommateurs de beaucoup d'énergie. Ils se rappellent que l'élaboration des statuts et du règlement intérieur a également été fastidieuse. En effet, plusieurs versions successives se succédèrent, elles furent l'objet de vifs débats en assemblées générales.
  • Des difficultés de fonctionnement car s'il y avait partiel consensus sur l'Objet, des divergences portaient sur la hiérarchie des priorités et sur la méthode de travail
    • D'une façon générale, il est souvent fait état de profondes divergences entre les militants quant à ce que devaient être les priorités de l'association, de pénibles luttes de pouvoir et d'un progressif désengagement des membres fondateurs. Petit à petit, les théoriciens politiques des luttes homosexuelles, s'en vont. Si le fonctionnement en semble facilité, les idées et le discours politique s'appauvrissent.
    • Parmi les militants qui demeurent, deux conceptions s'opposent, entraînant des luttes de pouvoir et un relatif immobilisme. S'établit peu à peu, une franche opposition entre les partisans de l'écoute "professionnelle" et neutre, souvent écoutant-es et ceux qui prônent l'action engagée, un peu dans le sens Act Upien du terme, regroupés dans la commission "actions et prévention".
    • Des assemblées générales houleuses et tardives, témoignent d'une organisation scindée en deux groupes distincts qui ne parviennent à se rejoindre, l'association se déchire et ne produit pas grand chose de bien convaincant. Néanmoins, elle survit, ce qui n'est pas le lot de nombre d'associations constituées dans la même période, et certains, peu à peu, parviennent à lui apporter un début de "professionnalisme" et de crédibilité.

3. La prise de conscience et le premier tournant (1997 Gilles Condoris - 1998 Christine Le Doaré)
Il était temps de redéfinir des objectifs, une organisation et une méthode.

  • Cette démarche est entamée en 1997, lorsqu'un un groupe de militants (issus principalement du groupe écoute : des écoutant-es et le formateur aux techniques d'écoute, également régulateur du groupe de paroles) organisent avec l'aval du Président de l'époque, Gilles Condoris, dont c'est le dernier exercice, un séminaire de réflexion. De ce séminaire, le pôle écoute, qui est indéniablement structurant, sort renforcé. Mais pas seulement, car il est aussi décidé de s'atteler enfin à une tâche prévue dès l'origine : l'élaboration d'un rapport annuel destiné à faire connaître l'homophobie en France.
  • C'est en effet ce rapport qui donne à Sos homophobie sa particularité : ne pas faire de l'écoute une fin en soi, mais également un outil de lutte contre l'homophobie. Etablir une cartographie de l'homophobie permet de mieux la connaître et donc de revendiquer la mise en oeuvre d'outils préventifs et répressifs adaptés, afin de mieux la combattre. Le premier rapport annuel sur l'homophobie sort donc en juin 1998, il porte sur l'année 1997.
  • Rechercher des synergies pour former un groupe cohérent et produire pour avancer et convaincre (le recentrage sur plusieurs petits groupes de travail) : le concept d'Observatoire de l'homophobie prend corps et se développe avec la ligne d'écoute et son corollaire, le rapport annuel. La commission écoute, la formation à l'écoute et le Groupe de Paroles se perfectionnent.
  • Mais ce n'est pas suffisant, il faut également intervenir à d'autres niveaux. L'Observatoire répond et enregistre au cas par cas, coup pour coup. Mais il faut aussi anticiper, prévenir et éduquer pour empêcher les comportements, actes et propos contre lesquels nous nous battons. Pour y parvenir, il faut sensibiliser les pouvoirs publics qui doivent adopter des campagnes de prévention et des textes répressifs, mais également la population, car les mentalités doivent évoluer. Pour mener à bien tout ce travail, il faut créer des petits groupes productifs ou commissions, qui construisent jour après jour, non pas en opposition aux autres, mais de façon complémentaire et en toute synergie. Fondamentalement, rien n'oppose la mission de l'Observatoire (commissions écoute et rapport annuel) à celles de prévention et de revendication (commissions juridique/études et communication ). Il n'y a pas d'opposition entre ces différentes activités, elles sont toutes légitimes, il faut donc favoriser la croissance de chaque commission comme les liens pour les rapprocher.
    Tout ceci fut mis en oeuvre en 1998 et 1999.
  • L'association ne souffre alors plus d'interminables et stériles mais mémorables engueulades, mais elle manque de volontaires. Le militantisme ne fait plus guère recette et probablement, est-il plus motivant de se défouler dans de vives altercations ou déclarations d'intention, que de travailler consciencieusement sur des dossiers ! Néanmoins, nous persévérons et grandissons peu à peu, nous faisant mieux connaître et reconnaître pour la pertinence, l'efficacité et la qualité de notre travail.

4. La maturité (1999-2002 : Christine Le Doaré)

  • Une structure qui fonctionne :
    • L'organisation est la bonne, elle donne à chacun la possibilité de s'investir au sein de l'écoute et / ou d'une ou de plusieurs commissions de travail. Les instances de décision et de contrôle sont bien intégrées à la vie quotidienne de l'association, puisque les personnes qui les composent sont en grande majorité, enfin des membres actifs investis dans les différents groupes de travail. Elles remplissent leur mission, ne sont ni trop paralysantes, ni trop distantes, leurs décisions sont prises en connaissance de cause.
  • Une production convaincante :
    • Les permanences d'écoute sont effectuées par des écoutants qui ont bénéficié d'une formation aux techniques d'écoute et juridique.
    • Le matériel d'aide à l'écoute, actualisé et enrichi régulièrement, est structuré et complet.
    • Le rapport annuel est de plus en plus "professionnel" : soigné et bien documenté, il est depuis trois ans attendu et commenté par les médias.
    • Le dossier de sensibilisation contre l'homophobie destiné aux syndicats a suscité l'intérêt du public ciblé et des médias.
    • Les propositions de loi contre l'incitation à la haine homophobe et autres avancées juridiques, sont largement inspirées des travaux inter-associatifs auxquels nous avons contribué.
    • Les courriers adressés aux pouvoirs publics et aux administrations, atteignent souvent leur but, et nous obtenons dans la plupart des cas des réponses encourageantes.
    • Les communiqués de presse sont le plus souvent relayés par les médias.
    • Les lettres de soutien adressées aux appelants qui les réclament ainsi que les lettres de mise en garde adressées quant à elles aux auteurs des troubles à caractère homophobe, produisent le plus souvent les effets escomptés.
  • Une reconnaissance publique :
    • Il a fallu réhabiliter notre réputation auprès des milieux associatifs, des médias gays et lesbiens qui ont longtemps catalogué SOS homophobie comme étant une sorte de SOS pompiers. Puis convaincre les acteurs politiques et institutionnels, de la pertinence de notre travail. C'est à peu près chose faite.
    • La médiatisation sans précédent dont nous avons bénéficié en juin 2001 (reportages, interviews, articles, ...) y a contribué. En revanche, le "grand public" ne nous connaît pas assez.

5. Demain (2002 et ensuite... )

  • L'homophobie a changé de profil :
    • Elle est un peu moins primaire (nous enregistrons de moins en moins de cas de violences physiques)
    • Elle se manifeste plus par des discriminations ou des injures, dans la vie de tous les jours : au travail, dans les relations de voisinage, à l'école...
    • En outre, l'homosexualité est devenue, depuis les débats sur le PACS, une question de société à part entière.
  • Nous ne sommes pas encore parvenus à une égalité de droits et de traitement, mais nous avons progressé. Désormais force de propositions, nous devons travailler plus souvent avec les acteurs politiques et les pouvoirs publics.
  • Notre mobilisation est toujours d'actualité :
    • "L'association SOS homophobie a pour objet de mettre en oeuvre et de promouvoir toute action susceptible de favoriser la lutte contre toute forme, avouée ou non, de discrimination ou de violence à l'encontre d'individus, de groupes ou de pratiques homosexuels ou perçus comme tels. L'association se réserve la possibilité d'entreprendre toute réalisation conforme à son objet. SOS homophobie entend être un facteur de lutte active contre toute manifestation d'homophobie, et contribuer par-là à une reconnaissance intégrale de l'homosexualité. Son objet est de travailler à la disparition de toute attitude de discrimination liée à l'orientation homosexuelle. "
  • Notre fonctionnement :
    • Notre fonctionnement : SOS homophobie est une structure composée de bénévoles motivés par la défense des droits des gays et des lesbiennes. Le recrutement de ses membres se fait en dehors de toute considération de sexe, de préférence sexuelle, d'âge, de nationalité, d'appartenance idéologique, politique, religieuse ou associative, dans la mesure toutefois où ces appartenances ne sont pas incompatibles avec les objectifs de la ligne.
Objectifs de l'association
  • Animer l'Observatoire de l'homophobie en France
    • soutenir les personnes victimes d'actes homophobes en mettant à leur disposition une Ligne d'écoute téléphonique anonyme, leur donner les moyens d'agir et de se prendre en charge,
    • partant des témoignages reçus sur la ligne,dresser un état des lieux de l'homophobie en France et en publier un rapport annuel.
  • Combattre l'homophobie :
    • sensibiliser l'opinion publique contre l'homophobie et affirmer la dignité de la personne homosexuelle,
    • interpeller les pouvoirs publics, institutions et organismes influents pour que cessent les discriminations homophobes et soient adoptéess de véritables politiques de prévention,
    • obtenir la condamnation par la loi des provocations à la haine, des injures et diffamations publiques homophobes.
Les groupes de travail thématiques
  • Commission Ecoute
    • formation des écoutants-tes
    • animation des groupes de paroles des écoutants-tes
    • gestion de la Ligne d'écoute anonyme
  • Commission Rapport Annuel
    • analyse des témoignages reçus par SOS homophobie et de la presse
    • réalisation du rapport annuel sur l'homophobie
  • Commission Communication
    • publicité et relations extérieures
    • sensibilisation de l'opinion publique
    • actions envers les institutions
    • diffusion de dossiers de sensibilisation et d'analyse
  • Groupe Intervention en Milieu Scolaire (IMS)
    • formation des membres de l'association disposés à se rendre dans les collèges et les lycées pour présenter le module destiné aux élèves
    • se tient à la disposition des établissements scolaires
  • Commission Lesbophobie
    • faire connaître l'association dans les milieux lesbiens
    • veille à la mixité dans chaque commission
    • prise en compte de la spécificité des problématiques lesbiennes
  • Commission Etudes
    • commission juridique de l'association
    • réunit des juristes et des membres de l'association intéressés par le cadre juridique
    • analyse des textes de loi, propositions de lois, amélioration de lois existantes
    • mise à jour des référentiels juridiques utilisés sur la ligne d'écoute
    • formation juridique des écoutant-e-s