LESBIAN & GAY PRIDE Paris Paris, le 25 octobre 1998 Communiqué de presse De l'homophobie ordinaire d'une bigote ordinaire Madame Chirac renouvelle le genre homophobe dans une récente intervention au "Figaro Magazine". Après s'être distanciée des attitudes homophobes classiques, pourtant encore partagées par nombre de membres du parti de son mari, elle invente le délit de "militantisme homophile", dont les Lesbian & Gay Prides seraient "la triste caricature", qui au final, lui apparaissent comme "une pression aussi intolérante que l'homophobie". Ainsi donc, Madame Chirac, pièce rapportée de la République, use du nom du premier personnage de l'État pour sous-entendre que se défendre, manifester ensemble (et assurément plus "gaiement" que les "pro-vie") pour mieux aider à l'émergence de droits positifs, ne serait qu'une insupportable agression vis-à-vis de la "majorité silencieuse". Or ce discours n'est que la version molle de la vieille antienne du "prosélytisme pédérastique", laquelle a servi de justification à la pénalisation des gais et lesbiennes jusqu'en 1993. À ce compte là, il lui faut accuser les militants des droits de l'Homme de "pression intolérante" sur les complices silencieux des escadrons de la mort. Il lui faudrait aussi (mais cela lui sera certainement venu à l'idée, au retour d'une hostie-party dont elle est si friande) admettre que les intégristes de St Nicolas du Chardonnet exercent, par leurs militantisme cathophile, une pression aussi intolérante que celle de la propagande soviétique faisait subir aux chrétiens d'Europe de l'Est. Que Madame Chirac profite d'une cause noble (récolte de fonds pour les personnes âgées) pour s'exprimer sur des sujets que le Parlement aura bientôt à débattre, cela peut surprendre, et faire sourire. Que cette brave paroissienne tienne des propos insultants à l'encontre des centaines de milliers de marcheuses et de marcheurs, cela inquiète: soit elle est mandatée par M. Chirac pour salir le combat des militants homosexuels et critiquer les orientations législatives de la Majorité, et on compatit de voir à quelles extrémités ce dernier en vient pour essayer d'exister. Soit elle parle en son nom propre, et estime donc avoir une parcelle de la légitimité de son "cher et tendre": alors, c'est la tradition républicaine qui en prend un coup. Dans toutes les cas, il est sur que la droite catholique intégriste inspire son discours, et qu'en présentant le PACS comme une revendication de nantis égoïstes et intrigants, elle salit une vision citoyenne, solidaire et universelle, qui profitera bien sur aux couples homosexuels, mais à beaucoup d'autres personnes actuellement marginalisées par les statuts existants. Ce faisant, elle se rapproche de sa caricature guignolesque, et ne peut que ravir les chantres du "Famille-Travail-Patrie" derrière lesquels la droite s'essouffle à courir: à trop traîner dans les bénitiers, on y prend de bien sales habitudes… et le risque de s'y noyer. Quant à nous, nous laissons cette dame ordinaire à ses fantasmes de bigote, et continuons à travailler au quotidien pour l'avancée citoyenne des droits des homosexuels/les. Et si les accoutrements des manifestants de la Gay Pride la gênent, qu'elle se rassure: nous assumons, tout comme elle avec sa "papa-mantille"!! Contact: Dominique Touillet, secrétaire L.G.P. - Paris, tél./fax: 01.43.73.55.67