Editorial de David et Jonathan Actualités N° 90 - 5 juillet 1999 Journal de bord de David & Jonathan TROP C'EST TROP Mesdames et Messieurs les Sénateurs, vous n'avez pas de quoi être fiers de vous ! Merci ne nous avoir niés, en repoussant une fois de plus le vote définitif sur le PACS par l'Assemblée à l'automne, en vous servant uniquement de mesures procédurières. Votre mépris pour ces hommes et ces femmes de notre société qui souhaitent pouvoir bénéficier du PACS n'a d'égal que votre acharnement à bloquer toute reconnaissance des différentes manières de vivre en couple aujourd'hui en France. Les propos homophobes tenus sur les homosexuels par vous-mêmes comme par les réseaux intégristes et nationalistes, où vous croyez pouvoir puiser votre légitimité, pourraient nous ramener aux temps les plus abjects de l'histoire. Quels pestiférés sommes-nous donc à vos yeux ? Croyez-vous pouvoir encore longtemps ne pas être en mesure de nous considérer comme des hommes et des femmes à part entière ? Beaucoup d'entre nous contribuent activement à la vie économique, sociale et politique en cette fin de siècle. Certains subissent, comme d'autres, les difficultés économiques actuelles. Nous sommes fiers de ce que nous sommes devenus, en dépit de l'attitude de gens de votre « espèce » : des femmes et des hommes libres qui ne cherchent pas à être plaints ou signés et qui ont conquis le droit d'aimer comme tout le monde. Nous n'aurons pas l'outrecuidance de vous rappeler la fonction noble que vous êtes censée occuper dans notre démocratie française. Vous êtes élus - il est vrai au suffrage indirect ! - et vous portez les valeurs de la République Française : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ. En référence à celles-ci, nous aurions aimé d'hommes et de femmes comme vous un peu plus de décence et de respect et un peu plus de panache dans la défaite. Merci en tous les cas aux sénateurs (hommes et femmes), certes minoritaires, qui ne vous ont suivis ni dans les propos, ni dans les blocages de votre institution. Vous nous voyez désolés de commencer de troisième millénaire sans vous mais, quand des couples comme nous signerons un PACS, nous serons ravis de nous passer de vos services. Pierre MAURIES