Collectif pour le Contrat d'Union Civile et Sociale-PaCS
3, rue Henri Ranvier
75011 PARIS

 

Communiqué de presse

Objet : Audition par la Commission des Lois de l'Assemblée nationale

 

Ce mercredi 9 septembre 1998, messieurs Jan-Paul Pouliquen, Président du collectif pour le PACS et Gérard Bach-Ignasse, Responsable juridique de l'association, maître de Conférence des facultés de droits, seront auditionnés par la Commission des Lois de l'Assemblée nationale.

C'est le député Jean-Pierre Michel, rapporteur du texte qui recevra les initiateurs de la proposition qui sera débattue le 9 octobre en séance pleinière. Patrick Bloche, rapporteur pour avis de la commission des Affaires sociales participera à cette audition. Après avoir remercié les parlementaires pour le soin qu'ils ont apporté au dossier , Mrs Pouliquen et Bach-Ignasse rappelleront le concept qui a prévalu lors de la rédaction de la proposition qu'ils défendent depuis septembre 1991 et les améliorations qu'ils désirent voir apportés au texte actuellement connu et aux dernières évolutions souhaitées par les parlementaires ou le gouvernement.
Le concept : Il est beaucoup plus proche d'un statut de cohabitation que de celui de l'institution du mariage. Le PACS est conçu pour régler des problèmes rencontrés "au quotidien" par deux personnes qui ont un projet commun de vie. Si le nouveau cadre juridique participera à la reconnaissance sociale de l'homosexualité, il n'est pas destiné à accorder une reconnaissance juridique des couples gays (dont beaucoup ne le demande pas) mais de tous les "duos" qui vivent sous le même toit. Dans ces conditions, le collectif regrette que soient excluent du PACS les collatéraux aux 2ème et 3ème degré. Toutefois, ce qui semble essentiel aux représentants de l'association, c'est que le concept global soit respecté et que la loi ne soit pas "verrouillée", c'est-à-dire qu'elle puisse, à l'avenir, être aisément modifiée. Ainsi, en ce qui concerne les dispositions "techniques" de la loi, l'association souhaite qu'elles soient encore améliorées mais elle a conscience qu'il s'agit d'un texte de compromis amendable dans les prochaines années.
Cela ne l'empêche pas de proposer dès aujourd'hui que l'ensemble des suggestions qu'elle a faite depuis 7 ans soient prises en compte et que, pour le moins, les promesses électorales mais également les engagements pris par les députés qui ont déposé une proposition de loi en juin 97 soient respectés. En ce qui concerne le lieu de signature du PACS, l'association est la plus sourcilleuse. En effet, ce choix, lui, ne sera plus réellement modifiable par la suite. C'est donc une décision extrêmement importante. Messieurs Pouliquen et Bach-Ignasse qui ont procédé à une enquête auprès des adhérents et sympathisants du collectif pour le PACS (510 réponses) tiennent à affirmer que si seuls 20% des sondés préfèrent le concept "même toit - même lit" proposé par Madame Tasca et 18 % veulent que le PACS soit délivré par un maire (officier d'Etat civil), 78% choisissent le concept "projet commun de vie" (non ingérence de l'Etat dans la sphère du privé) mais 83% désirent que le PACS soit signé devant un employé d'une administration municipale ou préfectorale. En réalité, celles et ceux qui désirent signer un PACS ne veulent pas d'une sorte de "singerie" de mariage mais qu'il soit aisé d'accomplir une formalité comme toute démarche administrative. Le collectif rappelle que "l'activité nuptiale" ne représente que 3% des actes accomplis en mairie. Aussi, l'argument de "l'analogie au mariage" n'est pas recevable pour empêcher que le document soit délivré en mairie. L'argument est d'ailleurs d'autant plus étrange que les tribunaux de grande instance (solution proposée par le gouvernement) sont en charge de la plupart des décisions judiciaires concernant "la famille". Or, le PACS n'a rien à voir avec "la famille".

Les dispositions prévues : L'association se félicite de certaines avancées, même jugées insuffisantes.
Ainsi, alors que la proposition du Parti Socialiste n'envisageait pas la possibilité de signer un PACS avec une personnes étrangère, le texte actuel l'autorise. En ce qui concerne l'amélioration des dispositions successorales, ce qui est actuellement proposé est très notoirement insuffisant même si ce sont les plus démunis qui en profiteront le plus. En ce qui concerne les délais pour bénéficier des droits, l'association réclame qu'un délai d'un an soit retenu et que, pour le moins, une disposition spécifique pour les "duos" dont l'un des membres serait atteint d'une maladie grave incurable soit dispensés de tout délai. L'association invite les parlementaires qui ont choisi eux-mêmes de faire de ce dossier "leur affaire" (proposition de loi dans une "niche") plutôt que celle du gouvernement (projet de loi) a assumer ce choix jusqu'au bout et à se montrer intransigeants quant au respect de leurs promesses.