La France Gaie et Lesbienne
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Les réactions à l’engagement socialiste pour le mariage homosexuel

date de redaction jeudi 13 mai 2004


De l’extrême gauche à la droite nationale, les positions prises sur la question se multiplient.


Après l’annonce faite par le Parti socialiste de préparer une loi autorisant les homosexuels à se marier, les réactions ont été nombreuses. La discussion est loin d’être close, même au sein du parti socialiste... où plusieurs voix - Henri Emmanuelli, Paul Quilès, Jean-Luc Mélenchon, Jean Glavany, Eric Bession -, se sont élevées pour regretter la précipitation qui a présidé aux débats. Principal argument avancé : « la question du mariage homosexuel ne remonte pas spontanément de la société vers nous, et nous ne sommes pas sommés de nous prononcer dans la minute qui vient ».

Ségolène Royal n’est pas convaincue non plus de la nécessité d’ouvrir le mariage aux homosexuels. « S’il s’agit d’améliorer un contrat civil pour une égalité des droits, (...) oui. S’il s’agit d’une confusion des repères et d’une provocation injustifiée des convictions familiales et religieuses, non » a expliqué l’ancien ministre de la Famille du gouvernement Jospin.

Sur Europe 1, Alain Rousset, président de la région Aquitaine, s’est déclaré très réservé sur le droit à l’adoption pour les couples homosexuels, en estimant que la société « a besoin d’avoir des lignes jaunes ». Il a jugé qu’il fallait écouter sur ces questions « les acteurs de terrain » et « ne pas faire de surenchère ». Selon lui, la question est de savoir « quelle est la barrière ».

Extrême gauche

Olivier Besancenot a annoncé que la Ligue communiste révolutionnaire apporte son soutien à tout maire « qui célèbrera un mariage entre individus de même sexe et participera ainsi au combat pour l’égalité des droits ». Il déclare en outre que les menaces de Dominique Perben à l’encontre de Noël Mamère et les insultes de l’évêque d’Evry sont inacceptables.

PC

Reçue par I-Télé, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, s’est prononcée en faveur du mariage homosexuel, mais a souhaité que « l’on prenne le temps du débat pour l’adoption ».

« Je ne vois pas comment s’opposer à l’idée que les homosexuels ont droit au mariage », a-t-elle dit. « Je n’aime pas la politique des coups médiatiques. Il faut prendre le temps du débat pour l’adoption, écouter les avis des pédiatres qui sont plutôt positifs », a-t-elle ajouté.

Les Verts

Les écologistes ont déjà préparé une proposition de loi visant à définir clairement le mariage et à remplacer, dans tous les articles de loi concernés, les termes « ambigus » (« mari », « femme »...) par le mot « conjoints ». Ils ont rappelé que cette proposition serait déposée à l’Assemblée nationale le 6 juin si le mariage gay célébré la veille par Noël Mamère était annulé (ce qui parait très probable). « Nous n’attendrons pas l’automne », a rappelé Noël Mamère, faisant allusion au Parti socialiste, qui entend déposer ses propositions de loi à la rentrée.

Droite

Dans son ensemble, elle se montre prudente et préfère évoquer l’amélioration du PaCS envisagée par le Premier ministre.

Jean-François Copé a souhaité que le débat sur le mariage gay et lesbien soit abordé « sans esprit partisan ». « Dans notre pays, la loi, à travers le Code civil, et notre tradition prévoient que le mariage est une union entre un homme et une femme. Cela étant, la question d’une meilleure reconnaissance de l’union entre personnes du même sexe est posée depuis plusieurs années et elle est légitime », a-t-il expliqué.

Philippe de Villiers pense lui que le PS veut « détruire la société ».

Seuls les élus de droite ouvertement homosexuels comme Philippe Meynard (UDF) et Jean-Luc Roméro ont pris position en faveur de l’extension du mariage civil aux couples du même sexe.

Droite nationale

Dans le quotidien Français d’abord, le Front National se félicite de la clairvoyance de son leader qui avait prévenu « dès le départ que l’adoption du PACS n’était dans l’esprit de ces concepteurs qu’une étape visant à préparer le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels. Un mariage qui serait donc désormais vidé de sa substance puisqu’il donnerait les mêmes droits, la même protection, les mêmes avantages aux homosexuels et aux hétérosexuels qui assurent pourtant dans ce cadre la pérennité biologique de la nation ».


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