La France Gaie et Lesbienne
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Le ministre s’emmêle les pédales

date de redaction jeudi 29 avril 2004


En refusant le mariage des couples de même sexe, Dominique Perbe oublie le sens de la notion de discrimination, estime le Collectif pour l’égalité des droits.


communiqué de presse Collectif pour l’égalité des droits - 28/4/2004

Dans un entretien accordé au journal Le Figaro du 28-04, le ministre de la justice, Dominique Perben, prétend que le mariage de couple du même sexe serait « contraire à l’état du droit ».

Dans le même temps, il indique préférer « s’intéresser à de vrais sujets comme la lutte contre les discriminations et l’homophobie en particulier ». Pourtant le projet de loi prévu pour juin condamnant les propos et actes homophobes et lesbophobes ne prévoit pas de traiter les aspects de la transphobie et du sexisme.

Rien d’étonnant cependant, après l’inquiétude de D.Perben face à la féminisation de l’Ecole nationale de la magistrature, en raison « des problèmes spécifiques qu’ont les femmes à concilier vie professionnelle et vie personnelle » (Europe 1, 15 février 2003) ou lorsqu’il affirmait qu’il n’était pas opportun de toucher au pacs (Libération, 7 janvier 2004), refusant ainsi son amélioration, alors même que le pacs a déjà été choisi par plus de 200 000 françaisEs.

Malgré de brillantes études, notre cher Ministre semble oublier le sens de la notion de discrimination. En effet, son refus du mariage des couples de même sexe constitue une discrimination homophobe. Il paraît évident pour tout le monde que refuser à un couple mixte de se marier comme c’était le cas avant 1848 constitue une discrimination raciste. Comment peut on donc aujourd’hui prétendre être contre l’homophobie tout en voulant maintenir un statut inférieur aux couples gays et lesbiens ?

Comment un ministre de la Justice peut-il justifier au 21ème siècle une inégalité de droit entre citoyenNEs, en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre ?

Les arguments en faveur du respect de la tradition sonnent d’autant plus douloureusement à nos oreilles qu’ils renvoient à ceux utilisés au siècle dernier pour justifier la situation des femmes en France ou encore la ségrégation des noirs aux Etats-Unis.

Les associations LGBT ont depuis fort longtemps inscrit dans leurs chartes la nécessité d’obtenir une stricte et entière égalité des droits entre touTEs les citoyenNEs, quelles que soient leur orientation sexuelle ou identité de genre. Aussi, la volonté du ministre de chercher à opposer les unes aux autres est fallacieuse et cache mal l’embarras réel du gouvernement à prendre des mesures.

Encore une fois, la question fondamentale reste celle de l’égalité des droits. Tant que subsisteront ces discriminations légales, les lesbophobes, transphobes et homophobes se sentiront légitimés dans leurs actes de violences quotidiennes, parfois meurtriers.

Nous souhaitons que l’ensemble des forces politiques, syndicales et associatives interviennent et fassent connaître leur position sur cette question. A quelques semaines des élections européennes, au-delà des aspects juridiques, nous rappelons que le Parlement européen a plusieurs fois adopté des rapports préconisant à tous les Etats membres d’adopter des législations mettant fin à l’ensemble des discriminations, y compris en matière de mariage et de parentalité.

Aujourd’hui, nous ne voulons plus de paroles rassurantes mais des actes concrets.


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