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L’homophobie : maladie infantile de l’homosexualité

date de redaction mardi 24 février 2004


Jan Paul Pouliquen cherche à comprendre l’homophobie pour la combattre et la faire régresser.


C’est finalement parce qu’ils sont homosexuels que les auteurs de la tentative de meurtre d’un homme de Noeux-les-Mines seront emprisonnés. S’ils sont retrouvés. Tel est le terrible paradoxe auquel nous sommes confrontés. C’est un CRS homosexuel qui assassine le patron d’un sauna gay. C’est un député homosexuel qui participe à une manifestation homophobe aux côtés de catholiques plus ou moins intégristes et militants d’extrême droite. C’est un homosexuel qui tenta de me tuer, il y a une vingtaine d’années, après avoir eu une relation intime avec moi. Ce sont des homosexuels qui perturbent de temps à autre des réunions publiques ou bals gays du 14 juillet... et que l’on retrouve pantalon baissé, deux heures et quelques bières plus tard.

L’homophobie n’est pas du racisme ni de l’ostracisme. Ces derniers comportements révèlent la peur de l’autre, de celui qui est différent ou pense autrement. L’homophobie, elle, révèle la peur de soi, d’une partie de soi, de son image. Les Juifs n’agressent pas les Juifs parce qu’ils sont Juifs, les Arabes ne tuent pas les Arabes parce qu’ils sont Arabes. Mais des homosexuels qui n’acceptent pas leur sexualité assassinent des homosexuels qui s’acceptent tels qu’ils sont.

C’est la raison pour laquelle on ne doit pas se tromper. Non seulement il ne convient pas de vouloir utiliser une peine de prison comme vengeance mais comme le dernier moyen pour protéger les citoyens mais il faut avant tout comprendre ce qu’est l’homophobie pour la faire régresser.
Voilà une vingtaine d’années que l’Organisation Mondiale de la Santé a accepté de rayer l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Il est désormais temps qu’elle fasse un nouveau pas en avant et inscrive l’homophobie dans cette liste.
Condamner des homophobes à la prison sans assortir la peine d’une obligation de soins ne protègera qu’un temps la population « libre »... et génèrera encore plus de viols homosexuels au sein de la population carcérale au cours de la même période.
Il est indispensable que ces agresseurs apprennent à se respecter, à vivre leur homosexualité sereinement.
Bien entendu, cette prise en charge médicale de ces personnes ne doit pas faire oublier que c’est parce que nos sociétés rejettent l’homosexualité qu’elles fabriquent la maladie. Oui cela commence par l’école et cela prendra du temps. La pénalisation de propos homophobes est une solution de facilité qui ne règlera à peu près rien. Quant à son inscription dans la Constitution, ce serait un dévoiement du rôle de celle-ci, un acte démagogique supplémentaire.
A cet égard, les partis politiques, s’ils souhaitent retrouver une certaine crédibilité, seraient bien inspirés de prendre à bras le corps les questions qui lui seront inévitablement posées à l’occasion des prochains scrutins nationaux. Maintenant, et non, comme pour le PACS, trois semaines avant un débat parlementaire dont on se souvient encore tant la Gauche a brillé par son absence le 18 octobre 1998. Refuser le mariage aux homosexuels et aux lesbiennes, s’opposer à l’adoption par les couples de même sexe, considérer le transsexualisme comme un gag de repas de mariage, c’est faire perdurer le rejet, c’est alimenter cette terrible maladie mentale qu’est l’homophobie.

Jan-Paul Pouliquen
Initiateur de la loi sur le P.A.C.S.


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