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L’ASB juge le rapport Stasi insuffisant

date de redaction mercredi 18 février 2004


La future loi sur les propos discriminatoires et les dispositifs législatifs de lutte contre les discriminations à venir ne doivent pas êtres discriminants eux-mêmes, rappelle l’association transsexuelle, qui regrette que la notion d’identité de genre ne soit pas incluse dans le périmètre de la loi.


communiqué de presse ASB - 17 février 2004

L’ASB (Association du Syndrome de Benjamin), seule association transsexuelle qui ait été reçue le 22 août dernier par la mission Stasi, accueille avec satisfaction le contenu global du rapport de Bernard STASI remis hier au Premier Ministre. Son ambition est louable, mais ne pourra effectivement être efficace qu’à la condition que le gouvernement et nos assemblées respectifs lui en donnent réellement tous les moyens.

Cela ne doit pas s’arrêter aux simples effets d’annonces ou à des prises en charge symboliques ou superficielles de ces questions. Il ne sera pas d’avantage acceptable d’exclure d’autres formes de discriminations !

L’ASB regrette et dénonce, qu’une fois de plus la liste des champs de discriminations retenus ne se cantonne qu’au simple catalogue répertorié dans les dispositifs législatifs actuels, laissant ainsi pour compte une frange de la population discriminée. Le travail effectué par la mission aurait pu être enfin l’occasion d’introduire la notion « d’identité de genre » dans ses propositions pour les personnes transsexuelles et transgenres, comme nous lui en avions fait la requête orale et écrite lors de notre audience.

L’amalgame systématique à la notion de « l’orientation sexuelle » pour les personnes trans est inconcevable ! Cet amalgame devient inacceptable lorsqu’il y a volonté politique de l’entretenir par simple commodité d’expression ou d’écriture. La transsexualité et le transgénérisme sont des questions d’identité et de revendications de genre, non de sexualité !

L’horrible agression dont a été victime Sébastien NOUCHET le mois dernier, révèle la montée et la cruauté des actes homophobes que peut soulever l’amour de deux personnes du même sexe. Il y a lieu en effet de condamner l’homophobie.

Mais la transphobie existe aussi et il y a aussi lieu de la condamner sévèrement ! Une personne qui à la conviction d’appartenir au sexe opposé de celui de sa naissance et qui le vit naturellement au quotidien a le droit comme tout une chacune d’être respectée.

Pourtant, comment admettre que nos dispositifs législatifs ne veuillent toujours pas intégrer l’identité de genre comme discrimination alors que par exemple : Il y a deux ans, une des adhérentes de l’ASB, qui sort tranquillement de discothèque un soir, se voit agressée par une petite bande pour tenter de la violer. En lui arrachant ses vêtements, ses agresseurs découvrent qui elle est (elle n’était pas encore opérée). L’un d’eux sort un couteau « pour lui couper le pénis » et « lui faire payer… ». Elle se débat et il lui plante l’arme dans la cuisse. À ce moment-là, un autre arrive avec un bidon d’essence, l’asperge, et lui met le feu. Brûlée gravement, elle aussi, devra supporter toute sa vie les séquelles de cet effroyable événement transphobe.

Combien de morts vous faudra-t-il, Mesdames et Messieurs les législateurs, pour qu’enfin la transphobie et l’identité de genre soient reconnue au même titre que les autres discriminations ?

Depuis le 25 novembre 2003, dans le cadre de sa mission interministérielle sur les propos à caractère discriminatoire, nous interpellons Dominique PERBEN et son cabinet par courrier, mail et téléphone, pour qu’ils acceptent de nous auditionner dans le cadre de la préparation de la future loi, mais sans succès. Au prétexte invoqué de « difficultés techniques », il nous est refusé l’intégration de la notion d’identité de genre et de transphobie dans les futurs dispositifs législatifs. L’ASB refuse d’admettre de tels arguments qui excluraient une frange de la population au seul critère de « difficultés techniques ».

L’Association du Syndrome de Benjamin demande à ce qu’aucune discrimination ne soit opérée dans la législation française à l’encontre des personnes transsexuelles et transgenres. L’ASB demande que les termes « identité de genre » et « transphobie » soient intégrés dans nos textes juridiques, notamment dans le code civil et le code du travail.

Natacha TAURISSON
Porte parole de l’ASB


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