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L’épidémie de VIH peut être arrêtée

date de redaction jeudi 16 juillet 2015     auteur Pierre Léonard


Une accumulation de preuves montre qu’un traitement rapide avec des médicaments antirétroviraux réduit considérablement la transmission du VIH. Cette observation, qui va susciter des efforts supplémentaires, permettra de pouvoir entrevoir une date de fin de l’épidémie.


Voir en ligne : Revue Nature Volume 523, No 7559

Les scientifiques se préparent à se retrouver à Vancouver, Canada, pour la réunion annuelle de l’International AIDS Society (IAS), les 19-22 Juillet. Beaucoup estiment que la fin de l’épidémie de sida pourrait être en vue. Une corrélation de données probantes, disent-ils, montre que le déploiement universel du traitement antirétroviral offre un moyen d’arrêter le VIH - mais seulement si le monde agit rapidement.

L’optimisme est dû au succès apparent du « traitement comme prévention ». Traiter les gens avec des médicaments antirétroviraux dès que possible après leur diagnostic, semble, non seulement empêcher des décès et des invalidités en raison de la maladie, mais empêche également la transmission du virus. En 2014, le Programme commun des Nations Unies sur le sida (ONUSIDA) a attiré l’attention sur ce concept de fixer des objectifs qui prévoient le 90% de diagnostic, 90% de traitement et 90% de succès sur ces personnes infectées par le VIH pour éliminer la maladie en tant que menace mondiale pour la santé d’ici 2030.

Dans un rapport du mois dernier d’une commission de l’ONUSIDALancet, les experts estiment qu’il y a une fenêtre de cinq ans d’opportunité pour réussir ou rater les objectifs 90-90-90 (voir go.nature.com/ztqoj1). Ils notent que le nombre de nouvelles infections est maintenant en baisse d’année en année grâce à la prise de plus en plus rapide de traitements antirétroviraux. A partir de 2013, près de 13 millions de personnes recevaient des médicaments antirétroviraux, soit dix fois plus qu’au cours de la décennie précédente. Si cette tendance se poursuit, l’objectif du Millénaire pour le développement fixé en 2011, pour obtenir 15 millions de personnes sous traitement d’ici la fin de 2015, sera dépassé.

Cette tendance va-t-elle se poursuivre ? Il y a 35 millions de personnes vivant avec le VIH, qui tous auront éventuellement besoin d’une thérapie antivirale. Mais la commission souligne que les dispositions sont trop lentes. On estime que, si le traitement est rendu accessible à de nouveaux patients au même rythme qu’aujourd’hui, la croissance de la population en Afrique australe va voir le nombre de nouvelles infections et de décès dus au SIDA par an augmenter à nouveau en 2020. Mais si les pays accélèrent la fourniture de traitements dans les cinq prochaines années, l’objectif de stopper l’épidémie d’ici à 2030 est à portée de main.

Atteindre cet objectif nécessite un investissement financier massif - environ 36 milliards de dollars par année, comparativement à l’investissement actuel 19 milliards de dollars par an. Cela représente autant que 2,1% du produit intérieur brut de certains pays touchés.

Le challenge consiste à atteindre ce niveau d’investissement dans une ère d’austérité. Mais, en modélisant les gains économiques de personnes restantes membres sains et productifs de la société, la Commission estime que les pays avec de grandes proportions de citoyens ayant le VIH bénéficieront de leur augmentation des dépenses.

Comme nous le rapportons dans une entité de Nouvelles dans la page 146, les scientifiques mènent également des recherches dans « la mise en œuvre de la science », montrant comment mieux fournir un traitement. Et les chercheurs ont raison de mettre en évidence des résultats qui appuient définitivement une augmentation des investissements comme un moyen à la fois de préserver la santé et à contenir l’épidémie en supprimant la transmission.

La première évidence majeure de soutien des traitements comme prévention est venu en 2011. Une étude appelée HPTN 052 démontre que la fourniture de traitements immédiatement lors du diagnostic pour le partenaire infecté d’un couple, indépendamment du fait que son nombre de cellules sanguines ont montré un faible nombre de CD4 de type T Cell - le marqueur habituel de progression de la maladie et de l’indication pour la thérapie antirétrovirale - freine le risque que cette personne pourrait transmettre le virus au partenaire non infecté d’un ordre de 96%.

Les questions ouvertes, comme si l’approche serait de travailler dans d’autres directions, ont en grande partie trouvé leur réponse. En Février, l’essai TEMPRANO sur plus de 5.000 personnes en Côte d’Ivoire a indiqué que commencer immédiatement un traitement antirétroviral a réduit le risque de décès et de maladies graves, telles que les infections bactériennes et la tuberculose, de 44%. En mai, l’essai START, impliquant 4685 personnes dans 35 pays, a été arrêté prématurément après avoir montré que le traitement immédiat réduit le risque de maladie grave ou de décès de 53%. La tendance a été observée dans les pays à faible, moyen autant qu’à revenu élevé.

Sur la base de ces résultats et d’autres, l’Organisation mondiale de la Santé envisage de réviser ses lignes directrices pour recommander la fourniture immédiate d’une thérapie antirétrovirale à toutes les personnes infectées par le VIH, et pas seulement à des groupes spécifiques. Les preuves d’un tel changement pourraient être renforcées lors de la réunion IAS : l’essai HPTN 052 va indiquer si la chute spectaculaire de la transmission s’inscrit dans un long terme, et START fera rapport de ses résultats complets (les résultats étaient préliminaires en mai).

Avec prudence, il existe des preuves qui renforcent la croyance que le monde a maintenant les outils à portée de main pour éliminer la menace du VIH. Le co-président de la conférence, Julio Montaner, de l’Université de la Colombie-Britannique, Vancouver, l’affirme : « Le traitement fonctionne pour la santé individuelle et publique, et pour la santé mondiale. En tant que décideur, vous avez nulle raison de vous cacher ».

Plus d'informations :

Voir l’article : How to beat HIV

Et si une personne généreuse pouvait nous aider en le traduisant serait merveilleux.


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