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Le suicide, une conséquence avérée de l’homophobie et de la transphobie

date de redaction jeudi 5 février 2015


A l’occasion de la Journée nationale de prévention du suicide, SOS homophobie rappelle que les personnes lesbiennes, gays, bi-e-s et trans ont un taux de suicide en moyenne plus élevé que le reste de la population.


communiqué SOS homophobie - 05 février 2015

A l’occasion de la Journée nationale de prévention du suicide ce 5 février, SOS homophobie rappelle que les personnes lesbiennes, gays, bi-e-s et trans (LGBT) ont un taux de suicide en moyenne plus élevé que le reste de la population. Nous réaffirmons aujourd’hui l’importance de la lutte contre les LGBTphobies pour prévenir le suicide, notamment des plus jeunes.

Dans son étude parue en 2014 sur Les minorités sexuelles face au risque suicidaire, l’INPES rappelait que le risque de sursuicidalité des personnes homosexuelles était aujourd’hui un fait avéré. Selon les études épidémiologiques récentes, les jeunes LGBT ont ainsi 2 à 7 fois plus de risques d’effectuer une ou plusieurs tentatives de suicide au cours de leur vie que le reste de la population. Ces risques sont de 2 à 4 fois supérieurs pour les filles, et de 5 à 10 fois pour les garçons.

L’homophobie et la transphobie sont directement responsables de ces chiffres inquiétants. Moqueries, insultes, discrimination et rejet fragilisent les personnes LGBT et augmentent ainsi leur risque de suicide. En 2013, les témoignages de mal de vivre reçus par SOS homophobie étaient en hausse de 30 %, évoquant un repli sur soi, une solitude, et dans les cas les plus graves, une dépression, voire une tentative de suicide.

A l’école, les jeunes LGBT sont d’autant plus sensibles à l’homophobie et la transphobie qu’ils et elles découvrent alors leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre. Ils et elles peuvent en plus subir des réactions hostiles de leurs proches, sans trouver ainsi le soutien et l’aide nécessaires qui leur permettraient de traverser cette période difficile de questionnement et parfois de rejet. Dans ce contexte, 10 % des jeunes qui nous contactent évoquent explicitement une envie de se suicider, généralement vue comme la seule issue possible par les victimes.

SOS homophobie mène une politique active de soutien et d’aide aux victimes de lesbophobie, de gayphobie, de biphobie et de transphobie. Notre ligne d’écoute est ainsi ouverte tous les jours pour apporter soutien et conseils aux victimes de LGBTphobies et à leurs proches. Notre site www.cestcommeca.net, à destination des jeunes lesbiennes, gays, bi-e-s et trans, tente de répondre aux interrogations qu’elles et ils se posent sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Dans les établissements scolaires et sur les lieux de travail, les bénévoles de SOS homophobie continuent de mener un important travail de sensibilisation aux LGBTphobies.

Menées seules, ces actions ne sont hélas pas suffisantes. SOS homophobie en appelle à la responsabilité du gouvernement pour que soit relancée rapidement une politique active de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Malgré de nombreuses annonces, et dans un contexte d’homophobie libérée et décomplexée, peu de mesures concrètes ont été prises pour permettre de lutter contre le rejet et les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.

SOS homophobie s’inquiète particulièrement de la politique menée dans le domaine de l’Education. Alors que les jeunes LGBT sont parmi les populations les plus fragiles, aucune action concrète n’a été menée pour faire reculer l’homophobie et la transphobie en milieu scolaire. Cette inaction s’explique d’autant moins que le rapport remis par Michel Teychenné sur cette question au ministre de l’Education nationale en juillet 2013 détaille très concrètement les mesures à prendre pour lutter contre les LGBTphobies à l’Ecole : formation des personnels enseignants et éducatifs, campagne de lutte contre le harcèlement et la discrimination homophobes, intégration de la lutte contre les LGBTphobies dans les programmes de l’enseignement moral et civique, etc.

Contact presse : Yohann Roszéwitch, président


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