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Les assos se cachent pour mourir ?

date de redaction lundi 30 décembre 2013


En cette fin d’année 2013, les salariéEs d’Act Up-Paris et les membres de l’association, se sont collectivement résignéEs à entamer les démarches de mise en chômage partiel pour le mois de janvier, afin que l’association ne se retrouve pas en cessation de paiement.


communiqué Act Up Paris - 23/12/2013

En cette fin d’année 2013, les salariéEs d’Act Up-Paris et les membres de l’association, se sont collectivement résignéEs à entamer les démarches de mise en chômage partiel pour le mois de janvier, afin que l’association ne se retrouve pas en cessation de paiement.

Cette décision, lourde de sens et d’effets tant pour notre projet associatif que pour les salariéEs concernéEs, nous ébranle d’autant plus qu’elle coïncide avec l’annonce d’un Plan de Sauvergarde de l’Emploi qui frappe les salariéEs de l’association Aides et la baisse importante des financements accordée par Sidaction (baisse de 32% entre 2011 et 2013).

Avec en 2012 un budget de 875 000 euros et 11 salariéEs dont deux pour des projets interassociatifs, Act Up-Paris a une structure très réduite au regard des projets et des combats que nous devons mener. En réduction constante depuis 2009, notre budget ne nous permet pas de reconstituer des réserves afin d’adapter nos projets et actions aux exigences de l’épidémie.

Pourtant de nombreux choix financiers difficiles ont été faits : Dès 2011, nous avons collectivement décidé de réduire la masse salariale ; de diminuer le nombre de nos publications et de réduire notre participation aux conférences internationales. Plus récemment, il a été décidé du changement de local (il s’agit d’un local « historique » ayant hébergé Gai Pied et Radio FG, et bénéficiant à de nombreux associations et collectifs interassociatifs pour leurs réunions et événements). Pour la 3ème année consécutive et sans augmentation de salaire depuis 2009, les salariéEs ont voté le report, à une date indéterminée, de leur prime annuelle (1/2 salaire normalement versé en novembre, soient environ 900 euros). Act Up-Paris revendique et applique l’égalité salariale, quelque soit l’ancienneté, le poste ou le niveau d’étude.

Dans le silence, nombre d’associations ferment, réduisent leur activité, abandonnent des actions et ne peuvent plus mener à bien leur travail sur des terrains que l’Etat abandonne. Comme elles, nous connaissons les difficultés rencontrées par nos donateurRICEs individuelles. Nous subissons aussi de plein fouet les baisses des subventions publiques, ainsi que les retards de versements qui nous obligent à faire des « avances de trésorerie » à l’État et nous conduisent ainsi à des augmentations de frais bancaires annuels et autres agios à hauteur de plusieurs milliers d’euros.

Des réponses politiques doivent être apportées à cette épidémie : le sida n’est pas une maladie comme les autres. Vaincre le sida n’est pas du seul ressort de la médecine : cela dépend de celles et ceux qui font, en France et dans le monde, les politiques de santé, et des moyens donnés à celles et ceux qui luttent contre l’épidémie. Ces moyens doivent être répartis équitablement, et de façon efficace et pertinente.

Act Up-Paris est en colère contre l’irresponsabilité des pouvoirs publics qui s’autocongratulent aux 25 ans de l’ANRS ou au 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, mais renvoient silence et mépris aux malades et aux associations.

Act Up-Paris appellera prochainement à une Assemblée Générale du financement de la lutte contre le sida.


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