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Polémique pour la préparation des Gay Games 2006

date de redaction dimanche 29 février 2004     auteur Jean-Benoît RICHARD


La Fédération des Gay Games n’a pas réussi a conclure d’accord avec les organisateurs canadiens pressentis pour 2006. Les raisons d’un échec.


La prochaine édition des jeux olympiques gais et lesbiens aura lieu en 2006. Après Sydney, c’était au tour de Montréal d’accueillir l’événement. Mais voilà, à l’issue de deux ans de négociations, aucun n’accord financier n’a été conclu entre la Fédération des Gay Games et la société canadienne sélectionnée pour organiser l’événement.

Eviter les déficits

Dans une lettre ouverte, les co-présidents de la Fédération des Gay Games Roberto Mantaci et Kathleen Webster, expliquent les raisons de cet échec :

"Même si beaucoup d’entre nous ont apprécié le nombre croissant d’activités organisées pendant la semaine des Jeux Gais par les précédents hôtes, malgré tous nos succès, il faut bien reconnaître l’héritage suivant de notre événement :

  • Vancouver 1990 - 7 300 participants - les premiers Jeux Gais ont terminé avec une perte financière d’environ 100 000 dollars canadiens
  • New York 1994 - 12 500 participants - environ 700 000 dollars américains de déficit ; montant réduit de moitié en se déclarant en faillite
  • Amsterdam 1998 - 13 000 participants - environ 3.5 millions de florins de déficit
  • Sydney 2002 - 11 000 participants - environ 2 million de dollars australiens de déficit ; encore en règlement judiciaire

Alors que le passif a continué, la Fédération a écouté les exigences des participants aux Gay Games et le grand public demandant de faire quelque chose. Pour nous la réponse était d’établir une relation bien plus étroite avec les villes hôtes notamment en ce qui concerne les aspects financiers de l’événement. Sydney 2002 a été la première occasion pour établir un tel partenariat et il a bien fonctionné dans de nombreux domaines, mais il a été mis en place trop tard avant les sixièmes Jeux Gais pour remplir ses pleins effets. Nous espérons établir de telles relations avec le prochain hôte des septièmes Jeux Gais dès le début de la sélection.

Montréal 2006, cependant, n’a pas été d’accord avec la Fédération sur ce type de relations et a résisté à tout ce qui pourrait différer de la taille sans précédent prévue dans son projet initial des septièmes Jeux Gais. Il y a eu d’autres différences entre les deux parties, mais, après coup, cette divergence a été le fossé qui nous a séparé malgré toutes les autres concessions faites pendant les deux années de négociations".

Les jeux reviennent sur le bassin naturel de participants

De leur côté, les organisateurs de Montréal 2006 se montraient beaucoup plus optimistes et ambitieux dans leur communiqué :

"Alors que la FGG, tétanisée par les déficits antérieurs des villes hôtes, exigeait une participation aux Jeux limitée à, au plus 12 000 athlètes, Montréal 2006 avait obtenue la candidature sur un projet de 24 000 participants et un budget de 20 millions de dollars. Montréal 2006 avait, dès juin dernier , accepté de réviser ses chiffres à 16 000 pour un budget de 16 millions de dollars. Cette évaluation de participation est basée sur la rentabilité financière des Jeux pour lesquels, il est important de s’en souvenir, les participants assument des coûts et sont donc une très importante source de revenus pour le Comité organisateur. Ajouté à cela que les Jeux reviendront pour la première fois en Amérique du nord depuis douze ans, bassin principal des athlètes participants et que les Jeux se tiendront en été, le chiffre de 16 000 assure l’équilibre financier.

Quant à la responsabilité financière, la FGG exige un contrôle sur les dépenses. Or, la FGG n’endosse aucune responsabilité légale pour l’administration de ces Jeux. C’est le conseil d’administration de Montréal 2006 qui détient cette responsabilité. Qui plus est, la FGG ne participe en rien à la collecte de fonds et, bien au contraire, encaisse des droits de marque de commerce de un million de dollars. Il est évident que les simples principes de comptabilité et ceux de gestion des fonds publics exigent que ce soit Montréal 2006 qui détienne le contrôle sur ses propres finances".

Après cette négociation malheureuse, les deux entités ont décidé de poursuivre chacune de leur côté la préparation d’un événement qui se déroulera en 2006. La Fédération des Gay Games a relancé le processus de sélection en reprenant les dossiers déposés pour 2006 par Chicago et Los Angeles. Un nouveau choix devrait être rendu public dans le courant du mois de Mars.

De son côté, Montréal 2006 poursuit l’organisation d’un événement en 2006. "Notre vision des choses n’a pas changé", assure Mark Tewksbury du comité d’organisation, "nous allons offrir le meilleur événement mondial jamais vu au registre du sport des gais et des lesbiennes".

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Lettre d’explication de la FGG
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Communiqué de Montréal 2006

Plus d'informations :

le site de la fédération des Gay Games : http://www.gaygames.org

le site de Montréal 2006 : http://www.montreal2006.org


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