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Le débat sur le mariage pour tou-te-s en milieu scolaire n’est pas un danger, l’homophobie qu’il peut véhiculer si

date de redaction mercredi 9 janvier 2013


Après que le secrétaire général de l’Enseignement Catholique a adressé aux écoles privées sous contrat un courrier qui souligne « un risque » que le mariage pour tou-te-s ferait courir à la « croissance harmonieuse de chaque jeune », le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon est vilipendé pour avoir appelé les rectorats à la vigilance et rappelé les désastres que cause l’homophobie sur les adolescent-e-s.


communiqué Sos homophobie - 8/1/2013

Après que le secrétaire général de l’Enseignement Catholique a adressé aux écoles privées sous contrat un courrier qui souligne « un risque » que le mariage pour tou-te-s ferait courir à la « croissance harmonieuse de chaque jeune », le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon est vilipendé pour avoir appelé les rectorats à la vigilance et rappelé les désastres que cause l’homophobie sur les adolescent-e-s.

SOS homophobie soutient les initiatives d’explications et de débat autour du projet de loi sur le mariage des couples de personnes de même sexe, mais ne saurait souscrire aux formes d’homophobie véhiculées par de nombreux-ses opposant-e-s : stigmatisation, insultes, violences morales, parfois violences physiques.

Les jeunes lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) sont les premières victimes de l’homophobie en général, et de l’homophobie manifestée dans le cadre de l’opposition au projet de loi en particulier. Comment peut-on croire aux bienfaits d’un débat mené aux fins d’expliquer à des jeunes, au mieux qu’ils et elles ne méritent pas les mêmes droits que leurs camarades en raison de leur orientation sexuelle, au pire qu’ils et elles sont des déviant-e-s nuisibles et dangereux-ses pour la société ?

SOS homophobie est par ailleurs scandalisée d’entendre que ces interventions seraient un lieu de prosélytisme et de « propagande » d’une mesure législative en cours de discussion. SOS homophobie réalise aux côtés d’autres associ ations, des interventions en milieu scolaire depuis plusieurs années afin de lutter contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie chez les adolescent-e-s, de lutter contre le mal-être et le suicide des jeunes LGBT.

Répondre aux élèves, plus aguerri-e-s que certain-e-s ne le pensent, en présentant un fait – que les personnes homosexuelles ne disposent pas à ce jour des mêmes droits que les personnes hétérosexuelles – même au cours d’une intervention en milieu scolaire n’a rien de prosélyte, c’est la simple énonciation d’une vérité objective. Par ailleurs, nous rappelons que toutes les interventions sont réalisées en la présence d’un-e membre de l’établissement scolaire.

En revanche, le fait que le secrétariat de l’enseignement catholique invite à mener des actions pour faire prendre conscience du « risque » émanant de ce texte de loi et que les associations familiales et catholiques agissent aux fins de retrait des agréments d’associations intervenant en milieu scolaire telles que SOS homophobie constituent bien des actions de nature à nuire aux jeunes LGBT et à entraver la lutte contre l’homophobie.

Ce ne sont pas les actrices et acteurs de la lutte contre l’homophobie qui font courir un risque aux jeunes, mais bien celles et ceux qui pensent que propager leur opposition serait sans conséquence pour les élèves, et ce quelle que soit leur orientation sexuelle. Fallait-il encore rappeler qu’importer le débat sur le mariage dans les écoles est sans conséquence quant au devenir du projet de loi, celui-ci étant voté par des parlementaires élu-e-s et non par des élèves.

Elisabeth Ronzier, présidente,


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