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Eglise et Mariage pour tous : Caritas in veritate

date de redaction mardi 6 novembre 2012


L’Association Des Familles Homoparentales (ADFH) s’interroge sur l’incohérence et l’inconvenance des propos tenus par Mgr André Vingt-Trois, lors de son discours d’ouverture devant l’Assemblée plénière des Evêques réunis à Lourdes ce week-end et sur les déclarations qui s’en sont suivies.


communiqué ADFH - 5 novembre 2012

L’Association Des Familles Homoparentales (ADFH) s’interroge sur l’incohérence et l’inconvenance des propos tenus par Mgr André Vingt-Trois, lors de son discours d’ouverture devant l’Assemblée plénière des Evêques réunis à Lourdes ce week-end et sur les déclarations qui s’en sont suivies.

Une fois de plus, l’épiscopat vient répandre sur notre société la peur d’un devenir en danger, la peur d’une « transformation du mariage qui toucherait tout le monde » et qui ne bénéficierait qu’à « quelques-uns » . Le mariage pour tous serait une loi inutile et dangereuse qui déterminerait l’avenir de notre société toute entière. Tels sont ces propos que la Conférence des Evêques de France avait déjà utilisé le 3 novembre 1998 pour condamner le PACS par son conseil permanent !

Comment Mgr André Ving-Trois peut-il déclarer que « C’est dans ce contexte préoccupant que le gouvernement fait passer en urgence des mutations profondes de notre législation qui pourraient transformer radicalement les modalités des relations fondatrices de notre société » alors même qu’en 1998 la Conférence des Evêques de France déclarait que les promoteurs du PACS « revendiquent, pour un avenir plus ou moins proche, un mariage pour les homosexuels, voire l’adoption d’enfants. » ? Il n’y a donc aucun effet d’urgence, aucune surprise, mais au contraire 14 ans pendant lesquels l’Eglise aurait pu faire un travail de discernement entre l’amour de l’autre et la protection de tous les enfants d’une part, et les propos scabreux régulièrement colportés par certains de ses dignitaires religieux (récemment Mgr Podvin, Mgr Barbarin …) d’autre part.

La réalité c’est qu’en 14 ans l’Eglise a été bien incapable d’alimenter en son sein un vrai débat sur ce sujet et a préféré adopter une posture autiste voire compassionnelle à l’égard de ces pauvres homosexuels, victimes de leur sexualité. L’Eglise jette aujourd’hui l’opprobre sur la République en la rendant responsable d’une évolution qu’elle a été totalement incapable de conduire.

La vraie supercherie c’est de faire croire que l’Eglise aime tous les enfants alors même qu’elle s’est bien gardée de promouvoir une solution permettant de protéger les enfants des familles homoparentales au même titre que ceux élevés au sein des couples mariés. Si l’Eglise admet que l’Amour peut exister entre deux personnes de même sexe, qu’elle créée donc une célébration au nom de cette universalité tant défendue, qu’elle bénisse nos enfants dans toutes ses paroisses et qu’elle reconnaissance enfin que l’Amour est dans la vérité d’une société en constante évolution.

L’ADFH rappelle que le mariage existait avant l’Eglise. L’Eglise n’a aucune légitimité à s’immiscer dans l’organisation du mariage civil dont elle n’est ni l’organisatrice ni la garante. En mettant au même niveau l’enfant adultérin de l’enfant légitime, la République avait déjà divorcé en 2001 du catholicisme en lui rappelant que le mariage n’était plus le sacro-saint endroit où la famille pouvait exister. La famille est un prisme dont l’Eglise ne possède qu’une facette. Ce n’est pas en tentant de posséder les esprits par la peur qu’une société se grandie, s’accepte et s’unifie.


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