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L’APGL et l’Inter-LGBT ont rencontré le ministre de la Famille

date de redaction jeudi 27 novembre 2003


Petites avancées et grosses déceptions.


communiqué de presse - 27 novembre 2003

L’APGL (Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens) et l’Inter-LGBT (Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans) ont rencontré, hier mercredi 26 novembre 2003, le ministre délégué à la Famille, Christian Jacob. La délégation était composée de Martine Gross (Présidente d’honneur de l’APGL), Eric Garnier (Président de l’APGL) et Alain Piriou (Porte Parole de l’Inter-LGBT). Marie-Laure Denis, directrice de cabinet, accompagnait le ministre.

L’entretien s’est déroulé dans un climat satisfaisant d’écoute et de dialogue. Le ministre a manifesté un intérêt particulier, sans pour autant s’engager, sur les points suivants :

- l’analyse développée par l’APGL sur la séparation des trois aspects de la filiation (biologique, juridique et sociale) et la demande de la mise en place d’un livret de l’enfant qui, consignant ces trois points, permettrait de reconnaître les trois types de liens tissés entre parents et enfants.

- la nécessaire sensibilisation des médiateurs familiaux aux discriminations subies par les enfants dont les parents homosexuels ou transsexuels sont trop souvent stigmatisés par les juges lors de la dissolution de leur union hétérosexuelle passée.

Manifestement, Christian Jacob, s’est montré plus réservé sur :

- la fin des discriminations dont sont victimes les célibataires homosexuels ou transgenres lors de l’adoption. A ce sujet l’APGL a proposé qu’un décret soit pris pour que l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ne soit plus un motif de refus d’agrément ;

- l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe ;

- l’égal accès aux techniques d’Assistance Médicale à la Procréation (déjà possible en Belgique et en Espagne).

Devant certaines craintes exprimées par le ministre, la délégation a du expliquer que ses revendications n’étaient pas motivées par un souci communautariste ou identitaire : il ne s’agit pas d’obtenir des réformes "basées sur une pratique sexuelle" mais bien que cette dernière ne soit pas un motif de discrimination.

La réflexion de l’APGL et de l’Inter-LGBT se fondent sur des expertises qui démontrent que l’enfant ne subit pas un préjudice à être élevé par des parents de même sexe, contrairement à ce qu’explique Christian Jacob. L’homophobie à l’école doit être combattue plutôt que de servir d’argument pour exclure les gays et les lesbiennes de la parentalité. Toutefois, le ministre délégué à la famille a expliqué qu’il assumait ses précédentes déclarations publiques clairement opposées à l’adoption par les homosexuels.

Néanmoins, le ministre a proposé que l’APGL rencontre le directeur de la DGAS concernant la définition d’un cursus de formation des médiateurs familiaux. Il a également convenu d’appuyer la candidature de l’APGL comme membre associé de l’UNAF à laquelle l’APGL n’avait pu adhérer comme membre actif. Enfin, le ministre proposera l’audition d’associations LGBT, dont l’APGL, par la commission "Santé-Adolescence et Famille" dans le cadre de la Conférence de la famille 2004.

L’APGL et l’Inter LGBT regrettent l’absence d’ouverture significative du Ministre délégué à la famille sur les principales revendications, mais restent attentives aux suites qui seront données à ce rendez-vous.


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