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Grève de la faim contre l’homophobie et contre l’inaction honteuse du gouvernement !

date de redaction mardi 26 juin 2012


Louis-Georges Tin, le fondateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, ainsi que deux autres membres du Comité IDAHO, Alexandre Marcel et Usaam Mukwaya, entament ce lundi 25 juin à 10h une grève de la faim pour protester contre l’attitude du gouvernement, qui ne respecte pas la parole de M. Hollande, lequel s’est engagé à porter cette année une résolution en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité.


communiqué comité IDAHO - 25/6/2012

Le 10 mai dernier, François Hollande, qui venait tout juste d’être élu, a reçu dans son quartier général, rue de Ségur, Louis-Georges Tin, président du Comité IDAHO (International Day Against Homophobia and transphobia), et Alexandre Marcel, vice-président du Comité IDAHO-France.

Lors de cet entretien, Louis-Georges Tin a demandé au président de la République de porter aux Nations Unies une résolution en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité. Comme l’a expliqué le fondateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, ce texte doit être voté cette année, absolument. En effet, pour avancer dans ce domaine, le soutien de la diplomatie américaine est indispensable. Or, en novembre 2012, il se pourrait que les conservateurs remportent les élections présidentielles. Dès lors, on ne pourrait plus compter sur le soutien des Etats-Unis, et tout espoir de résolution serait suspendu pendant 4 ans, voire 8 ou 12 ans.

C’est pourquoi il faut utiliser sans tarder la fenêtre de tir qui sera ouverte jusqu’à la fin de l’année, et qui se refermera peut-être après. Mais pour envisager une résolution à l’automne, il faut l’annoncer dès maintenant, et y travailler au plus tôt. Voilà en somme les idées qu’ont défendues Louis-Georges Tin et Alexandre Marcel. Déjà sensibilisé à ces questions, François Hollande s’est engagé à porter cette résolution dans l’année, et a invité le Comité IDAHO à suivre le dossier avec ses collaborateurs.

Or, depuis six semaines, il apparaît que les collaborateurs du président, à l’Elysée, à Matignon et au Quai d’Orsay, ne cessent de tergiverser, et de repousser à plus tard ce qui est une urgence absolue. A vrai dire, cela fait plus de deux ans qu’il en est ainsi. Le président du Comité IDAHO avait personnellement rencontré M. Kouchner, ministre des affaires étrangères de l’époque, qui s’était engagé à porter la résolution sans retard ; puis, après son départ, Mme Alliot-Marie, avait pris le même engagement, mais sans suite. Par la suite, les collaborateurs de Nicolas Sarkozy s’était également engagés à porter ce texte au plus tôt. Chaque fois, l’urgence a été ajournée : la frilosité ambiante, le manque d’intérêt pour le sujet, les urgences qui s’imposaient ailleurs (selon le moment, le printemps arabe, la Libye, l’Afghanistan, la Grèce, la Syrie, etc.) font que la question de la dépénalisation a toujours été remise à plus tard.

C’est pourtant un scandale permanent. Dans 80 pays environ, l’homosexualité est considérée comme un crime, un crime passible de la peine capitale dans 7 pays. « Dans le monde entier, des femmes et des hommes sont jetés au cachot, juste à cause de leur amour. Or l’amour n’est pas un crime », a déclaré Alexandre Marcel, vice-président du Comité IDAHO-France. Certes, le gouvernement vient de s’installer, mais le calendrier international ne se règle pas sur le calendrier français, et cela fait plus de deux ans que les dirigeants de la France ne tiennent pas leur parole.

« En 2008, déjà, les experts auto-proclamés nous expliquaient qu’il est urgent... d’attendre, a expliqué Louis-Georges Tin. A l’époque, nous demandions que la France porte une déclaration, et ils s’y opposaient vigoureusement. Le bras de fer a été très rude, mais finalement, nous avons gagné : le Comité IDAHO a porté avec Rama Yade une déclaration aux Nations Unies, qui a été une première historique, tout le monde le reconnaît. Maintenant qu’il s’agit de faire une résolution, c’est-à-dire un texte plus contraignant, les mêmes frileux viennent à nouveau nous expliquer qu’il est trop tôt, qu’il faut donner le temps au temps, etc. Ca suffit ! »

Pourquoi les collaborateurs du président ne respectent-ils pas sa parole ? Pourquoi François Hollande n’intervient-il pas pour imposer sa volonté ? Serait-ce donc la première trahison de son mandat ? Evidemment, toutes ces questions se posent. Quoi qu’il en soit, le Comité IDAHO a indiqué à l’Elysée que trois de ses membres commenceraient une grève de la faim le lundi 25 juin à 10h, pour protester contre cette inaction et ce mensonge, qui condamnent au désespoir des milliers d’hommes et de femmes, qui vivent dans les prisons de l’homophobie, de la haine et de l’intolérance.

A quelques jours de la Marche des fiertés de Paris, qui aura lieu samedi 30 juin, le président du Comité IDAHO a rappelé  : « Je soutiens évidemment l’égalité des droits, mais je ne peux pas abandonner les homosexuel.les qui croupissent en prison, sous prétexte que maintenant, je vais enfin pouvoir me marier. Nous espérons que la France tiendra enfin les engagements qu’elle a pris depuis plus de deux ans, mais il est vrai que l’attitude des gouvernements successifs est à la fois pleine de lâcheté et de cruauté. C’est la mort dans l’âme que nous entamons cette grève de la faim », a conclu Louis-Georges Tin.


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