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Derrière le scandale Sexion d’Assaut, le scandale Sony !

date de redaction lundi 24 octobre 2011


Le Président du Comité IDAHO dénonce l’attitude de la maison de disques, qui refuse de tenir ses engagements en matière de lutte contre l’homophobie.


communiqué Comité IDAHO - 20/10/2011

Louis-Georges Tin, président du Comité IDAHO, dénonce publiquement l’entreprise Sony, et son président Stéphane Letavernier. En effet, un an après l’affaire Sexion d’Assaut, le groupe de rap a tenu parole, mais Sony, son diffuseur, refuse de tenir ses engagements.

Les faits sont clairs. L’an dernier, le leader de Sexion d’Assaut a tenu des propos homophobes. Mais après une rencontre avec le Comité IDAHO et Sony, un accord a été trouvé en octobre 2010. Le groupe a présenté des excuses, a renoncé à la diffusion des titres incriminés, a rencontré des associations LGBT (lesbiennes, gaies, bi et trans), a diffusé des messages et des T shirts contre l’homophobie, et a organisé un concert contre les discriminations, dont les bénéfices ont été reversés à une association d’aide aux victimes de l’homophobie. Le nouvel accord signé le 12 octobre 2011 entre Sexion d’Assaut et quelques autres associations LGBT, certes, va moins loin que le précédent, mais confirme les bonnes dispositions des artistes, qui ont tenu parole.

En revanche, depuis un an, le groupe Sony n’a cessé de louvoyer, de se dérober, et en fait, de mentir. Initialement, l’entreprise avait acepté une charte, par laquelle elle s’engageait à ne plus travailler avec quelque artiste que ce soit appelant à la violence homophobe, sexiste, raciste ou antisémite. M. Letavernier, que Louis-Georges Tin avait rencontré, s’était personnellement engagé à proposer cette charte aux autres producteurs de France, et aux autres maisons Sony d’Europe ou du monde, sans préjuger de leur réponse, évidemment. Décidée en octobre 2010, cette charte devait être publiée fin novembre, puis en janvier 2011, puis en mai ; puis elle a été reportée sine die.

Le Comité IDAHO s’interroge sur les dérobades à répétition de M. Letavernier. Par ailleurs, on peut se demander si ce nouvel accord, facilité par Sony, mais qui n’ajoute rien au précédent, n’a pas pour but de détourner l’attention de l’enjeu véritable. En effet, la question n’est pas seulement l’homophobie, le racisme, l’antisémitisme ou le sexisme de tel ou tel groupe particulier, c’est surtout la responsabilité des majors, qui engrangent cyniquement des bénéfices sur la diffusion de messages de haine. Si Sony et les autres majors s’engageaient sur cette charte, les artistes qui appellent à la violence n’auraient plus guère d’écho. C’est pourquoi le Comité IDAHO dénonce l’attitude de Sony qui, non seulement ne tient pas ses engagements, mais qui en plus, instrumentalise certaines associations pour créer un écran de fumée, en espérant faire oublier ses propres manquements.

Un an après la rencontre avec Sony, le Comité IDAHO demande publiquement et solennellement à M. Letavernier de tenir ses engagements, et appelle les artistes produits par cette maison à exiger eux aussi de leur producteur qu’il ne fasse plus de bénéfices sur les appels à la violence.


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