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Existrans : le mot d’ordre

date de redaction vendredi 30 septembre 2011


Pour sa 15ème marche qui aura lieu le samedi 1er octobre 2011, l’Existrans tient à souligner que plus d’un an après l’effet d’annonce de l’ancienne Ministre de la Santé, Roseline Bachelot, rien n’a été mis en œuvre concrètement.


communiqué collectif Existrans - 28/9/2011

EXISTRANS - Paris - 1er octobre 2011

14h - Départ place de la Bastille.

15ème Marche des Trans’, de celles et ceux qui les soutiennent.

Transphobie d’Etat : pathologisation, stérilisation, précarisation, expulsion

Comme en 2010, le collectif Existrans s’aligne et soutient la campagne internationale Stop Trans Pathologization 2012, "campagne pour la dépathologisation des identités trans" [1].

Pour sa 15ème marche qui aura lieu le samedi 1er octobre 2011 à 14h au départ du métro Bastille à Paris, l’Existrans tient à souligner que plus d’un an après l’effet d’annonce de l’ancienne Ministre de la Santé, Roseline Bachelot, rien n’a été mis en œuvre concrètement.

Pathologisation.

Si l’Etat nous a accordé une dépsychiatrisation de principe, il nous oblige toujours à passer par des psychiatres qui se donnent le droit d’accorder ou non l’accès à nos hormones, nos chirurgies, etc. La dépatholigisation doit inclure une prise en charge de nos besoins en termes de reconnaissance légale et de nos parcours médicaux quel qu’ils soient. De plus, ils n’ont jamais su traiter le problème du VIH chez les trans, alors qu’aux USA, dès 1998, les psys sonnaient l’alarme !

Stérilisation.

L’état français nous oblige à passer par des opérations stérilisantes pour obtenir des papiers en conformité avec notre genre. Apparaître sous un genre, mais avoir des papiers qui n’y correspondent pas est révoltant ! Une opération forcée est une violation de nos corps ! Le choix de vivre tel qu’on le souhaite ne devrait pas être affaire de lutte contre l’Etat, Etat censé nous donner à tou-te-s les mêmes droits ! Que l’Etat exige la stérilisation, c’est nous priver de notre vie privée, de notre droit à la parentalité, de notre droit à disposer librement de nos corps !

Précarisation.

En nous octroyant des papiers non conformes à notre apparence l’Etat ne doit pas s’étonner si les populations trans sont parmi les populations françaises les plus touchées par la précarité. Cette précarisation nous est imposée par l’Etat et ses politiques transphobes ! Combien de mauvaises pratiques dans les ANPE ? Combien de refus d’emploi ? Combien de refus de logement ? Les femmes trans et les hommes trans sont exclus des hébergements d’urgence correspondant à leur genre.

Expulsion.

Les trans étrangèr-e-s fuyant des pays hostiles à leurs identités ne sont pas considérées comme des réfugié-e-s, et ne peuvent travailler légalement. Transphobie et xénophobie d’Etat pousse nombres de trans migrant-e-s à la prostitution. Les personnes étrangères séropositives sont actuellement passibles d’expulsion pour vu que les médicaments soit accessibles dans leur pays. Sachant que dans les pays du Sud, les médicaments sont essentiellement accessibles aux riches, une telle politique d’Etat est une politique criminelle.

Dans beaucoup de pays d’Europe les choses avancent, comme en témoignent les interventions de M. Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe. Nous marchons pour que la France ne s’entête pas dans son retard. Ce n’est pas nos identités qui nous rendent malades et précaires mais la transphobie d’Etat.

Le collectif Existrans appelle les personnes trans et celles et ceux qui les soutiennent à venir marcher le samedi 1er octobre pour lutter contre la transphobie d’Etat. Ainsi, comme depuis maintenant de nombreuses années pour la plupart de ces revendications, nous exigeons :

  • la dépathologisation des transidentités,
  • la reconnaissance de l’auto-diagnostic et la dépsychiatrisation réelle des parcours,
  • la suppression des stérilisations obligatoires des personnes trans ainsi que des expertises médicales, pour leur changement d’état civil,
  • un changement d’état-civil facilité, libre et sans condition,
  • le respect du libre-choix du médecin et le remboursement des soins,
  • la possibilité de parcours hors-Centre(s) de référence, en France et à l’étranger,
  • l’absence de critères d’admission pour entrer dans ce(s) Centre(s),
  • un parcours de soins facilité, sans « test de vie réelle » préconisé dans les standards de soins,
  • l’ouverture d’un droit de séjour et d’un droit d’asile pour les personnes trans,
  • la reconnaissance de la transphobie comme discrimination et facteur de précarisation des personnes trans (école, formation, emploi, etc.).

Le collectif existrans est solidaire des luttes des intersexes.

Notes :

[1] Les objectifs principaux de la campagne STP 2012 sont le retrait du trouble d’identité de genre de la nomenclature des maladies (le DSM de l’American Psychiatric Association, sa prochaine version révisée paraîtra en 2013, et le CIM de l’Organisation Mondiale de la Santé, à paraître en 2015), lutter contre la tutelle psychiatrique obligatoire et ceci dans la lignée féministe des trans à disposer de leurs corps.
Site officiel de la campagne STP 2012 : www.stp2012.info/old/fr


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