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Rentrée scolaire 2011 : la lutte contre l’homophobie à l’école plus que jamais d’actualité

date de redaction lundi 12 septembre 2011


SOS Homophobie exprime son exaspération face à l’intervention de certains députés UMP qui souhaitent que soit gommée l’identité de genre dans les manuels scolaires.


communiqué SOS Homophobie - 8/9/2011

SOS homophobie intervient dans des collèges et lycées français depuis bientôt dix ans pour sensibiliser les mineur-e-s à la réalité de l’homophobie et à l’acceptation des diversités sexuelles. Nous avons été accueilli-e-s dans des établissements de la France entière, grâce à nos nombreuses antennes régionales. Et depuis l’obtention de l’agrément national par le Ministère de l’Education Nationale en 2009, la fréquence de nos interventions s’est accélérée : de 1500 élèves rencontré-e-s en 2008-2009, nous sommes passé-e-s à 3000 l’année suivante. Et pour la première fois, au cours de l’année 2010-2011, ce sont 7000 élèves que les intervenant-e-s de SOS homophobie ont rencontré-e-s, semaine après semaine, mois après mois, pour les faire évoluer vers plus de respect.

Un tel succès reflète le sérieux et la rigueur des militant-e-s de l’association qui interviennent, ainsi que la bonne entente qu’ils et elles entretiennent avec les équipes pédagogiques (chefs d’établissement, professeurs, CPE, documentalistes...) qui, chaque année, les appellent à nouveau à intervenir. L’accueil de SOS homophobie y est toujours chaleureux. Le personnel de l’établissement est soucieux de créer les meilleures conditions possibles pour qu’un véritable dialogue puisse s’engager avec nos jeunes concitoyen-ne-s autour de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Et régulièrement, SOS homophobie regrette que la part d’élèves sensibilisé-e-s à l’homophobie en France reste trop faible, et que les programmes scolaires ne se saisissent pas directement de la question. Le ministère de l’Education Nationale ne peut pas continuer à ne compter que sur les associations pour faire ce travail de prévention, et se doit de prendre lui-même part à la lutte contre l’homophobie.

Comment, dès lors, ne pas marquer notre exaspération quand nous voyons la levée de boucliers que provoque, dans les rangs de l’UMP, la mention de l’homosexualité et de l’identité de genre dans les manuels de Science et Vie de la Terre (SVT) ? Jusqu’au grotesque d’un Lionnel Luca qui nous gratifie d’un nouvel amalgame honteux entre homosexualité et "pédophilie, voire zoophilie". Cette tentative de pression des politiques sur les programmes scolaires pour colporter des idées obscurantistes et rétrogrades est insupportable. Luc Chatel, qui a affirmé le 31 août dernier que "c’est une avancée importante à l’adolescence d’évoquer [les questions d’identité et d’orientation sexuelles]", se doit de tenir sa parole et de rester dans la cohérence de la politique de son ministère qui a inscrit par deux fois la lutte contre l’homophobie dans ses circulaires de rentrée et dont les services ont défendu l’agrément national accordé à SOS homophobie quand celui-ci a été attaqué par des associations de familles catholiques.

La lutte contre l’homophobie passe par un travail de prévention de longue haleine. C’est une action de terrain qui demande du temps, et dont on ne peut mesurer les bénéfices que sur le long terme. Il est donc capital que le ministère de l’Education Nationale mette tout en oeuvre pour que la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre reste une priorité de son action. Car c’est en sensibilisant aujourd’hui les jeunes Français-es que l’on évite les victimes de demain.

Bartholomé Girard, président


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