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Pour un 8 mars solidaire, les Droits Humains sont universels !

date de redaction mardi 8 mars 2011


A l’occasion du 8 mars, Journée Internationale pour le Droit des Femmes, le Centre LGBT Paris IdF rappelle que les Droits Humains sont universels.


communiqué Centre LGBT Paris - Ile-de-France - 7 mars 2011

En cette veille de 8 mars, Journée Internationale pour le Droit des Femmes, le Centre LGBT Paris IdF rappelle que les Droits Humains sont universels.

Les personnes LGBT réclament le respect, la liberté de vivre avec leurs différences ; elles veulent l’égalité des droits. Leurs revendications sont universelles et en matière de Droits Humains LGBT rien ne différentie entre eux, les gays, les lesbiennes, les bisexuels et les trans. du monde entier.

Pour les femmes il en va de même, les droits des femmes sont universels. Aucune femme, nulle part au monde, ne souhaite, à moins d’avoir subi un odieux conditionnement, être infantilisée, effacée, isolée, niée, sous-payée, brutalisée, mariée de force, excisée, violée…

L’universalisme des valeurs de liberté et d’égalité n’est pas réservé qu’aux hommes.

Les féministes des pays du sud et tous les progressistes qui se battent pour renverser les dictatures, se battent contre la charia et se revendiquent de la laïcité qui signifie aussi le respect des cultes.

Les LGBT du monde entier sont solidaires ; et bien les femmes du monde entier aussi ; elles construisent des ponts pour échanger leurs expériences, construire des réseaux et s’entraider.

Car, et c’est un terrible constat, les femmes vivent toujours sous la domination masculine, et même si dans certains endroits du globe, comme en France, leur situation s’est améliorée, les discriminations perdurent et l’égalité réelle est loin d’être achevée.

Dans l’entreprise, les différences de salaire ne sont toujours pas corrigées, le plafond de verre est toujours en place ; en politique, les élues sont toujours en nombre inférieur ; dans la sphère privée, la double journée est toujours d’actualité, la pression à la natalité est très forte, l’avortement est régulièrement menacé, la contraception n’est pas accessible pour toutes ; des femmes vivent sous l’emprise de leur famille et sont isolées, certaines sont séquestrées et mariées de force ; les violences contre les femmes ne diminuent pas, qu’il s’agisse de violences conjugales ou d’agressions dans l’espace public, de viols et de meurtres ; le droit d’asile n’est pas systématiquement accordé aux femmes ni aux lesbiennes en danger dans leur pays ; …

La contrainte à l’hétérosexualité reste très prégnante. Les lesbiennes et les trans vivent une double discrimination en tant que femme et elles sont aussi confrontées à des difficultés liées à leur orientation sexuelle ou identité de genre.

Pourtant, certains qui se revendiquent alternatifs, tentent de nous diviser et d’instrumentaliser nos luttes.

N’est-ce pas le cas de ceux qui sont contre la pénalisation des clients de la prostitution ou en faveur de la Gestation Pour Autrui, la constante dans ces deux cas étant l’extension à l’infini du domaine de la disponibilité des corps des femmes ?

N’est-ce pas aussi le cas de ceux qui s’apitoient sur les femmes qui ne peuvent porter leur niqab en paix dans l’espace public ? Comment font-ils pour ne même pas réaliser qu’ils insultent ainsi les femmes féministes, arabes notamment, qui ont lutté pour s’affranchir du joug de lois « religieuses » qui ne figurent même pas dans les textes et qui n’ont pour légitimité que leur implacable sexisme ?

En revanche, il est clair que l’interdiction faite aux femmes voilées d’accompagner les enfants dans les voyages scolaires est scandaleuse et ne sert que des intérêts électoralistes.

Le communiqué adressé ce jour pour le 8 mars, par Act-Up, est en ce sens édifiant. Il mentionne à juste titre le sida qui frappe lourdement les femmes hétérosexuelles et les trans, mais il oublie de mentionner les questions d’avortement et de contraception, de cancers féminins et en particulier du cancer du sein…

En outre, il prétend que « les féministes de gauche cautionnent des dispositifs répressifs contre les travailleurSes du sexe », ce qui est faux. Les prostituées et non « travailleuse du sexe », à moins de vouloir bientôt trouver à pôle emploi des offres d’emplois correspondant à cette qualification, ne choisissent pas de gaité de cœur ce moyen de survie et la plupart d’entre elles ne rêvent que d’une chose, en sortir ! Des féministes font un travail de prévention et leur propose des solutions de réinsertion, en revanche, comme dans d’autres pays, elles envisagent pour enrayer les fléaux des mafias du sexe et de la traite, de pénaliser le client et c’est très différent ; prétendre le contraire s’apparente à de la désinformation et de la manipulation.

Nous préférons unir nos forces et nos espoirs pour une société plus juste et plus égalitaire pour toutes et tous. Les luttes pour les droits et libertés des personnes LGBT doivent beaucoup aux luttes féministes, il est vrai que le sexisme fait le lit de l’homophobie, de la lesbophobie et de la transphobie. Sans domination masculine, pas d’oppression des femmes, pas de rôles de genres impartis aux uns et aux autres, plus de privilèges à défendre et donc plus non plus d’homophobie.

Les femmes et les LGBT sont donc des alliés objectifs, ensemble avec tous ceux qui œuvrent pour une société plurielle et libre, fêtons le 8 mars et avançons vers l’émancipation des femmes et l’égalité entre les sexes ici en France, comme ailleurs.

Pour le Centre LGBT Paris I-d-F,
Christine Le Doaré, présidente,


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