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In memoriam Georges Frêche

date de redaction lundi 25 octobre 2010


Le Collectif Contre l’Homophobie salue la mémoire de Georges Frêche brutalement décédé ce dimanche 24 octobre 2010.


communiqué CCH Montpellier - 25 octobre 2010

Depuis hier, l’immense majorité des habitants du Languedoc-Roussillon, et singulièrement ceux de Montpellier, lui rendent hommage et lui témoignent leur reconnaissance pour ses 40 années d’engagement politique et de réalisations publiques.

Le Collectif Contre l’Homophobie, à l’instar de nombreuses associations, professionnels et personnes LGBT, lui fait part de sa gratitude pour son soutien indéfectible qui remonte à son élection à la Mairie de Montpellier en 1977, et qui s’est poursuivi en 2004 après son élection à la Région Languedoc-Roussillon.

C’est suite à son élection comme Maire en 1977 qu’il mit fin à l’ostracisme que subissait le Groupe de Libération Homosexuelle (GLH) de la part du précédent maire UDF. C’est ainsi qu’un local municipal fut mis à la disposition du GLH, Montpellier devenant ainsi l’une des rares villes de France où une association LGBT avait un local à cette époque.

Ce soutien à la communauté LGBT va s’accentuer au début des années 90, lorsqu’un de ses amis très proches le jeune chorégraphe gay Dominique Bagouet fut atteint du sida et décéda en 1992. Marqué par cette disparition subite et prématurée, Georges Frêche a aussitôt accompagné et soutenu la création de Aides Montpellier, puis celle de l’association Envie en 1997.

Ce soutien sans faille s’est poursuivi entre autres, en 1994 lors de l’ouverture du Centre Gay et Lesbien de Montpellier, en 1995 lors de la création de la Lesbian & Gay Pride de Montpellier, puis en 1997 lors de la naissance du Collectif Contre l’Homophobie.

Souvent les médias et le public retenaient de Georges Frêche ses coups de gueule qui éclipsaient son grand cœur et sa générosité. Ses excès et sa démesure masquaient en réalité sa timidité, sa sensibilité et sa pudeur. Il était le premier à être triste et meurtri quand une de ses phrases heurtait ou blessait. Il fallait l’avoir approché comme beaucoup de Montpelliérains, de Languedociens et de Catalans pour le décrypter.

Pour ma part, je garde en mémoire sa présence le 5 octobre 2002 pour l’inauguration du local mis à disposition par la Mairie de Montpellier, son appui en faveur de la reconnaissance de la déportation homosexuelle, la délivrance de certificats de vie commune pour les couples LGBT en 1995 (bien avant le vote du PACS), l’octroi des mêmes avantages aux employés pacsés de la Mairie de Montpellier qu’aux couples mariés…

Je me souviens enfin du coup de fil fort matinal qu’il m’a passé lors de la campagne des dernières élections régionales au cours de laquelle le Collectif Contre l’Homophobie avait exprimé sa réprobation lorsque Georges Frêche avait qualifié Michel Rocard de « lopette ».
Il m’a dit « je suis vraiment désolé d’avoir utilisé ce vilain mot ; je suis sous pression en ce moment à cause de la campagne, je suis conscient que ceci peut expliquer mon écart de langage mais ne saurait l’excuser aussi je vous demande pardon car je ne veux pas qu’un nuage voile notre amitié ».

Sa fidélité et sa complexité nous le rendaient si attachant, il va beaucoup nous manquer.

Depuis hier, le Collectif Contre l’Homophobie reçoit de nombreux messages et appels de personnes souhaitant rendre hommage à « notre allié » et « ami » Georges Frêche,
Ses proches nous ont indiqué que cela serait possible à l’occasion de la chapelle ardente qui sera dressée à l’Hôtel de Région ce mardi 26 octobre à partir de 9h30 et/où à l’occasion de la messe prévue à la Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier ce mercredi 27 octobre à 10h30
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Hussein Bourgi
Président du CCH


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