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Honoré : libéré, mais toujours dans une situation précaire

date de redaction vendredi 24 septembre 2010


Le jeune camerounais va déposer un recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile, et comparaîtra devant le tribunal le 29 octobre pour ses refus d’embarquer.


communiqué Ardhis et Comité Idaho - 22/9/2010

Après avoir été programmé trois fois de suite au départ sur des vols pour Douala, le Camerounais Honoré a été présenté devant le juge vendredi dernier pour « refus d’embarquer ». L’audience ayant été renvoyée, elle aura lieu dans l’après midi du vendredi 29 octobre prochain à partir de 13h00 devant la 16eme chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Bobigny. Honoré encoure 3 mois de prison ferme et une interdiction de territoire de 3 ans ; au sortir du centre pénitentiaire, il serait de plus renvoyé en centre de rétention dans l’objectif de l’expulser. Honoré va solliciter sa relaxe.

Nous vous appelons à venir signifier votre soutien à Honoré en assistant à son audience, le vendredi 29 octobre prochain dès 13h au TGI de Bobigny, 93. Cette mobilisation sera déterminante !

Honoré est donc rentré chez lui vendredi soir après près de 30 jours de rétention. Il va déposer, ces jours ci, un recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA), dont les audiences sont en général convoquées un an après.

Honoré n’est donc plus en rétention, mais il n’est pas pour autant vraiment libre. En effet, l’arrêté de reconduite à la frontière décidé par le préfet de Seine et Marne est exécutoire : toute interpellation peut donc le remettre dans la situation d’être expulsé, et ce quand bien même il aura déposé son recours devant la CNDA.

Nous vous engageons donc à poursuivre votre mobilisation en signant et faisant signer notre pétition qui a récolté plus de 500 signatures à ce jour, afin d’obtenir l’abrogation de l’arrêté de reconduite à la frontière, pour qu’Honoré puisse ainsi aller au terme de sa procédure de demande d’asile, sans risquer d’être interpellé.

Nous saluons la mobilisation de tous, et notamment celle de nombreux élus locaux, nationaux, français et européens et celle aussi de nombreux responsables d’organisations. Honoré ne sait comment exprimer sa gratitude !

Le Comité Idaho et l’Ardhis indiquent que l’histoire d’Honoré n’est pas isolée et doit nous interroger sur la situation de toutes celles et tous ceux, homosexuel (le)s, transsexuel(le)s, qui ne sollicitent pas la protection de notre pays par ignorance, alors qu’ils ont quitté leur pays pour des craintes de mauvais traitements et de persécutions. En effet, dans l’imaginaire collectif, la demande d’asile fait référence en général à la question de l’appartenance religieuse ou politique ou encore à l’origine ethnique. C’est souvent dans des situations extrêmes, telles que celle d’Honoré, qu’ils accèdent à la connaissance de ce droit et peuvent ainsi le solliciter.

La politique d’expulsion, à l’œuvre aujourd’hui, est ainsi source de graves erreurs de notre pays relativement à ses engagements internationaux de protection des personnes vulnérables. En effet, pour une personne comme Honoré qui a osé évoquer sa situation, combien l’ont passée sous silence et sont aujourd’hui de retour dans le pays qu’ils avaient quitté ?

L’Ardhis rappelle qu’elle accompagne en continu plus de 50 personnes sollicitant une protection de la France pour le motif de craintes de persécutions en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Cet accompagnement juridique, social et moral, est assuré par un engagement volontaire et bénévole.


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