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Les homos toujours moins égaux que les autres

date de redaction jeudi 26 août 2010


Pour sa carrière un homo aurait intérêt à se cacher au travail.

Pour son salaire aussi un homo a toujours intérêt à se cacher au travail.


communiqué Collectif Homoboulot - 25/8/2010

Déjà en 2008, l’enquête de la HALDE "Homophobie dans l’entreprise" dirigée par Christophe Falcoz démontrait l’autocensure de 66% des homosexuels au travail (homme ou femme).

L’enquête Moins égaux que les autres ? Orientation sexuelle et discrimination salariale en France [1] publiée par Libération dans son édition des 21-22 août 2010, fait apparaitre que les discriminations homophobes impliquent un salaire moins élevé pour les gays et valide à nouveau le discours des associations réclamant l’égalité des droits.

Pourtant, les lesbiennes et les gays n’en sont pas encore à revendiquer un salaire égal, mais réclament toujours le respect et l’égalité de traitement, dans leur vie et notamment au travail. Aujourd’hui 2 homos sur 3 ne peuvent répondre franchement quand leurs collègues leur demandent s’ils sont mariés, et beaucoup n’osent pas déclarer la signature d’un PACS à leur service de ressources humaines de peur que « ça se sache ». Cependant, la mise en lumière d’une différence de salaire entre les gays et leurs collègues hétérosexuels - hommes, ne fait qu’illustrer le « plafond de verre » qui touche les gays de la même façon que les femmes, et cela nous l’expliquons depuis déjà plusieurs années. [2]

Il est important de remarquer dans cette étude que c’est la carrière qui est impactée par la discrimination envers les homos, puisque le différentiel de salaire apparaît et se renforce au-delà de 45 ans quand la révélation de son homosexualité n’est plus à faire.

C’est un constat tout à fait démotivant pour ceux qui aspirent à cette liberté de pouvoir vivre ouvertement.

Même si les lesbiennes, en tant que femmes, subissent le sexisme qui implique un salaire moins élevé que celui d’un homme, elles sont moins touchées par la discrimination salariale au travail en raison de leur orientation sexuelle parce que, comparées aux femmes hétérosexuelles, elles sont susceptibles d’être plus disponibles puisque réputées sans charge de famille.

Enfin il serait également intéressant d’étudier l’impact des discriminations transphobes sur la carrière professionnelle des personnes transgenres et transexuelles.

Quelles sont les solutions ? Comment freiner les discriminations, et toutes les discriminations ?

  • Organiser toute action rendant visible chacun des motifs de discrimination pour aider à faire reculer les tabous, les stéréotypes et les préjugés.
  • Intégrer la lutte contre les LGBTphobies dans la formation des salariés, et notamment pour l’encadrement.
  • Communiquer dans et à l’extérieur de l’entreprise, pour informer toutes et tous que l’égalité, qu’elle soit légale, sociale ou salariale, doit bénéficier à tous, et toutes.

Nous demandons une véritable implication de l’État et des acteurs professionnels dans la Diversité.

Philippe Chauliaguet
Porte-Parole

Plus d'informations :

Lire également :

Notes :

[1] Moins égaux que les autres ? Orientation sexuelle et discrimination salariale en France, Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi pour le Centre d’Étude des Politiques Économiques à l’Université d’Evry (CNRS)

[2] CNRS - Travail, genre et sociétés 2004/2 (N° 12) 296 pages - La Découverte. Le point de vue des cadres homosexuel-le-s (http://www.cairn.info/revue-travail...) Par Christophe Falcoz docteur en sciences de gestion, membre du gdr cadres cnrs et de l’agrh (association francophone de chercheurs en gestion des ressources humaines) ainsi que directeur d’un cabinet de recherche, de conseil et de formation en management des hommes. Virilité et accès aux postes de pouvoir dans les organisations

Extrait : « Les conséquences de l’homophobie au travail envers les cadres homosexuel-le-s

43 - On retrouve tout d’abord un "plafond de verre" qui semble barrer l’accès à des postes d’encadrement comme le souligne l’article présenté en page de couverture du célèbre journal américain Fortune International (Stewart, 1991) au sujet de la visibilité des dirigeants gays et lesbiennes. Une enquête réalisée en 1987, citée dans cet article et réalisée par le Wall Street Journal, indique que 66 % des dirigeants des plus grandes firmes américaines refuseraient de nommer une personne homosexuelle dans leur comité de direction. Non seulement l’homophobie politique peut entraîner un refus poli lors d’une promotion, mais d’autres stratégies pour pousser à la démission ou à un licenciement dont la cause réelle n’est que rarement énoncée »


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