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Même dans le deuil les pédés sont des sous-citoyens

date de redaction lundi 23 août 2010


Act up dénonce la loi française sur les restes mortels, qui ne tient pas compte des couples en union libre, situation de beaucoup de couples homosexuels.


communiqué Act Up Paris - 2 août 2010

Christian Charpentier s’est éteint jeudi dernier, il est mort du SIDA. Act Up-Paris se joint à la douleur et à la colère de Fred, qui partageait sa vie depuis 18 ans.

Nous sommes en colère parce que Fred est évincé de l’organisation des funérailles par la mère de son compagnon, qui entend récupérer l’urne, et l’emporter en province, au mépris des volontés de Christian.

Nous sommes en colère parce que Fred n’a aucun droit, aucune existence juridique. Nous sommes en colère parce que les volontés de Christian ne seront pas respectées, Fred en étant le seul réel dépositaire. Nous sommes en colère parce que la loi française permet que l’histoire de Christian et Fred soit gommée, niée, jetée aux oubliettes.

Fred et Christian vivaient en union libre, ce statut flou que l’Etat utilise à dessein lorsqu’il s’agit de réduire des minima sociaux, et qu’il ignore lorsqu’il est question d’octroyer des droits, de reconnaître nos amours, nos amantEs et nos vies.

L’égalité des droits pour touTEs, quelle que soit la forme de l’union, n’est pas un caprice, c’est une urgence.

Depuis la loi du 19 décembre 2008, les cendres humaines sont des “restes mortels”. Les cendres ont désormais un statut juridique, ce que les partenaires d’union libre (et de PaCS) n’ont toujours pas. A ce titre, le partage des cendres est interdit, ainsi que la conservation durable de l’urne au domicile d’un particulier, ce afin d’ « éviter les abus ». Pourtant, partager « à l’amiable » les cendres d’unE défuntE constituait une alternative en cas de conflits familiaux.

La même loi dispose que « le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort. Les restes des personnes décédées, y compris les cendres de celles dont le corps a donné lieu à crémation, doivent être traités avec respect, dignité et décence  ». Les survivantEs, en revanche, n’ont droit ni au respect, ni à la dignité, ni à la décence. Sans testament préalable, sans acte notarial, le conjointE en union libre est ignoréE, et en l’espèce les volontés du défunt également. Même mortes, nos amours sont niées. Même en cendres, nous restons des citoyenNEs de seconde zone, dont les volontés ultimes ne méritent pas d’être respectées.

Nous ne supportons plus que les pouvoirs publics décortiquent nos vies et hiérarchisent nos amours, et ce n’est par ailleurs pas à l’Etat de décider quel est le bon usage à faire des cendres d’un être cher.

La volonté de Christian Charpentier est que ces cendres soient mélangées à celles de son compagnon, lorsque celui-ci disparaîtra à son tour. La loi française bafoue ses dernières volontés.

Act Up-Paris exige :

  • l’égalité des droits pour tous les couples, homosexuels, hétérosexuels, mariés, PaCSés, en union libre.
  • la même protection personnelle, sociale, patrimoniale, pour toutes les formes d’union.

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