La France Gaie et Lesbienne
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Des militants d’AGLA France arrêtés par les forces de l’ordre à Paris

date de redaction mardi 22 juillet 2003


Lors de la récente visite en France du Président d’Arménie, les policiers français ont empêché des manifestants gays de brandir le drapeau arc-en-ciel.


communiqué de presse AGLA - Paris, 17/07/2003

Le 17 juillet 2003, afin de protester contre les persécutions des minorités homosexuelles en Arménie, les militants d’AGLA France (Association des Gays et Lesbiennes Arméniens de France) ont décidé de brandir le drapeau arc-en-ciel et des pancartes lors de la cérémonie du dépôt de gerbe par le président d’Arménie au pied du mémorial du Génocide des arméniens à Paris. Le service de sécurité du président Robert Kotcharian arrivé sur place 15 minutes avant le cortège présidentiel s’est précipité pour nous demander de dégager le drapeau arc-en-ciel. Nous avons refusé d’obéir en rétorquant que les officiers arméniens n’avaient aucun droit d’interdire une manifestation sur le territoire français. Un homme en costume noir, vraisemblablement, officier de la sécurité du président arménien doté d’un sourire malicieux nous a répondu « on verra ça ».

Aussitôt, il s’est adressé aux forces de l’ordre française présentes sur le lieu. A leur tour, les policiers républicains, nous ont demandés de cacher le drapeau arc-en-ciel et de ne pas manifester. Après le refus catégorique d’obéir à la demande nous avons été violemment écartés du mémorial et embarqués dans un fourgon de police où nous avons été détenus jusqu’à la fin de la cérémonie et le départ du président arménien. Les officiers de police républicains ont justifiés cette arrestation par l’absence d’autorisation du préfet à manifester. On nous a aussi prévenu qu’à partir de maintenant et à chaque visite du président arménien, la police veillera à ce que les militants d’AGLA soient particulièrement surveillés et qu’ils ne troublent pas l’ordre public. Deux militants armés de drapeaux et de pancartes face à une dizaine de flics équipés de matraques et de flingues représentent effectivement une menace terrifiante à l’ordre public. Selon les propos d’un officier de police il est quasiment impossible d’obtenir une autorisation de la préfecture. D’abords parce que l’agenda des visites officielles des personnalités étrangères est tenu généralement secret. Donc il est impossible de demander au préalable une autorisation. Ensuite, la préfecture ne donne pratiquement jamais d’autorisation quand il s’agit des hommes d’Etat en visite officiel dans la capitale française. L’officier en question nous a gentiment fait comprendre qu’il nous est défendu de manifester parce qu’on sera toujours hors la loi.

Depuis plusieurs mois notre association reçoit par courrier électronique en provenance d’Arménie les témoignages des gays locaux nous signalant les violences policières à leurs égards. Cela fait quatre ans qu’en Arménie la loi répressive contre les homos n’est plus appliquée. Néanmoins les forces de l’ordre du pays continuent à poursuivre les gays, en extorquant de l’argent et en exerçant un chantage. Le gouvernement arménien continue à bloquer toute tentative des gays à se rassembler, les médias locaux diffusent une image morbide des homos, les taxant des pervers.

Entre 1990-2000, la France, comme les Pays Bas et l’Allemagne, est devenue la terre d’accueil pour beaucoup de gays et lesbiennes d’Arménie. Aujourd’hui elle oblige ses réfugiés statutaires réprimés par le régime à fermer leur gueules parce qu’ils souhaitent changer la situation dans leur pays d’origine. Aujourd’hui les journalistes arméniens ont filmés deux militants d’AGLA arrêtés par les flics français parce qu’ils refusaient de cacher le drapeau arc-en-ciel et les pancartes avec les inscriptions « Kotcharian = Homophobe » . Quel encouragement pour ceux qui bafouent les droits des minorités en Arménie ! Quelle jubilation pour le président connu pour ses manières « dictatoriales ! ». « La loi est la loi », nous répétait sans cesse le policier. On est bien d’accord : « il faut respecter la loi ». Mais que fait-t-on quand cette loi ne respecte plus les principes démocratiques, à commencer par la liberté de parole, de manifestation ? Elle devient très vite une atteinte à la liberté et signe les prémices d’une dictature. Peut-être serait-il nécessaire tout autant que vital de changer la loi avant qu’elle ne défigure ce « beau pays, berceau des libertés et des droits de l’Homme », pris par une « méchante » hystérie sécuritaire ?

Micha Meroujean Président de AGLA France

Plus d'informations :

http://www.agla.info


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