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Le STRASS ne se satisfait pas des déclarations de la Ministre de la Santé concernant les trans’

date de redaction mardi 19 mai 2009


Ni affectation psychiatrique ni trouble de l’identité ! Les trans’ ne sont malades de rien du tout !


communiqué STRASS - 17/5/2009

A l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie, qui cette année a pour thème la lutte contre la transphobie, le STRASS tient à joindre ses forces à ce combat qui touche une grande partie des travailleuSEs du sexe.

A la veille de cette journée, c’est par une dépêche AFP que nous apprenons la décision du ministère de la Santé de ne plus classer la “transsexualité comme affectation psychiatrique”. Or, dans la suite de cette dépêche, la porte parole de la ministre continue de parler de “troubles de l’identité de genre“.

Nous notons d’abord que l’Etat français s’obstine à user d’un vocabulaire pathologisant face aux personnes transidentitaires, bien que depuis des années, la communauté trans’ préfère parler de transidentité plutôt que de transsexualité, et ne considère donc pas cette identité de genre comme un trouble.

Mais ce que nous craignons surtout à la lecture de cette dépêche, c’est que cette déclaration ne soit qu’un effet d’annonce de plus et que le décret en question ne change rien en bien, voire tout en mal. Que ce décret ne fera que changer le nom de la pathologisation imposée aux trans’, mais qu’il signifie une régression au lieu d’un progrès : à savoir que l’Etat français continue d’exercer sa tutelle pathologisante sur les personnes transidentitaires, mais en leur rendant en même temps encore plus difficile l’accès aux traitements. Traitements dont ces personnes n’ont parfois besoin que parce que la transphobie avérée de l’Etat français lui-même, est bien vivante et active, et leur rend la vie impossible. A titre d’exemple, l’Etat impose la stérilisation des personnes trans’ comme condition d’obtention du changement d’Etat civil.

Nous craignons donc qu’il ne s’agisse une fois de plus d’une mesure visant à désengager l’Etat français de ses responsabilités tout en renforçant le contrôle discriminatoire qu’il exerce sur des catégories de personnes qui le “dérangent”.

Nous exigeons :

- la fin du “parcours” pathologisant que l’Etat français impose en toute illégalité, les trans’ n’ont pas besoin de l’avis de prétendus experts pour savoir qui elles/ils sont. Il n’y a aucun besoin de classer les trans’ comme “malades” pour assurer la prise en charge de leurs traitements : l’Etat français finance bien par exemple les traitements occasionnées par la grossesse, sans pour autant considérer celle-ci comme une maladie.
- un accès libre et sans condition aux soins, sans classement comme malades mentaux, que ce soit sous forme d‘une “affectation psychiatrique“ ou sous le nom de “trouble de l‘identité de genre“. Et sans d’ailleurs être classés sous aucune autre dénomination pathologisante tout court : les trans’ ne sont malades de rien du tout. Leurs souffrances sont exclusivement le produit de la transphobie de l’Etat français et de la société qui les entoure. Nous exigeons donc que l’Etat français paie réparation des dégâts que sa transphobie fait dans nos vies depuis des décennies.

Les vraies questions que nous posons :

- A quand des droits civiques égaux pour les trans’ ?
- A quand l’abolition du premier chiffre du numéro de sécurité sociale, qui stigmatise et exclut de fait du marché de l’Emploi ?
- A quand le changement d’ état civil sur simple demande ?
- A quand des droits familiaux et parentaux égaux ?
- A quand le droit de vote des trans’ indépendamment du genre que mentionnent leurs papiers d’identité ?
- A quand une vraie politique d’éducation publique contre la transphobie et l’homophobie de la part de l‘Etat français ?
- A quand la fin des violations par l’Etat Français de la Charte Européenne des Droits Humains, notamment face aux personnes transidentitaires ? (lire : http://www.coe.int/t/commissioner/V...)

Toutes ces questions cruciales sont politiques et non médicales, et elles exigent par conséquent des réponses politiques et pas médicales. Réponses qu’à ce jour l’Etat français se refuse à donner. Pire, il refuse même de comprendre les questions...

Le STRASS se joint à toutes ces questions pressantes, et somme l’Etat français d’y répondre d’urgence, au lieu de rechercher un effet d’annonce démagogique à l’occasion de la journée internationale contre l’homophobie.

STRASS, Syndicat du TRAvail Sexuel


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