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Deux homosexuels agressés en Martinique

date de redaction vendredi 10 avril 2009


L’un des agresseurs est relâché alors qu’il habite en face des victimes.


communiqué Tjenbe Red - 8/4/2009

Vendredi 3 avril au Robert (commune de Martinique), un Martiniquais d’une trentaine d’années et son compagnon européen, appelons-les Richard et Jean, ont été agressés et menacés de mort par un voisin et ses deux fils, qui ont fait irruption dans la maison de Richard, armés de trois « coutelas » de 75 cm de long. « Sales makoumès (pédés), vous ne méritez pas de vivre, on va vous découper... » : tels sont (parmi d’autres) les propos et menaces qu’ils ont dû entendre, les armes sous le nez.

Prévenue, la gendarmerie du Robert a appréhendé les trois agresseurs et enregistré les plaintes de Richard et Jean.

Cependant, selon Richard et Jean, deux des gendarmes ont émis des jugements de valeur sur leur comportement, laissant entendre qu’ils auraient provoqué leurs agresseurs ; En outre, aucun gendarme ne leur a proposé de consulter les urgences médico-judiciaires, ce qui serait de nature à compromettre leurs chances d’obtenir réparation en justice ; De même, aucun gendarme ne les a orientés vers un soutien psychologique, ce qui en dit long sur la considération des victimes en France, malgré les déclarations récurrentes des différents pouvoirs en place ; Par ailleurs, Richard est convoqué le 11 mai prochain devant le tribunal correctionnel mais Jean n’est pas convoqué au motif qu’il ne serait pas réellement victime, n’étant que de passage en Martinique...

Plus grave, le plus âgé des agresseurs a été immédiatement remis en liberté et Richard et Jean ont eu la surprise de le voir rentrer à son domicile (en face de celui de Richard), au volant de sa voiture, alors qu’eux-mêmes venaient de rentrer de la gendarmerie ! Pourtant, cet individu est un repris de justice qui a déjà effectué plus de dix ans de prison pour avoir tué un homme, au même endroit qui plus est.

Dans ces conditions, Tjenbé Rèd s’étonne de la remise en liberté de cet individu et demande à Monsieur Jean-Michel Durand, procureur général près la cour d’appel de Fort-de-France, qui a autorité sur les forces de gendarmerie en la matière, de reconsidérer cette décision.

Par ailleurs, Tjenbé Rèd demande à Monsieur Durand de lui préciser les consignes communiquées aux forces de police et de gendarmerie en matière d’accueil des victimes : Est-il normal que les urgences médico-judiciaires ne soient pas saisies lors d’une agression ? Est-il normal qu’aucun soutien psychologique ne soit apporté ou proposé aux victimes d’une agression ? Est-il normal qu’un représentant des forces de l’ordre se permette de commenter le comportement d’une victime lorsqu’il enregistre sa plainte ? Est-il normal qu’un agresseur, repris de justice, rentre tranquillement à son domicile en face de celui de sa victime après qu’elle ait déposé plainte ? Est-il normal qu’une personne de passage en Martinique ne soit pas autorisée à demander justice d’une agression au motif qu’elle ne serait que de passage ? Enfin, est-il normal qu’un officier de police judiciaire consigne, dans un procès-verbal d’audition, la question : « Êtes- vous homosexuel ? », ainsi que sa réponse : « Oui » ?

Pour Tjenbé Rèd,
le secrétaire général,
Yann Carl


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