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Die-in devant Notre-Dame

date de redaction lundi 23 mars 2009


Manifestation spectaculaire d’Act Up Paris pour dénoncer les propos de Benoît XVI sur le préservatif, et pour déclarer le pape complice du sida.


communiqué Act Up - 22/3/2009

En bannissant la promotion du préservatif, l’église catholique a des millions de morts sur la conscience. A la sortie de la messe dominicale en la cathédrale Notre-Dame de Paris, ses fidèles auraient dû les enjamber. Ces derniers sont finalement sortis par une porte dérobée.

Une trentaine de militants d’Act Up-Paris ont effectué ce dimanche 22 mars à 12h30 un die-in à la sortie de la messe à Notre-Dame de Paris pour symboliser les morts du sida directement imputables aux positions de l’église catholique à l’égard du préservatif.
Notre-Dame a fermé rapidement ses portes : les fidèles n’ont pas eu à les enjamber.
Un attroupement de jeunes catholiques intégristes en a profité pour déverser sa haine en criant « la capote c’est la mort, le pape n’a pas tort », « Act Up assassin », « Crevez-en vite du sida » et en lançant des oeufs pourris et des sacs d’eau sur les militants étendus au sol.

Lors de son récent voyage au Cameroun, Benoît XVI a déclaré que le préservatif aggravait l’épidémie de sida. Malgré de vives protestations internationales, la hiérarchie de l’église catholique n’est toujours pas revenue sur le "bien fondé" de cette déclaration. Aujourd’hui Act Up-Paris exprime sa colère contre l’irresponsabilité de l’église catholique face au sida.

Depuis le début de l’épidémie, la condamnation du préservatif par Jean-Paul II puis Benoît XVI a en effet constitué un obstacle majeur à la lutte contre le sida.

Ces déclarations sont d’autant plus graves que dans de nombreux pays en développement où les services de santé sont défaillants, l’église catholique occupe une place importante dans l’offre de soin. Or, partout où l’église catholique est présente, des autorités réactionnaires freinent les politiques de prévention et la mise à disposition des préservatifs.

Chacun s’accorde aujourd’hui à considérer que les politiques d’abstinence et de fidélité sont des échecs, d’une part parce qu’elles excluent les minorités sexuelles de la prévention et d’autre part parce qu’elles ne sont pas tenables dans le temps.

Mis en place sous l’influence de la morale religieuse, ces programmes ont détourné les gouvernements de véritables politiques de prévention. Moins de 20% de la population mondiale a aujourd’hui accès au préservatif alors même que l’épidémie de sida touche plus de 40 millions de personnes et qu’elle continue de s’étendre dramatiquement. Aujourd’hui, le nombre de contaminations est toujours supérieur au nombre de personnes mises sous traitement dans le même temps.

Aussi, l’église catholique a beau prétendre soigner 25% des malades dans le monde, de fait, via les obscures positions répétées du pape, elle est directement responsable de millions de morts. La compassion affichée par l’église à l’égard des malades nourrit peut-être sa bonne conscience mais masque mal que son pape est un assassin.

Act Up-Paris exige :

  • des plus hautes instances de l’église catholique française qu’elles se démarquent des propos du pape et les dénoncent publiquement ;
  • de Benoît XVI, qu’il retire ses propos reconnaisse qu’il s’est trompé et qu’il n’y connaît rien au sida et s’excuse auprès des malades et des morts du sida ;
  • de Christine Boutin, qu’elle se taise ;
  • de la France qu’elle s’engage sur une politique d’accès universel au préservatif et au traitement.


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