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Non à Edvige, Edvirsp et leurs copines liberticides

date de redaction mercredi 15 octobre 2008


Les Panthères roses participeront le jeudi 16 octobre au rassemblement devant l’Assemblée nationale pour rappeler leur opposition au fichier EDVIGE et à son avatar EDVIRSP ainsi qu’à la politique généralisée de fichage que mène le gouvernement.


communiqué de presse Les Panthères roses - mercredi 15 octobre 2008

Les Panthères roses - membres du Collectif « Non à EDVIGE » - participeront ce jeudi 16 octobre au rassemblement devant l’Assemblée nationale (18h place Edouard Herriot). Objectif : rappeler notre opposition au fichier EDVIGE [1] et à son avatar EDVIRSP [2] ainsi qu’à la politique généralisée de fichage que mène le gouvernement.

Politique sécuritaire, tu nous fiches... les jetons

Face au tollé provoqué par la mise en place du fichier EDVIGE cet été, le gouvernement a cru calmer la mobilisation en excluant entre autres du fichier les informations « relatives à la santé ou à la vie sexuelle des personnes ». Nous ne nous en sentons pas moins inquiètes et concernéEs. Les fichiers ont beau être morcelés et le nombre d’informations collectées réduit, l’objectif reste le même : placer le plus grand nombre d’individuEs sous le regard de l’Etat, au seul motif de « suspicion de risques pour la sécurité publique ». EDVIRSP prévoit ainsi que seront fichées toutes les personnes « dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique ». FichéEs sur simple suspicion, donc, avant même d’avoir commis la moindre infraction !

Je trouble la sécurité publique, mais c’est pas réciproque

Si la mention de l’état de santé et de l’orientation sexuelle a été - sous la pression des associations - retirée des fichiers, le fait même qu’elle ait été envisagée révèle bien l’idéologie sous-jacente à ces nouveaux fichiers : aux yeux du gouvernement, ce ne sont pas seulement les auteurs d’infractions qui menaceraient l’ordre public mais bien touTEs celles et ceux qui ne peuvent afficher une parfaite santé, un avis certifié d’hétérosexualité, des opinions conformes aux valeurs de droite
- tendance travail-famille-patrie, et montrer patte blanche et chrétienne.

Je suis fichéE, tu es fliquéE... nous sommes mal barréEs

Aucune raison objective ne justifie une telle surveillance des individus, qui vient menacer nos libertés individuelles. Si ce n’est le contrôle et la répression sans cesse accrus de celles et ceux qui s’opposent aux politiques racistes et antisociales menées par le chef de l’État et son gouvernement.

Edvirsp, on t’as reconnu : tu t’appelles Nicolas

Qui met réellement en danger la sécurité publique ? Ce ne sont pas les militantEs, ni celles et ceux qui n’ont pas la bonne origine, opinion ou sexualité, c’est ce gouvernement qui envisageait de ficher les individuEs sur leur orientation sexuelle ou leur état de santé. Un gouvernement qui continue de penser que les mineurs sont dangereux et qu’en fonction d’origines ou d’opinions supposées, les individuEs seraient plus ou moins susceptibles d’attenter un jour à la « sécurité publique ». C’est ce gouvernement qui accentue les inégalités, liquide les services publics, multiplie les effets d’annonce pour mieux brouiller les esprits et diviser la société, durcit les lois sur l’immigration, cautionne les violences policières, entretient le sexisme et le racisme. C’est cette société pensée par et pour les hétéros, riches, blancs, chrétiens, de droite, en bonne santé qui menace la «  sécurité publique ».

Gouines, trans, pédés contre les Vichyers

Avec EDVIGE cet été est né également le fichier CRISTINA - encore un prénom féminin - rien d’étonnant de la part d’un État où le sexisme fait encore la loi. Deux nouveaux fichiers, qui s’ajoutent à une multitude d’autres, bien à l’abri des regards : fichier ELOI, fichiers d’empreintes génétiques, « Base élèves », STIC, JUDEX, FNAEG, FAED, FPR, SALVAC... On fiche les élèves, les militantEs, les étrangerEs. On collecte des données dites « sensibles », des données génétiques, biométriques, ethniques. Les données circulent, passent du public au privé, d’un pays à un autre. On note, on classe, on trie. Sans qu’aucune garantie ne soit donnée aux fichéEs. Ça ne vous rappelle rien ?

Edvirsp et Cristina n’auront pas mon numéro de téléphone

Face aux progrès de l’informatique, de la numérisation à la biométrie, qui rendent toujours plus efficaces les techniques de surveillance, face au durcissement des législations et aux limitations des libertés qui se multiplient, nous demandons l’abrogation pure et simple des fichiers EDVIGE, EDVIRSP, CRISTINA, et nous souhaitons que ce rassemblement du 16 octobre 2008 soit le point de départ d’une vigilance et d’une mobilisation générale contre tous ces fichages que l’Etat nous impose.

Non au fichage généralisé. Non à la politique ultra-sécuritaire du gouvernement.

Plus d'informations :

Retrouvez tous les slogans et toutes les pancartes des Panthères Roses à l’adresse : http://www.pantheresroses.org/artic...

Notes :

[1] EDVIGE : Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale

[2] EDVIRSP : Exploitation documentaire et valorisation de l’information relative à la sécurité publique Sœur jumelle d’EDVIGE, EDVIRSP reprend : la possibilité de ficher les mineurs dès l’âge de 13 ans, qu’ils aient été ou non auteurs d’infraction la présence de données personnelles sur la fiche : le motif de l’enregistrement dans EDVIRSP, l’état civil, l’adresse et le numéro de téléphone, mais aussi les signes physiques particuliers, des photos ; les activités publiques, comportements et déplacements ; les informations patrimoniales ; les antécédents judiciaires ; et comme si cela ne suffisait pas, les données sur les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques, religieuses ou l’appartenance syndicale de la personne fichée ainsi que toutes les personnes qui entretiennent des relations avec elle. l’interdiction d’accéder aux informations et d’exercer un droit d’opposition.


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