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Le Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants s’intéresse à la déportation des homosexuels

date de redaction vendredi 13 juin 2008


Les « Oublié(e)s » de la Mémoire ont fait connaître les attentes des associations concernées par le souvenir de la déportation pour motif d’homosexualité.


communiqué Les « Oublié(e)s » de la Mémoire - 13/6/2008

Après seulement quelques semaines d’installation, le Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, Jean-Marie Bockel, a souhaité recevoir notre association civile homosexuelle du devoir de mémoire, Les « Oublié(e)s » de la Mémoire, pour mieux connaître et analyser ensemble les attentes des personnes et des associations concernées par le souvenir de la déportation pour motif d’homosexualité.

Le directeur de cabinet du Secrétaire d’Etat, Monsieur Michel Suchod, accompagné de Monsieur Joseph Zimet, conseiller chargé de la mémoire et du lien armée-nation et de Mademoiselle Séverine François, conseillère pour les affaires réservées, ont reçu Philippe Couillet, président, Mickaël Bucheron, trésorier et Hervé Hirigoyen, délégué de Midi-Pyrénées de l’association.

Notre délégation a exposé quelques sollicitations pour permettre de mieux porter la mémoire de la déportation pour motif d’homosexualité. De cet entretien, nous vous informons des réponses du ministère :

- Le Ministre est favorable pour que le discours officiel, lu pendant les cérémonies de la Journée du Souvenir de la Déportation, rende explicitement hommage à toutes les catégories de Déportés, dont celle de l’homosexualité. Il s’engage à faire remonter notre demande, en y apportant tout son soutien, auprès des six organismes de Déportés qui rédigent ce discours. La France ne peut nier indéfiniment cette réalité historique.

- Pour ce qui concerne la mise en place d’une plaque en hommage aux victimes de la déportation pour motif d’homosexualité au camp de Natzweiller-Struthof, le ministre, comme son prédécesseur [1], souhaite voir ce projet aboutir. Pour le respect de cette mémoire, le Ministre va rencontrer les responsables de la Commission Exécutive du Struthof, qui pour l’heure ont toujours manifesté leurs refus.

- Nous avons aussi présenté notre réflexion au Ministre et Maire de Mulhouse (Haut-Rhin), pour qu’un lieu mémoriel puisse exister dans sa ville. Dans le respect de la mémoire de Pierre Seel [2], nous avons expliqué, que contrairement au souhait du MDH (Mémorial de la Déportation Homosexuelle), nous ne sommes pas favorables à la mise en place d’une plaque dans le Square Steinbach ou pour qu’il soit rebaptiser. En effet, ce square porte une image sexuelle dans l’Histoire et aujourd’hui il est fréquenté par un monde « marginalisé ». M. Bockel trouve intéressante notre proposition pour qu’une plaque soit apposée sur la façade de l’ancienne pâtisserie des parents de Pierre Seel, lieu de son adolescence. Cette maison se situe en face de la maison natale d’Alfred Dreyfus, rue du Sauvage, la rue la plus vivante de Mulhouse. C’est dans ce lieu familial qu’il recevra une convocation de la Gestapo, qui le conduira à son arrestation le 3 mai 1941 pour son sinistre destin.

Après avoir été reçu longuement et au vu de notre connaissance mémorielle, le Cabinet du Ministre a conclu cet entretien constructif par le désir de voir notre association incluse pleinement dans le travail commun sur la mémoire de la Déportation, avec les autres associations analogues. Nous avons été invités officiellement à la cérémonie nationale du Souvenir au Mémorial de la déportation de Natzweiler-Struthof , le 22 juin 2008.

Il nous a été proposé de rédiger un mémo pour la Commission Kaspi, présentant nos réflexions et propositions pour l’avenir et la modernisation des commémorations et célébrations publiques, lequel sera transmis par le Ministère. Notre mémo comportera entre autres divers souhaits comme la mise en place de panneaux pédagogiques historiques près de tous les monuments et mémoriaux, ainsi que le soutien indispensable de l’Etat dans la poursuite des travaux de recherches historiques.

Le Conseil d’Administration de l’association Les « Oublié(e)s » de la Mémoire


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