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Les suites de l’agression lesbophobe de Julie à Montpellier

date de redaction lundi 21 avril 2008


Le dossier comporte une succession de négligences et aboutit à un déni de justice pour le Collectif contre l’Homophobie, qui a médiatisé l’affaire.


communiqué Collectif Contre l’Homophobie - 19 avril 2008

Ce vendredi 18 avril 2008, le tribunal correctionnel de Montpellier jugeait l’agression lesbophobe subie par Julie, une jeune montpelliéraine.

Face à l’inaction de la police et de la justice, l’avocat de celle-ci, Maître Luc ABRATKIEWICZ avait dû médiatiser l’affaire le mercredi 16 avril dernier.

Le jour même, le mis en cause était placé en garde à vue, puis déféré en comparution immédiate.

Le mis en cause avait ainsi eu 15 jours pour se fabriquer un alibi douteux, dont la véracité n’a convaincu personne, sinon le tribunal correctionnel.

Comment le mis en cause a-t-il pu regarder un match de football sur une chaîne cryptée chez un ami alors que celui-ci n’a pas de décodeur ? Comment un amateur de football comme lui a-t-il pu regarder un match dont il ne se souvient ni du nom des équipes, ni du score ?

Par un malheureux concours de circonstances, le magistrat représentant le Ministère public lors de l’audience était celui-là même qui était de permanence au lendemain des faits et dont le manque de diligence avait été médiatiquement déploré par l’avocat de la victime.

Au moment de son réquisitoire, le représentant du Ministère public nous a livré une intervention à peine digne d’un cours de Droit pénal de 2éme année de Faculté de Droit. Il conclut son intervention en s’en remettant au tribunal correctionnel, choisissant une stratégie de la défausse qui allait s’avérer lourde de conséquences.

Pour notre part en dix d’expérience associative, c’est bien la première fois que nous éprouvons un tel sentiment d’injustice lors d’un procès.

La relaxe du mis en cause est un déni de justice dont la responsabilité incombe pour une part importante à la légèreté avec laquelle la police et la justice ont traité cette plainte et mené l’enquête.

En effet dans l’heure suivant son agression, la victime indiquait l’identité et l’adresse de son agresseur aux services de l’ordre qui s’étaient rendus à son chevet aux urgences du CHU de Montpellier. Il était facile de l’appréhender et de l’interroger aussitôt mais il a fallu 15 jours d’attente et la médiatisation de cette inertie pour que les uns et les autres se décident enfin à faire leur travail.

Dans cette affaire, la succession de négligences friserait désormais l’erreur judiciaire si le Parquet Général n’interjetait pas appel ; c’est pourquoi nous appelons solennellement Jean PHILIPPE, Procureur de la République prés le Tribunal de Grande Instance de Montpellier et Bernard LEGRAS, Procureur Général prés la Cour d’Appel de Montpellier à prendre leurs responsabilités.

Hussein BOURGI
Le président

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