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Journée nationale du souvenir de la Déportation

date de redaction vendredi 27 avril 2007     auteur Jean-Benoît RICHARD


La participation des associations portant la mémoire de la déportation homosexuelle acquise dans de nombreuses villes, continue à poser problème à Nice, Rouen ou Marseille.


Le dimanche 29 avril, toute la France rendra hommage aux victimes de la Déportation au cours de cérémonies organisées dans chaque ville. Des homosexuels ont été envoyés dans les camps de la mort en raison de leurs préférences. Ils portaient un triangle, rose pour les hommes, noir pour les femmes, ou bien une barrette bleue. Dans plusieurs métropoles régionales, des groupes qui portent la mémoire des déportés au triangle rose souhaitent s’associer aux cérémonies, pour que le souvenir ne s’estompe pas.

A Montpellier, le Collectif contre l’Homophobie et pour l’égalité des droits et le Mémorial de la Déportation Homosexuelle ont été reçus par le cabinet du Ministre des Anciens Combattants. Les deux associations ont eu aussi des échanges avec le Préfet de l’Hérault, avec la Directrice Départementale de l’ONAC (Office National des Anciens Combattants), et avec les responsables nationaux et locaux de plusieurs organisations de déportés. Désormais, ils sont invités et pleinement intégrés à la cérémonie officielle.

La situation est identique à Paris, à Lyon, à Poitiers, au Mans... Les « Oublié(e)s » de la Mémoire, association civile homosexuelle du devoir de mémoire, officiellement reconnue par le Ministère délégué aux Anciens Combattants, invitée comme « association de déportés », participera à la Journée Nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation à Marseille, Paris, Toulouse et Montpellier.

Malheureusement, il arrive aussi que la présence des associations homosexuelles soit éludée - comme c’est le cas à Rouen - voire rejetée par les associations de déportés, internés et résistants.

A Nice, le représentant local du Mémorial de la Déportation Homosexuelle a eu l’occasion de rencontrer le comité du souvenir. Il raconte : « cette rencontre a démontré que la gerbe "unique" des associations de déportés n’incluait pas touTEs les déportéEs, et qu’en particulier, les homosexuelLEs en étaient excluEs. La proposition faite par le MDH de participer à cette gerbe commune a été rejetée au nom de "l’unité" ».

L’impression laissée par cette rencontre a été celle d’une farouche volonté de rester unitaires , mais SANS les homosexuelLEs. Cette vision de l’unité n’est pas la nôtre, et nous la déplorons ».

Le MDH et les associations membres du CADOS invitent donc toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par une mémoire sans exclusion à se joindre à eux le 29 avril 2007 sur le parvis du monument aux Morts de Nice pour une cérémonie complémentaire avec dépôt d’une gerbe.

A Marseille, mêmes problèmes. Christian de Leusse, de Mémoire des Sexualités, explique : « Nous étions heureux d’avoir été reçus cette année - pour la 1ère fois - en Préfecture aux côtés des associations d’anciens combattants, de déportés, d’internés et de résistants pour participer à la préparation des cérémonies commémoratives ».

« Nous avons demandé alors que les différents motifs de déportation ne soient pas oubliés dans les messages publics. Nous avons proposé aux associations de déportés de participer au dépôt de la gerbe commune. Cela nous a été refusé. »

« Pour la mémoire des nôtres, dans le respect de toutes les déportations, dans la dignité, nous déposerons après la cérémonie officielle, comme nous le faisons depuis 12 ans maintenant - nous en tenant strictement à la seule liberté qui nous est donnée - la gerbe des Triangles Roses. »

En 2001, Lionel Jospin, alors Premier ministre avait reconnu officiellement la réalité historique de la déportation des homosexuels dans un discours. En 2004, au cours d’une autre intervention, le Président de la République, Jacques Chirac, avait rappelé ce martyr. Des rencontres avec les associations de déportés en 2005 et 2006 avaient laissé espérer que la question de la participation des homosexuels était réglée. Des problèmes importants subsistent toujours.

Plus d'informations :

notre rubrique : La Déportation des homosexuels


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