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le PS et le sida ferai mauvais ménage ?

date de redaction vendredi 3 novembre 2006


Dans la dernière ligne droite de la campagne pour l’investiture du candidat socialiste en vue des présidentielles de 2007, Act Up-Paris fait une fois de plus le constat que le PS demeure parfaitement inaudible sur le sida.


Communique d’Act Up-Paris 31 octobre 2006

LE PS ET LE SIDA : MAUVAIS SOUVENIRS ET RENDEZ-VOUS MANQUES

Dans la dernière ligne droite de la campagne pour l’investiture du candidat socialiste en vue des présidentielles de 2007, Act Up-Paris fait une fois de plus le constat que le PS demeure parfaitement inaudible sur le sida. Ce dossier de presse vient rappeler 10 ans de rendez-vous manqués du PS, tant dans sa version gouvernementale que comme parti d’opposition. Si nous revenons sur ce passif, ce n’est pas pour nous satisfaire de cette déplorable comptabilité. Mais pour espérer un sursaut de la part du candidat qui sera désigné.

La lecture du Projet socialiste au regard des enjeux actuels de l’épidémie de sida en France et dans le monde est consternante. Le mot sida n’y apparaît qu’à deux reprises pour de vagues engagements. Le Parti Socialiste s’y contente de vouloir relancer une politique de prévention ciblée et d’annoncer la création d’une fondation nationale associant financement public et privé. S’agit-il aujourd’hui pour le PS de formaliser son désengagement de la lutte contre le sida ?

Pour ce qui concerne le financement de la lutte contre le sida dans le monde et des grandes épidémies, le Parti socialiste ne prend aucun engagement concret sur la manière et la hauteur à laquelle la France doit contribuer à cette politique.

Le Projet socialiste ne dit rien de la loi sur le handicap votée en 2005 alors que ses décrets et circulaires d’application ne sont en rien adaptés à la situation des personnes atteintes de pathologies lourdes. Il ne s’engage pas non plus sur une revalorisation précise de la prestation de compensation, alors que de très nombreux séropositifs, lourdement handicapés par la maladie, doivent aujourd’hui se nourrir, se loger et éventuellement se soigner avec 610,23 euros par mois. La situation sociale des personnes séropositives s’est considérablement dégradée et Act Up-Paris attend du Parti Socialiste des engagements clairs à la fois sur la reconnaissance du handicap et l’accession au logement social des personnes malades ou handicapées.

François Hollande s’était clairement engagé, suite à une importante campagne de notre association, à sortir les trans’ du champs des maladies mentales et à faciliter les changements d’état civil. Aucun de ces engagements ne figure dans le Projet du Parti Socialiste. Alors que la Loi de sécurité intérieure (LSI) de Nicolas Sarkozy a eu des conséquences sociales et sanitaires dramatiques sur les travailleurSEs du sexe, le PS prévoit d’aller encore plus loin en pénalisant les clients sans même se poser la question de l’impact de cette loi et de cette mesure sur les conditions de vie et de travail des prostituéEs.

Le manque de courage politique du PS face aux enjeux de Santé publique de l’épidémie de sida se caractérise particulièrement dans son obstination à refuser l’ouverture de la Couverture Maladie Universelle (CMU) aux étrangers sans papiers. Par peur de froisser l’opinion publique, il se contente de maintenir le dispositif de l’Aide Médicale d’Etat (AME), un régime d’exception qui exclut de fait les étrangers en situation irrégulière d’un accès aux soins satisfaisant, comme l’a récemment montré une rapport de Médecins du Monde.

Pour ce qui est du passé, et notamment du gouvernement de Lionel Jospin, le bilan est clairement consternant : stratégies de prévention pudibondes, politique sanitaire à courte vue, approche réactionnaire des questions sociétales, financement minimaliste de la recherche et des programmes d’accès aux traitements dans les pays du Sud...

Nous avons délibérément choisi de ne pas remonter trop loin dans le passé cet historique. Cela ne signifie en rien que nous oublions que Laurent Fabius fut le Premier ministre du sang contaminé ou que c’est la droite qui a mis en œuvre la politique de réduction des risques en direction des usagers de drogue (avec plusieurs années de retard sur nos voisins européens).

Il aura fallu la médiocrité cynique de l’actuel gouvernement et le populisme grand guignol du principal candidat de la majorité pour nous contraindre à replacer un peu d’espoir dans la perspective d’une alternance. C’est pour éclairer cet espoir trop emprunt de conditionnels que nous avons réalisé ce dossier de presse.

Contact presse : Emmanuel Château

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75525 Paris cedex 11
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