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Journée contre l’homophobie : Act Up exige que la France supprime sa liste des pays sûrs

date de redaction jeudi 18 mai 2006


Alors que le Parlement français vote une loi sur l’immigration qui restreint les droits des étrangers, Act Up-Paris exige que la France abandonne sa liste des pays sûrs à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie.


communiqué Act Up-Paris - 17 mai 2006

Alors que le Parlement français vote une loi sur l’immigration qui restreint les droits des étrangers, Act Up-Paris exige que la France abandonne sa liste des pays sûrs à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie.

En 2006, l’homosexualité est illégale dans 90 pays et reste passible de la peine de mort dans 9 d’entre eux. Act Up-Paris est sans cesse contraint de se mobiliser pour empêcher l’exécution de personnes LGBT persécutéEs dans leur pays. Pourtant, non seulement le ministère des affaires étrangères se contente le plus souvent d’un silence complice, mais l’ Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA), déboute toujours des demandeurs d’asile LGBT ressortissant de pays qui condamnent l’homosexualité.

La Convention de Genève de 1951 stipule pourtant que toute personne "ayant été persécutée ou craignant de l’être à raison" peut bénéficier du droit d’asile. En réalité, en France, pour prétendre au statut de réfugié, le demandeur se doit d’avoir créé une association pour la défense des droits des LGBT dans son pays d’origine ou, à défaut, démontrer (par les moyens les plus rocambolesques) en quoi son orientation peut lui être dommageable. On a vu des dossiers refusés parce que le demandeur n’était pas assez « visiblement » homosexuel.

Afin d’expédier plus rapidement les dossiers de demandeurs d’asile, l’OFPRA a établi le 30 juin 2005 avec d’autres pays de l’UE une liste de pays sûrs. Les demandes provenant de ces pays n’ont désormais plus aucune chance d’être traitées avec succès. Le fait que neuf de ces pays (le Bénin, la Bosnie Herzégovine, le Cap-Vert, le Ghana, l’Inde, le Mali, Maurice, la Mongolie ou le Sénégal) répriment ouvertement l’homosexualité n’est donc pas un critère pour l’OFPRA.

Même dans des pays où l’homosexualité n’est pas légalement réprimée, l’homophobie est la règle. En Russie, la première gay pride de l’histoire du pays doit se dérouler le 27 mai prochain : elle est actuellement menacée d’interdiction par le maire de Moscou. En Pologne, le nouveau Président de la République considère qu’il faut interdire la profession d’enseignant aux homosexuelLEs.

Cette deuxième édition de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie est l’occasion pour nous de réaffirmer l’urgence d’accorder aux LGBT l’égalité des droits partout dans le monde. Mais la France ne peut pas, dans l’état actuel des choses, faire l’impasse sur une reconnaissance accrue du droit d’asile pour les personnes LGBT persécutées.

Act Up-Paris exige :

  • du ministère de l’intérieur, qu’il retire dans les plus brefs délais une liste des "pays sûrs" criminelle parce qu’elle n’est fondée sur rien et qu’elle menace la vie de nombreux LGBT à travers le monde.
  • de l’OFPRA, qu’il ne puisse plus débouter du droit d’asile des ressortissants de pays où l’homosexualité est illégale ou passible de la peine de mort
  • du ministère des affaires étrangères, qu’il condamne systématiquement les exécutions de personnes LGBT à travers le monde

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