La France Gaie et Lesbienne
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Le grand déshomophobiage

date de redaction mercredi 17 mai 2006


Dans le style si particulier qui leur est propre, les Panthères Roses organisent un rassemblement de visibilité, et çà une séance de théâtre invisible à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie.


communiqué des Panthères roses - 15/5/2006

Ce mercredi, c’est l’idaho, la journée internationale de lutte contre l’homophobie.

Nous vous invitons à participer à un rassemblement de visibilité trans, pédé et gouine à 19h00, place de la fontaine des innocents (les halles) avec théâtre invisible mettant en scène l’homophobie quotidienne, distribution de tract et autres réjouissances déviantes.

Apparemment ça n’a pas été bien compris : "enculé" n’est pas une virgule, c’est une pratique sexuelle...

Voici le tract que nous distribuerons... Venez nombreusES !!!

BIEN SUR, VOUS N’ETES PAS HOMOPHOBE, MAIS...

Être homophobe, c’est ringard ! D’ailleurs tout le monde est contre l’homophobie, même Chirac, pourtant farouche opposant à l’égalité des droits, mais initiateur de la haute autorité bidon contre les discriminations. Même mon voisin, qui conduit pas « comme un pédé », mais qui n’a rien contre « ces gens-là »... La posture anti-homophobe cache souvent une forêt d’insultes, de lois discriminatoires, de comportements d’exclusion... qui ont la vie dure ! Être transphobe ! Hein, quoi ? Connais pas ! Ce n’est même pas condamnable par la loi !

UNE TOLERANCE SI HOMOPHOBE

La lutte contre la discrimination fait désormais partie de l’attirail de tout responsable politique qui se respecte. Rares sont ceux qui osent encore dire que les homosexuels sont « une menace pour la survie de l’humanité » (C. Vanneste, député UMP, 07/12/04) : la tendance serait plutôt à une certaine « tolérance ». Mais les « toléréEs » restent bien «  anormaux » et soigneusement maintenuEs à leur statut d’infériorité.

Loin d’être rares, les agressions homophobes, lesbophobes et transphobes ont nécessité la mise en place d’une cellule de crise par plusieurs associations. « Le climat est de plus en plus violent, explique le secrétaire adjoint de Sos Homophobie, les gens homophobes passent de plus en plus des paroles aux coups. Cette homophobie physique est symptomatique de la vague de recrudescence. » Sos Homophobie rapporte que le nombre de témoignages d’agressions physiques a été multiplié par 6 entre 2000 et 2004. Malgré sa condamnation par le tribunal de Lille, ça n’empêche pas Vanneste d’être toujours député et membre de l’UMP, et de servir de modèle aux homophobes, les confortant dans l’idée que l’homosexualité est «  inférieure » à l’hétérosexualité. Rien ne vient l’infirmer totalement : les gouines, pédés et trans n’ont pas les mêmes droits que les autres (mariage, parentalité) et les politiques continuent de nous servir des arguments rétrogrades.

Le 11 janvier dernier, 174 parlementaires UDF et UMP paniqués n’ont rien trouvé de mieux que de réaffirmer cette supériorité dans un « Manifeste pour la défense du droit fondamental de l’enfant à être accueilli et de pouvoir s’épanouir dans une famille composée d’un père et d’une mère ». Au nom de « l’intérêt supérieur de l’enfant », d’un « ordre symbolique » hétérocentré et de « conséquences anthropologiques » qui restent à démontrer, ils revendiquent un modèle parental unique, oubliant ce faisant que les familles homoparentales existent déjà (bébés Thalys, bébés PMA, bébés cuillère, bébés des ex-hétéros...). Mais s’il n’y avait que l’UMP... Ségolène Royal éprouve elle aussi le besoin de nous asséner sa « réflexion de mère » sur le sujet, avant d’expliquer qu’elle préfère « le mot union à celui de mariage pour ne pas bousculer les repères traditionnels, la famille c’est un père et une mère. » Rassurant ainsi la majorité des électeurs, sa position est encore plus conservatrice en ce qui concerne l’homoparentalité. De Chirac à Hollande, de Royal à Sarkozy, les unEs et les autres, tout en niant être homophobes, ont défendu à corps et à cri cet « ordre symbolique » menacé par des déviantEs un peu trop gourmandEs !

Plaindre les lesbiennes, les gays, les bis et les trans (LGBT) qui souffrent c’est charitable, mais mettre les normaux et les perversEs sur un rang d’égalité... JAMAIS ! Tout l’art consiste à condamner un principe flou - l’homophobie - sans toutefois le définir. Cela permet de s’en tenir à de bonnes intentions morales en jouant habilement avec les revendications LGBT... tout en ne concédant aucun droit !

« C’EST PAS UN TRUC DE PEDE »

Dire qu’un truc qui vaut rien c’est « un truc de pédé », pour bien prouver qu’un pédé ça vaut rien, tenir une banderole « CPE : contrat pour t’enculer » dans une manifestation pour dénoncer une mesure gouvernementale abjecte (MJS 94), c’est de l’homophobie. Ne pas envisager qu’une femme puisse ne pas désirer les hommes, c’est de la lesbophobie. Mépriser celui ou celle qui n’a pas l’apparence de son sexe de naissance, c’est de la transphobie. Eh oui ! Si on pense que quand on naît avec une bite on ne peut être qu’un garçon, que quand on naît avec un vagin on ne peut être qu’une fille, et cela pour toute la vie, c’est de la transphobie. Ce mépris des gais, des lesbiennes et des trans dessine trop bien les contours de la normalité hétérosexuelle. L’homme hétérosexuel, courageux, viril et avide de pouvoir... n’est pas un pédé. Affectueuse et maternelle, son « complément naturel », La femme, n’est pas une gouine moche et masculine.

Bref le « bon sens » a systématiquement besoin de se référer aux LGBT pour décrire ce qu’il ne faut surtout pas être. Ainsi, les discours sur les LGBT ne tarissent pas. Des sexologues étudiant ces comportements «  pathologiques », aux émissions de télé qui nous utilisent comme le dernier exotisme tendance... le monde parle de nous pour mieux nous voler la parole. Si les anormaux parlent, que vont-ils dire ? Qu’il est possible pour une femme de jouir sans bite. Qu’en effet monsieur aime se faire enculer. Que monsieur a de jolis pectoraux depuis sa mamectomie... Et puis quoi encore  ??? Que l’hétérosexualité ne serait pas le seul mode de vie possible, tant que vous y êtes !

Pour éviter cela tous les moyens sont bons : inégalité dans la loi, insultes au quotidien, dépréciations, invisibilisation, culpabilisation... L’homophobie, la lesbophobie, la transphobie, c’est tout ce qui permet aujourd’hui encore de maintenir le mode de vie hétérosexuel comme supérieur à tout autre.

Les Panthères roses


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