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Warning se retire de la plate-forme interassociative de prévention de l’infection VIH

date de redaction mardi 13 décembre 2005


Warning n’aura tenu que deux mois au sein de cette plate forme de prévention. Sous les coups de boutoir de l’association Act-Up elle s’en retire sur fond de discours révisionniste.


Communiqué de Warning, 12 décembre 2005

Ce jour, l’association Warning a décidé de se retirer de la plate-forme interassociative de prévention [1] à laquelle nous participions avec Act Up-Paris, Aides Ile de France, le CRIPS Ile-de-France, le SNEG et Sida Info Service

Warning avait été invité en octobre dernier à se joindre au noyau de la plate-forme à l’invitation des premiers participants dont Act Up-Paris. Mais les récentes attaques de cette association à notre égard, qui nous accuse de "participer à la légitimation d’un discours révisionniste sur le sida " créent un précédent que nous ne pouvons accepter. Cette nouvelle situation nous empêche dorénavant de contribuer aux travaux de la PIP.

Les 28 et 29 novembre dernier, Warning a organisé une conférence internationale sur le VIH et la santé gaie à l’Hôtel de Ville de Paris. Elle a réuni de nombreux chercheurs, militants associatifs et acteurs institutionnels de santé de plusieurs pays pour discuter d’une nouvelle méthode de prévention du VIH intitulée santé gaie, déjà mise en place au Canada, Suisse, Etats-Unis ou encore Australie. Lors de ces journées, Act Up-Paris, association que nous avions pourtant invité à s’exprimer dans deux tables-rondes, s’est permis d’agresser un intervenant séropositif américain en déversant un sac de boites vides de médicaments sur la tribune. Le fait de "zaper" une personne séropositive est une première. De plus Act Up a diffusé un tract ignoble qu’elle vient de reprendre sur son site internet [2] et dans le prochain numéro de son journal associatif. Dans ce texte, Act Up nous accuse d’instrumentaliser la lutte contre le sida à des fins personnelles et de promouvoir un discours révisionniste sur le sida.

Nous rappelons que Warning est une association de prévention du VIH, qui ne nie pas la réalité de l’épidémie de sida. La conférence internationale que nous avons menée est notre contribution à l’année Sida grande cause nationale. Elle a bénéficié du soutien de plusieurs organismes, dont la Direction Générale de la Santé, l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé, la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales d’Ile-de-France. L’Agence Nationale de Recherches sur le Sida a aussi apporté son soutien à la conférence. L’approche par le modèle de la santé gaie est reconnue comme porteuse d’une nouvelle dynamique de lutte contre les contaminations VIH. Mis à part Act Up-Paris, chacun des conférenciers a participé activement et de manière constructive aux débats durant les deux journées de travail.

En reprochant à Warning et aux conférenciers étrangers de la conférence d’utiliser l’appellation "post-sida" pour décrire la période actuelle que vivent les gays face au VIH, Act Up veut faire croire que Warning se désintéresse du sida. Cette appellation "post-sida" est pourtant très courante et ne fait que décrire un phénomène bien connu des chercheurs.

On qualifie la période actuelle de "post-sida", ou encore de "normalisation paradoxale du sida" pour décrire une situation qui a énormément changé par rapport aux années 80 mi-90 , appelées années de "crise" du sida. Ces changements sont dus aux succès de la prévention et à l’arrivée des multithérapies. Cette nouvelle phase de l’épidémie de sida en milieu gay qui débute au milieu des années 90 a des implications : baisse considérable de la mortalité, espoir d’une vie plus longue pour les séropositifs, réinvestissement dans la vie et la sexualité, moindre participation de bénévoles dans les associations basées exclusivement sur le modèle de l’urgence et renouvellement nécessaire de la prévention du fait de l’augmentation des pratiques à risques. Ce dernier point montre bien les limites des modèles de prévention actuels et notamment celui d’Act Up basé sur la culpabilisation, la peur et l’utilisation de thématiques morbides. L’époque "post-sida" n’est plus celle de" crise" qu’Act Up-Paris qualifiait alors d’hécatombe (avant 1995). La question principale dans le domaine de la prévention est maintenant de mettre en place des plans d’actions sur plusieurs années qui tiennent compte du contexte actuel. Ceci mine le fondement idéologique même d’Act Up-Paris dont le discours reste figé sur l’urgence.

Les discours visant à démontrer que les gays sont des irresponsables, qu’ils feraient n’importe quoi, le refus d’aborder de façon réaliste la question du bareback relèvent d’approches réactionnaires et répressives dont nous connaissons les conséquences. L’attaque menée par Act Up-Paris et sa méconnaissance flagrante des bases théoriques de la prévention montrent qu’un besoin de formation de certains bénévoles associatifs est une priorité.

Nous exigeons qu’Act Up-Paris récuse publiquement ses accusations à notre encontre.

Olivier Jablonski

Plus d'informations :

le site internet de The Warning : www.thewarning.info


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