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Homosexualité et vocation

date de redaction mercredi 30 novembre 2005


Instruction sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l’admission au séminaire et aux ordres sacrés.


INTRODUCTION

Dans la continuité de l’enseignement du Concile Vatican II et, en particulier, du décret Optatam totius sur la formation sacerdotale, la Congrégation pour l’Éducation Catholique a publié divers documents afin de promouvoir une formation adéquate et intégrale des futurs prêtres, en donnant des orientations et des normes précises sur ses différents aspects. Pendant ce temps, le Synode des Évêques de 1990 a aussi réfléchi sur la formation des prêtres dans les circonstances actuelles, avec l’intention de mieux faire appliquer la doctrine conciliaire sur ce sujet et de la rendre plus explicite et plus pertinente dans le monde contemporain. A la suite de ce Synode, Jean-Paul II avait publié l’Exhortation apostolique post-synodale Pastores dabo vobis.

À la lumière de ce riche enseignement, la présente Instruction n’entend pas aborder toutes les questions d’ordre affectif ou sexuel qui exigent un discernement attentif durant toute la période de formation. Elle donne des normes sur une question particulière, rendue plus urgente par la situation actuelle, celle de l’admission ou non au Séminaire et aux Ordres sacrés des candidats qui présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées.

1. Maturité affective et paternité spirituelle

Selon la constante Tradition de l’Église, seul un homme baptisé reçoit validement l’Ordination sacrée. Par le sacrement de l’Ordre, l’Esprit Saint configure le candidat à Jésus Christ, à un titre nouveau et spécifique : en effet, le prêtre représente sacramentellement le Christ, Tête, Pasteur et Epoux de l’Église. En raison de cette configuration au Christ, toute la vie du ministre sacré doit être animée par le don de toute sa personne à l’Église et par une authentique charité pastorale.

En conséquence, le candidat au ministère ordonné doit atteindre la maturité affective. Une telle maturité le rendra capable d’avoir des relations justes avec les hommes et avec les femmes, en développant en lui un véritable sens de la paternité spirituelle vis-à-vis de la communauté ecclésiale qui lui sera confiée.

2. L’homosexualité et le ministère ordonné

Depuis le Concile Vatican II jusqu’à ce jour, divers documents du Magistère - et particulièrement le Catéchisme de l’Église Catholique - ont confirmé l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité. Le Catéchisme distingue entre les actes homosexuels et les tendances homosexuelles.

Au sujet des actes, il enseigne qu’ils sont présentés dans la Sainte Écriture comme des péchés graves. La Tradition les a constamment considérés comme intrinsèquement immoraux et contraires à la loi naturelle. En conséquence, ils ne peuvent être approuvés en aucun cas. En ce qui concerne les tendances homosexuelles profondément enracinées, que présentent un certain nombre d’hommes et de femmes, elles aussi sont objectivement désordonnées et, souvent, elles constituent aussi une épreuve pour ces personnes. Celles-ci doivent être accueillies avec respect et délicatesse ; on évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Elles sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie et à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer.

Dans la lumière de cet enseignement, ce Dicastère, en accord avec la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements estime nécessaire d’affirmer clairement que l’Église, tout en respectant profondément les personnes concernées, ne peut pas admettre au Séminaire et aux Ordres sacrés ceux qui pratiquent l’homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent ce qu’on appelle la culture gay.

Ces personnes se trouvent en effet dans une situation qui fait gravement obstacle à une juste relation avec des hommes et des femmes. De plus, il ne faut pas oublier les conséquences négatives qui peuvent découler de l’Ordination de personnes présentant des tendances homosexuelles profondément enracinées.

Par contre, au cas où il s’agirait de tendances homosexuelles qui seraient seulement l’expression d’un problème transitoire, comme, par exemple, celui d’une adolescence pas encore achevée, elles doivent de toute façon être clairement dépassées au moins trois ans avant l’Ordination diaconale.

3. Le discernement de l’idonéité des candidats par l’Église

Deux aspects sont indissociables dans toute vocation sacerdotale : le don gratuit de Dieu et la liberté responsable de l’homme. La vocation est un don de la grâce divine, reçu par l’intermédiaire de l’Église, dans l’Église et pour le service de l’Église. En répondant à l’appel de Dieu, l’homme s’offre librement à Lui dans l’amour. Le seul désir de devenir prêtre n’est pas suffisant et il n’existe pas de droit à recevoir l’Ordination sacrée. Il appartient à l’Église - dans sa responsabilité de définir les nécessaires conditions requises pour la réception des Sacrements institués par le Christ - de discerner l’idonéité de celui qui désire entrer au Séminaire, de l’accompagner durant les années de la formation et de l’appeler aux Ordres sacrés, si l’on juge qu’il possède les qualités requises.

La formation du futur prêtre doit articuler, en une complémentarité essentielle, les quatre dimensions de la formation : humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale. Dans ce contexte, il faut noter l’importance particulière de la formation humaine, fondement nécessaire de toute la formation. Pour admettre un candidat à l’Ordination diaconale, l’Église doit vérifier, entre autres, qu’il a atteint la maturité affective du candidat au sacerdoce."

L’appel aux Ordres est de la responsabilité personnelle de l’Évêque ou du Supérieur Majeur. En tenant compte de l’avis de ceux à qui ils ont confié la responsabilité de la formation, l’Évêque ou le Supérieur Majeur, avant d’admettre à l’Ordination le candidat, doivent parvenir à un jugement moralement certain sur ses qualités. Dans le cas d’un doute sérieux sur ce point, ils ne doivent pas l’admettre à l’Ordination. Le discernement de la vocation et de la maturité du candidat est aussi un grave devoir du recteur et des autres formateurs du Séminaire. Avant chaque Ordination, le recteur doit exprimer son jugement sur les qualités du candidat requises par l’Église.

Dans le discernement de l’idonéité à l’Ordination, un rôle important est dévolu au directeur spirituel. Tout en étant tenu au secret, il représente l’Église au for interne. Lors des entretiens avec le candidat, le directeur spirituel doit notamment rappeler les exigences de l’Église en ce qui concerne la chasteté sacerdotale et la maturité affective spécifique du prêtre, et aussi l’aider à discerner s’il a les qualités nécessaires. Il a l’obligation d’évaluer toutes les qualités de la personnalité et de s’assurer que le candidat ne présente pas de troubles sexuels incompatibles avec le sacerdoce. Si un candidat pratique l’homosexualité ou présente des tendances homosexuelles profondément enracinées, son directeur spirituel, comme d’ailleurs son confesseur, ont le devoir de le dissuader, en conscience, d’avancer vers l’Ordination.

Il reste entendu que c’est le candidat lui-même qui est le premier responsable de sa propre formation." Il doit se soumettre avec confiance au discernement de l’Église, de l’Évêque qui appelle aux Ordres, du recteur du Séminaire, du directeur spirituel et des autres éducateurs du Séminaire auxquels l’Évêque ou le Supérieur Majeur ont confié la mission de former les futurs prêtres. Il serait gravement malhonnête qu’un candidat cache son homosexualité pour accéder, malgré tout, à l’Ordination. Un comportement à ce point inauthentique ne correspond pas à l’esprit de vérité, de loyauté et de disponibilité qui doit caractériser la personnalité de celui qui estime être appelé à servir le Christ et son Église dans le ministère sacerdotal.

CONCLUSION

Cette Congrégation confirme la nécessité pour les Évêques, les Supérieurs Majeurs et tous les responsables concernés de se livrer à un discernement attentif de l’idonéité des candidats aux Ordres sacrés, et cela depuis l’admission au Séminaire jusqu’à l’Ordination. Ce discernement doit être accompli à la lumière d’une conception du sacerdoce ministériel en conformité avec l’enseignement de l’Église. Les Évêques, les Conférences Épiscopales et les Supérieurs Majeurs veilleront à ce que les normes de cette Instruction soient fidèlement observées pour le bien des candidats eux-mêmes et pour assurer toujours à l’Église des prêtres idoines, vrais pasteurs selon le Coeur du Christ.

Le Souverain Pontife Benoît XVI a approuvé la présente Instruction le 31 août 2005 et il en a ordonné la publication.

Rome, le 4 novembre 2005, en la mémoire de S. Charles Borromée, Patron des Séminaires.

ZENON Card. GROCHOLEWSKI
Préfet

J. MICHAEL MILLER, C.S.B.
Archevêque tit. de Vertara
Secrétaire

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Instruction sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuells en vue de l’admission au séminaire et aux ordres sacrés
Version italienne annotée.

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