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Annulation du Garance Reggae Festival

date de redaction vendredi 1er juillet 2005


Les organisateurs doivent en assumer la responsabilité, estime l’Inter-LGBT.


communiqué Inter-LGBT -30/6/2005

La direction du Parc des expositions de la porte de Versailles a souhaité annuler le Garance Reggae Festival, "en raison notamment des risques de troubles à l’ordre public", évoquant une "mobilisation forte de la communauté homosexuelle, des associations contre le racisme et des médias".

L’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT) n’a jamais demandé l’annulation du festival. Elle a demandé avec plusieurs autres associations que Sizzla, dont il faut encore rappeler la violence des paroles de ses chansons, soit déprogrammé du festival. Pour ce faire, l’Inter-LGBT n’a eu recours qu’aux moyens démocratiques que sont l’interpellation publique, la pédagogie et l’appel au sens des responsabilités. Il s’est avéré que cette option, qui a été celle de l’ensemble des associations qui sont intervenues dans les différentes villes de France, a été couronnée de succès : les propriétaires de salle ont accepté pour la plupart de bon gré de renoncer à laisser des chanteurs homophobes se produire sur scène.

L’Inter-LGBT s’étonne donc que le risque de trouble à l’ordre public soit invoqué : on laisse supposer de possibles incidents provoqués par les associations de lutte contre l’homophobie sur les lieux du festival, alors qu’il n’a jamais été question pour l’Inter-LGBT d’appeler à de tels agissements. L’Inter-LGBT a toujours refusé d’impliquer la préfecture de police ou le ministère de l’Intérieur, écartant d’emblée cette arme facile de la menace à l’ordre public, qui ne fait rien avancer et qui attise les tensions. Le directeur général de Garance Production, donne d’ailleurs des raisons sensiblement différentes à cette annulation, dans le Monde daté du 30 juin : "Sizzla était la tête d’affiche. On risquait de devoir rembourser les billets, avec cette fois de vrais troubles à l’ordre public."

Le Parc des expositions et Garance Production peuvent certes s’être entendues pour invoquer des "risques de troubles à l’ordre publique" afin de donner un motif juridiquement valable à l’annulation du festival, et faciliter ainsi diverses indemnisations. Mais il reste inacceptable que ces risques soient imputées aux associations. Le Parc des expositions et Garance Production doivent assumer eux-mêmes la responsabilité d’annuler le festival, ce que personne ne réclamait. De même qu’ils doivent assumer le risque d’avoir placé en tête d’affiche un chanteur à l’homophobie revendiquée.

L’Inter-LGBT reconnaît à plusieurs acteurs majeurs de la scène reggae (chanteurs, producteurs, journalistes) de claires prises de distances avec l’homophobie que d’autres essayent pourtant de présenter comme essentielle à cette culture. Elle est convaincue que le public français ne partage pas cette homophobie dans sa très large majorité. Elle espère que la prise de conscience tardive des différents producteurs de concert les conduira à proposer à leurs publics des programmations sans tête d’affiche homophobe, afin que la culture reggae puisse librement s’exprimer en France.

L’Inter-LGBT s’associera aux initiatives de ses partenaires visant à convaincre les artistes de prendre des engagements contre l’homophobie. Enfin, elle initiera à la rentrée une campagne de sensibilisation contre l’homophobie violente qui sévit en Jamaïque, dont les affaires récentes ne sont que le révélateur.

Alain Piriou, porte-parole


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