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Journée du Souvenir du 24 avril 2005 : l’Inter-LGBT appelle à la commémoration de la déportation

date de redaction mercredi 9 mars 2005


communiqué de presse Inter-LGBT - 4/3/2005

Entre 1933 et 1944, les homosexuels d’Europe ont été raflés, torturés, expulsés ou envoyés en camp par les nazis, principalement sur le territoire du IIIe Reich, dont l’Alsace et la Moselle. De 100 000 à 150 000 homosexuels ont été arrêtés par les nazis entre 1933 et 1944, au titre du paragraphe 175 du Code pénal allemand ; dix à quinze mille d’entre eux ont été déportés en camp de concentration, où ils portaient un triangle rose, pointe en bas ; les deux-tiers sont morts entre les barbelés avant la victoire des Alliés.

Alors que ces persécutions ont longtemps été laissées dans l’ignorance, ces dernières années ont vu peu à peu une reconnaissance officielle. Le 26 avril 2001, par un discours du Premier ministre, la France prenait acte de cette déportation sur la base d’un rapport de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, publié en novembre 2001, qui établissait un premier relevé de 210 noms de personnes d’Alsace et de Moselle, déportées au motif d’homosexualité. Tirant les conséquences de cette expertise historique, la cérémonie au Mémorial national de l’Île de la Cité intégrait en 2002 le triangle rose dans sa symbolique définitive, et 2004 aura vu, du moins à Paris, l’intégration des représentants des associations LGBT à la cérémonie officielle sur l’Île de la Cité.

Le 10 février 2005, une délégation de l’Inter-LGBT et du Mémorial de la déportation homosexuelle rencontrait le bureau de la Fédération Nationale des Déportés, Internés et Patriotes, qui est la principale fédération d’anciens déportés. L’Inter-LGBT a affirmé sa volonté de ne plus procéder à terme à un dépôt de gerbe spécifique en marge de la cérémonie officielle, comme le souhaitent les représentants de la FNDIRP, afin de s’intégrer pleinement à la cérémonie officielle.

Toutefois, les conditions d’une telle décision ne sont aujourd’hui pas réunies, des difficultés subsistant pour une pleine reconnaissance des persécutions vécues par les personnes homosexuelles. C’est ainsi que, par un vote unanime, le 19 février 2005, le Conseil de l’Inter-LGBT a formulé trois demandes, adressées au gouvernement :

- l’organisation des différentes cérémonies du Souvenir est très différente d’une région française à l’autre, et les associations LGBT ne sont pas partout accueillies et intégrées à la cérémonie officielle : il convient donc de garantir dans chaque préfecture la prise en compte de la déportation homosexuelle, au sein d’une cérémonie laïque et uniforme sur le territoire national ;

- les travaux de recherche historique sur l’histoire de la déportation sont loin d’être achevés, et le gouvernement doit leur permettre d’être complétés, tout particulièrement en ouvrant enfin les archives de la police et de l’armée et en missionnant une nouvelle commission d’experts ;

- enfin, les associations de l’Inter-LGBT demandent la pose d’une plaque commémorative rappelant la déportation homosexuelle aux côtés de toutes celles qui sont déjà présentes au camp alsacien du Struthof, pour inviter au souvenir de tous les déportés, sans exception.

L’Inter-LGBT participera à la cérémonie officielle du 24 avril à Paris en mémoire de tous les déportés. Elle appelle en outre à un rassemblement digne et silencieux sur le même lieu, sur l’Île de la Cité. Elle en définira les modalités en fonction des réponses que le gouvernement apportera à ses revendications.

Pour l’inter-LGBT
Alain Piriou, porte-parole


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