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Quel avenir pour la charte de responsabilité ?

date de redaction vendredi 28 janvier 2005


The Warning s’inquiète de la tendance qu’ont les sex clubs a ne plus s’engager pour lutter contre les infections sexuellement transmissibles.


communiqué de presse Warning - 26 janvier 2005

Le 24 janvier dernier, Act Up-Lyon a lancé l’alerte sur la sortie de la charte de responsabilité pour la prévention du VIH/sida, d’un sauna gay de la métropole lyonnaise. Ce sauna a été racheté récemment par le propriétaire de trois autres saunas gays marseillais.

Ces saunas marseillais ont toujours refusé d’entrer dans la charte de responsabilité. Au delà de la décision du sauna lyonnais, c’est l’extension de ce genre de pratique à d’autres villes françaises qu’il faut craindre. Ainsi à Clermont-Ferrand, un sauna est sorti cette année de la charte.

L’alerte d’Act Up-Lyon a suscité peu d’émois à la fois dans la presse et de la part des autorités publiques. Pourtant, il faut rappeler que la charte a été négociée entre plusieurs associations de lutte contre le sida, le Sneg et des représentants de la DDASS et de la Direction générale de la santé (DGS).

La charte mise en place par Aides, Act Up, Sida Info Service et le Sneg définit les engagements des établissements signataires face à l’épidémie de sida et des infections sexuellement transmissibles (IST). Elle comprend les obligations suivantes :

  • Respect des normes d’hygiène et d’entretien des locaux.
  • Accès à l’information et à la prévention à l’intérieur de l’établissement.
  • Formation des personnels sur le VIH/sida et les IST et protection de ceux-ci contre les discriminations liées à la séropositivité.

Les problèmes liés à la charte résultent en particulier du manque de moyens octroyés par les pouvoirs publics et mis en oeuvre par les associations signataires et le SNEG. Il n’est pour l’instant pas possible d’établir une évaluation de tous les établissements sur le territoire français et d’inciter les récalcitrants à respecter les critères de la charte. L’autre faiblesse reste tout de même celle liée à l’un des signataires, le SNEG, puisque celui-ci est désavantagé dans sa tâche du fait qu’il est aussi le syndicat patronal pour ce secteur d’activité. Et comment peuvent réagir les gays puisque les évaluations de chaque établissement ne sont pas rendues publiques au moment où l’appartenance à la charte est présentée dans la presse comme un label commercial de qualité ?

Le retrait de la charte par plusieurs sex-clubs est un événement révélateur de la faiblesse fondamentale de cette charte et met en lumière la position ambiguë des pouvoirs publics. De fait, rien n’oblige aujourd’hui un établissement de sexe à suivre les recommandations de la charte. Les pouvoirs publics se dédouanent donc à bon compte de leurs responsabilités en matière de prévention du VIH/sida, des IST et aussi d’hygiène.

Que comptent faire la DGS et les Directions Régionales des Affaires Sanitaires et Sociales face à la mise en péril de la charte ?

Warning demande la mise en place d’une réglementation publique sur les obligations de prévention et d’hygiène que doivent avoir les établissements de sexe gays ou hétérosexuels et la création d’une structure de contrôle associée réellement efficace.

Plus d'informations :

le texte de la charte : http://www.sneg.org/index.php?optio...


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