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Huit membres d’Act Up en procès

date de redaction mercredi 26 janvier 2005


L’association appelle à un rassemblement de soutien devant le Palais de Justice de Paris pour que cette première judiciaire ne passe pas inaperçue.


communiqué d’Act Up - 19/1/2005

Le jeudi 27 janvier, huit membres d’Act Up-Paris passeront au Tribunal de Grande Instance de Paris au motif “ d’avoir volontairement dégradé un bien classé ou inscrit, le palais de l’Elysée (monument historique), appartenant à la présidence de la République, dégradation dont il est résulté un dommage grave [...] ”..

En 15 ans d’activisme, c’est la première fois qu’une action d’Act Up-Paris contre une institution publique conduit à un procès de ce type. Il s’agit bel et bien d’une tentative d’intimidation pour nous faire comprendre que le Président de la République serait intouchable et n’aurait aucun compte à rendre sur la politique qu’il mène en matière de lutte contre le sida.

Nous appelons à un rassemblement, le jour même, à 10 heures, devant le Palais de justice, pour dénoncer la criminalisation de l’activisme et rappeler qu’au vu de la politique menée par Chirac, les pouvoirs publics ont mieux à faire en matière de lutte contre le sida que de faire des procès à ceux et celles qui luttent contre la pandémie.

Les faits

Le mardi 30 novembre 2004, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le sida, à 10 heures du matin, ces militantEs ont manifesté devant l’Elysée. Du faux sang a été jeté sur les grilles et la façade. En fait de “ dommage grave ”, ce liquide teint avec des colorants alimentaires était intégralement nettoyé en fin de matinée. La qualification du délit prouve donc bien qu’il s’agit d’une mesure d’intimidation.

Les activistes ont été arrêtéEs et placéEs en garde à vue pendant 24 heures, dans des conditions déplorables ( propos transphobes, homophobes et sexistes, couchage à terre avec 2 couvertures pour 8 personnes, difficultés à se faire administrer des traitements antirétroviraux, refus d’un accès aux toilettes pour une personnes sous traitements souffrant de diarrhées, etc.).

Les raisons d’un zap

Les raisons de dénoncer publiquement le Président de la République sont nombreuses :

  • Jacques Chirac et son gouvernement ont démantelé l’Aide Médicale d’Etat et privent les étrangerEs sans papierEs de soins gratuits. La remise en cause de ce dispositif s’apparente à une véritable application du principe de préférence nationale au système de santé. Elle compromet l’accès au dépistage et aux soins pour une population particulièrement vulnérable au vih et aux autres épidémies.
  • Jacques Chirac et son gouvernement appliquent une réforme de la Sécurité sociale hostile aux malades et aux handicapéEs, et qui, notamment, instaure une véritable taxe sur la maladie en mettant en place un forfait non remboursable de un euro par consultation et par acte médical.
  • Malgré ses promesses, le handicap n’est pas une priorité de Jacques Chirac ni de son gouvernement : le montant de l’Allocation Adulte Handicapé est toujours inférieure à la moitié de celui du SMIC.
  • Jacques Chirac renie ses engagements internationaux en matière de la lutte contre le sida. En juin 2001, il avait promis que la France contribuerait aux 10 milliards de dollars indispensables pour enrayer la pandémie. Or, la contribution des pays riches n’atteint pas 4 milliards de dollars en 2004. Jacques Chirac en est le premier responsable : France ne verse aujourd’hui que 150 millions d’euros, quand les Royaumes Unis contribuent à hauteur de 700 millions d’euros par an.

Les promesses non tenues de Chirac sont légion. En ce qui concerne le sida, ses mensonges tuent.

Combattez le sida, pas les malades, pas les activistes

Alors même que le sida a été déclaré grande cause nationale, il est scandaleux que la colère légitime et le combat des séropositifVEs, des militantEs soient ainsi criminaliséEs. Ni Jacques Chirac, ni son gouvernement, ni les pouvoirs publics, ne nous feront taire. Nous continuerons au contraire à leur demander des comptes sur les politiques de santé publique menées contre les malades ainsi que sur les promesses non tenues.

Nous appelons donc à un rassemblement :

  • pour manifester notre soutien et notre solidarité envers les 8 militantEs inculpéEs ;
  • pour dénoncer la criminalisation des actions de désobéissance civile ;
  • pour condamner la politique menée par Jacques Chirac et ses promesses non tenues.

Rassemblement le 27 janvier à 10 heures
devant le Palais de justice - Métro Cité


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