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Les Panthères roses s’invitent à la CNCDH

date de redaction jeudi 2 décembre 2004


Les Panthères Roses sont très en colère. Elles jugent la CNCDH vendue à l’Eglise catholique, et déplorent que le gouvernement en profite pour se défiler. Alors, elles zappent !


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exemple de tract semé par les Panthères roses devant la CNCDH

communiqué des Panthères roses - 1er décembre 2004

Mercredi 1er décembre, une dizaine de Panthères roses s’est rendue au siége du CNCDH [1] (35 rue St Dominique, 75007) pour placarder sur sa façade des affiches indiquant « CNCDH vendue à l’église catholique » et scander des slogans tel que « Les pédés au bûcher, les gouinasses dans les camps : c’est ça pour vous la liberté d’expression ? ». Elles entendaient protester contre l’avis rendu par la CNCDH qui demandait au gouvernement le retrait du projet de loi condamnant les insultes homophobes et sexistes.

En effet, dans cet avis la CNCDH écrit, « il n’est pas démontré que l’orientation sexuelle d’une personne ou d’un groupe d’individus génère une vulnérabilité nécessitant une protection spécifique de l’Etat ». Les insultes, les nombreuses agressions physiques, les meurtres, dont sont l’objet les lesbiennes, les gais, les bis et les trans (transexuelLEs et transgenres) seraient donc imaginaires ? Les mortEs, les brûléEs vifVEs, les tabasséEs apprécieront. C’est sans doute pour des raisons géographiques que Sébastien Nouchet a été aspergé d’essence et brûlé au troisième degré dans le Pas-de-Calais, le 16 janvier dernier ! Alors que la loi contre le racisme et l’antisémitisme permet de combattre la banalisation des propos racistes et antisémites, il est surprenant que la CNCDH s’oppose à la mise en place d’un outil similaire pour lutter contre le sexisme, l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie.

Les appels aux meurtres, les incitations à la haine homophobe (« les pédés au bûcher [2] », « Les gouinasses dans les camps » [3]...) relèveraient donc pour la CNCDH de la « liberté d’expression ».

C’est pourtant bien ce contexte de dépréciation par l’insulte qui « légitime » les agressions (homophobes, lesbophobes, transphobes, sexistes). Pourquoi se priver de « casser » du pédé puisqu’il est de bon ton - et légal ! - de les traiter de tous les noms ? Et c’est bien ce climat qui crée les situations d’exclusion et de mal-être, comme en attestent les taux anormalement élevés de tentatives de suicides parmi les jeunes gays et lesbiennes.

En outre, affirmer que l’orientation sexuelle ne serait pas une « composante identitaire au même titre que l’origine ethnique, la nationalité, le genre sexuel, voire la religion » constitue plus qu’une hiérarchie des identités, c’est un déni des existences mêmes des lesbiennes, des gais, des bis et des trans !

Mais tout s’explique : à l’avis rendu par la CNCDH est annexé la position du Cardinal Jean-Marie Lustiger, membre de la CNCDH. Dès lors, comment la CNCDH peut-elle encore être crédible ? La CNCDH a seulement voulu défendre la liberté d’expression de l’église catholique, qui s’inquiétait de la possible disparition de son fond de commerce d’opposition au mariage des couples de même sexe.

Réussi : la CNCDH est désormais aussi homophobe que l’église catholique.

S’il ne s’agissait que de positions... Mais le projet initial de loi contre l’homophobie et le sexisme a été retiré suite à l’avis rendu par CNCDH. Cet avis était le cadeau inouï que le gouvernement attendait pour se débarrasser d’un projet de loi qu’il n’a jamais souhaité porter malgré ses promesses à répétitions.

Nous exigeons :

  • Que le gouvernement dépose le projet de loi tant de fois promis,
  • Que la CNCDH se laïcise ou disparaisse.

Notes :

[1] Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme

[2] Insulte proférée lors des manifestations "anti-pacs" de 1999

[3] Insulte proférée lors du mariage de Bègles


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