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Sexisme et homophobie : quelle définition des droits humains ?

date de redaction lundi 22 novembre 2004


Homosexualités Et Socialisme (HES) exprime sa vive condamnation de l’avis négatif que vient d’émettre la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) sur le projet de loi pénalisant les propos discriminatoires, notamment sexistes ou homophobes.


communiqué de presse d’Homosexualités Et Socialisme - 19 novembre 2004

Le 18 novembre 2004, la CNCDH a demandé le retrait du projet de loi pénalisant les propos discriminatoires. Elle justifie son avis en avançant deux arguments : le projet de loi viendrait altérer l’universalisme des droits humains d’une part, et il porterait atteinte à la liberté d’expression d’autre part.

HES rappelle que le projet de loi vient compléter un arsenal législatif existant, quoiqu’insuffisant, qui va de l’article 225-1 du code pénal français à la Charte européenne des droits fondamentaux. Si le projet de loi remet en cause l’universalisme des droits humains, comme le prétend la CNCDH, faut-il alors supprimer tous ces textes ? HES défend l’universalisme des droits humains - un universalisme réel, tolérant et moderne - qui reconnaît la spécificité de chaque discrimination, mais assure également une universalité de traitement et donc de pénalisation de chaque acte ou propos discriminatoire.

HES rappelle que les propos racistes et antisémites ne sont pas considérés en France et en Europe comme des opinions portant atteinte à la liberté d’expression mais, à juste titre, comme des opinions inacceptables. En serait-il autrement pour les propos sexistes ou homophobes comme le sous-entend l’avis de la CNCDH ? HES refuse que soit institutionnalisée une hiérarchie entre les discriminations, et estime que ce projet de loi ne porte pas atteinte à la liberté d’expression. Il sera toujours possible de discuter de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels ou de l’homoparentalité mais sera puni tout appel à la haine ou toute insulte des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur sexe.

HES remarque enfin que la CNCDH a annexé à son avis la position du Cardinal Lustiger, qu’elle approuve ainsi de fait. Ce faisant, elle se discrédite définitivement, en oubliant son caractère laïc et républicain pour épouser les références idéologiques de l’église catholique, et elle offre une relative caution aux opposants les plus réactionnaires et conservateurs de ce projet de loi. Rappelons que les appels à la haine, qu’elles soient à l’encontre des femmes, des gais, des lesbiennes ou des trans, entraînent souvent des passages à l’acte de triste mémoire.

Alexandre Carelle


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