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Loi contre les propos homophobes : l’Inter-LGBT dénonce la mauvaise foi de l’UMP et de l’Eglise catholique

date de redaction mardi 9 novembre 2004


L’Inter-LGBT demande au gouvernement de présenter ce projet de loi au parlement sans plus attendre, et de l’améliorer.


communiqué Inter-LGBT - 8 novembre 2004

Lors de son discours d’ouverture de la conférence des évêques de France à Lourdes, ce jeudi 4 novembre, Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France, s’est inquiété de qu’on voudrait "supprimer la liberté d’expression". Cette vertueuse préoccupation est relayée par plusieurs députés UMP, comme Jean-Paul Garraud, qui s’est exprimé la semaine dernière dans le même sens.

Le projet de loi du gouvernement propose de pénaliser les propos discriminatoires, notamment ceux fondées sur l’orientation sexuelle, comme les injures, les diffamations et les provocations à la haine, à la violence et à la discriminations, de la même manière que le sont aujourd’hui les propos racistes ou antisémites. Ce faisant, on reproche au projet de loi de vouloir brider les débats de société, notamment ceux sur la reconnaissance de l’homoparentalité ou sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Ceux qui, à coup d’arguments d’autorité et de vérités révélées, ont toujours refusé tout débat sur la reconnaissance des couples et des familles homosexuelles découvrent subitement les vertus de la liberté d’expression et du débat démocratique.

Pourtant, pas plus que les lois antiracistes n’ont empêché le débat politique sur le droit d’asile, les lois sur l’immigration ou le port des signes religieux à l’école, ce texte n’empêchera le débat public sur les questions liées à l’homosexualité. Pour les associations membres de l’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans, au contraire, le débat sur le mariage et l’homoparentalité doit être le plus libre possible : il s’agit bien de convaincre et non de contraindre l’opinion à l’égalité des droits.

Le projet de loi du gouvernement ne fait qu’étendre à d’autres discriminations le dispositif antiraciste. S’y opposer, c’est assumer l’idée que la haine sexiste ou homophobe, qui provoque agressions, harcèlements et suicides, est moins grave que la haine raciste.

L’Inter-LGBT demande au gouvernement de présenter ce projet de loi au parlement sans plus attendre, et de l’améliorer pour que le droit de réponse soit ouvert aux associations comme il l’est déjà pour les propos racistes, et que la lutte contre le sexisme et la transphobie soit intégrée au texte. L’Inter-LGBT attend également de la majorité que ses engagements soit tenus. Dans un communiqué de presse publié le 24 juin 2004 par l’UMP, on pouvait lire : "L’UMP se réjouit de la décision du Premier ministre, annoncée ce matin aux associations, de présenter le projet de loi pénalisant les propos homophobes et sexistes avant la fin de la session parlementaire extraordinaire" (sic).

Alain Piriou, porte-parole


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