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Agression homophobe à Marseille : David raconte

date de redaction jeudi 19 août 2004


David Gros, étudiant de 26 ans, relate son calvaire et livre les premiers éléments de l’enquête à laquelle se sont livré ses amis.


communiqué - Marseille le 17 août 2004

David Gros, 26 ans, étudiant demeurant à Marseille, est victime le samedi 14 août 2004, d’une agression homophobe perpétrée en réunion, avec armes par destination, dans le quartier de Saint-Giniez (Marseille 8°).

Une plainte contre X a été déposée au Commissariat du 5° arrondissement de Marseille le 16 août 2004 (réf. 2004/003018/005)

David souffre de multiples traumatismes, de quatre fractures au niveau du visage et plusieurs dents cassées.

Voici le témoignage de David, qui a servi au dépôt de plainte :

« Marseille, hôpital La Timone, lundi 16 août 2004.

Dans la nuit du vendredi 13 août, au samedi 14 août 2004, en rentrant chez moi, en voiture, je croise un copain, Alain, au niveau du boulevard Raphaël Ponson, 8°. Nous échangeons quelques mots à travers la vitre de ma voiture et, comme la conversation s’engage, je le rejoins pour faire quelques pas ensemble. Nous marchons dans la cité du groupe Etienne Millan, quand un groupe de huit à dix jeunes déboule entre deux immeubles. Ils sont âgés entre 16 et 20 ans. Ils nous prennent à partie et cherche à en venir aux mains.

Vu, leur nombre et leur agressivité à mon égard (ils ne touchaient pas à Alain qui mesure 1m 95), je prends peur et m’enfuis en courant dans la cité pour tenter de rejoindre ma voiture. Ne connaissant pas le quartier, et malgré le fait que j’ai couru plus vite qu’eux, j’arrive sur une impasse où ils me retrouvent.

Ces jeunes que je n’avais jamais vu se dirigent vers moi, m’insultent en disant « sale pédé, on va t’arranger » et me tabassent.

Deux sont armés d’un casque et un autre tient une barre de fer. Je cherche à fuir, à me défendre, mais ils sont trop nombreux et les coups trop puissants. Je tombe à terre et perds connaissance très rapidement. J’ai aujourd’hui un trou de mémoire sur ce qui s’est ensuite passé. Je me retrouve sur une artère principale, ensanglanté et contusionné, essentiel sur le visage. J’aperçois trois jeunes qui sortent d’une voiture, les interpelle et leur demande d’appeler les secours. Le jeune homme, Renaud, avec les deux jeunes filles, me tiennent éveillé jusqu’à l’arrivée de l’ambulance. La brigade anti-criminalité a été prévenue et a recueilli le témoignage d’Alain. Je suis conduit aux urgences de Sainte-Marguerite. On effectue un scanner qui révèle que mon cerveau ne présente pas de lésion irréversible. Mon oeil gauche devrait être préservé. Les médecins urgentistes diagnostiquent de multiples fractures au visage. Je suis conduit à la Timone, au service maxillo-facial du Professeur Blanc. Je dois être opéré.

Je suis étudiant en Administration Economique et sociale à la Faculté d’Economie appliquée et j’avais trouvé un travail d’été à Alinéa dans la zone commerciale d’Aubagne. »

L’endroit où David a été agressé est connu comme étant un des espaces publics où des personnes homosexuelles aiment à se rencontrer.

Les personnes interrogées sur place nous ont appris que les agressions à l’encontre de personnes homosexuelles étaient fréquentes (jets de pierres, insultes, crachats, ...). La Police nous a confirmé avoir enregistré dernièrement une plainte pour une agression homophobe dans le même quartier, même si la violence qu’a subie le jeune homme est sans commune mesure avec la sauvagerie endurée par David.

Après une opération maxillo-faciale, qui s’est déroulée lundi 16/08/2004 au service du Professeur Blanc à l’hôpital de la Timone (Marseille), David conserve les deux mâchoires collées par des bridges métalliques. Il s’alimente avec des bouillies par une paille et devrait rester les deux mâchoires soudées pendant 4 à 8 semaines.

Les fractures du visage concernent le maxillaire supérieur, la pommette gauche, l’arcade sourcilière gauche, ainsi que le nez. Plusieurs points ont dû lui être fait au niveau de la paupière, des lèvres et du menton.

Les amis de David se réunissent pour rédiger un communiqué commun qu’ils publieront demain. Ils lui témoignent toute sa sympathie, sa solidarité et lui font part de son horreur et sa révolte face à l’agression sauvage dont il a été victime.

Contact avocats : Maître Alain Molla (ou Maître Bass, associé) : 04 91 33 31 75


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