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Problématique fête de la musique dans les bars gays du Marais

date de redaction vendredi 18 juin 2004


Le Syndicat National des Etablissements Gais fait le point sur les rumeurs d’interdiction de la Fête de la Musique dans certains établissements de la rue des Archives à Paris.


communiqué du SNEG - 17/4/2004

Une information, suite à un communiqué de presse adressé aux médias identitaires gays, fait état d’une interdiction de la Fête de la Musique rue des Archives. Parallèlement, une pétition circule dans les établissements, visant à une levée de cette interdiction de la Préfecture de Police de Paris.

Dans ce contexte particulièrement agité, le SNEG tient à apporter les précisions suivantes.

Comme chaque année, suite à une demande d’autorisation exceptionnelle dans le cadre de la Fête de la Musique, le SNEG a reçu, précisément le 16 février 2004, une lettre du Préfet de Police autorisant « des animations sur la voie publique jusqu’au 0 h 30 », horaire fixé en raison du déroulement de ladite fête un lundi soir, autorisant également « l’ouverture des débits de boissons toute la nuit avec la possibilité de maintenir une animation musicale en intérieur jusqu’à 2 h ».

La photocopie de cette autorisation exceptionnelle a été adressée le 31 mars dernier à l’ensemble des débits de boissons adhérents du SNEG ne disposant pas d’une autorisation permanente d’ouverture tardive. Désireux de réaliser une animation musicale commune avec l’Open Café, le Café Cox, conformément à la réglementation, a adressé une déclaration d’animation musicale accompagnée d’un dossier technique complet en Préfecture de Police le 20 mai.

Le 26 mai par téléphone, puis le 28 mai par courrier, la Préfecture de Police a informé le Café Cox qu’ « en raison de l’exiguïté des trottoirs et des risques prévisibles de débordement sur la chaussée en cas d’installations en extérieur, il ne peut être donné suite à cette demande », la Préfecture invitant « à reconduire la participation à la Fête de la Musique dans des conditions identiques à celles des années précédentes ».

Enfin, ce 9 juin, le Commissariat du 4è arrondissement, informé par la Préfecture du refus d’autorisation pour une animation telle que demandée par le Café Cox et l’Open Café, a invité les deux établissements par Procès Verbal remis en mains propres, à se conformer aux termes de ce courrier du 28 mai.

Interlocuteur de l’ensemble des services de la Préfecture de Police exerçant toute autorité, exception faite du droit de terrasse, sur les débits de boissons, et médiateur de tous les dossiers opposant ses adhérents aux pouvoirs publics, le SNEG tient à préciser que :

  • Contrairement aux termes du communiqué de presse et de la pétition en circulation, la Fête de la Musique n’est pas interdite rue des Archives.
  • Si la demande d’animation musicale tel que présentée par le Café Cox et l’Open Café a été refusée, ces deux établissements sont autorisés à assurer une animation selon les termes, effectivement imprécis, du courrier daté du 16 février, à savoir une animation légère pour une diffusion de musique par amplis à hauteur raisonnable de décibels, exercée sur son seul droit de terrasse et sans empiéter ni sur le trottoir, ni encore moins sur la chaussée, jusqu’à 0 h 30.
  • Si le Café Cox et l’Open Café estiment être cette année être entravés dans leur demande d’animation musicale par rapport aux années précédentes, la Préfecture de Police a indiqué au SNEG que les précédentes demandes d’autorisation avaient elles aussi été rejetées et que leur éventuelle mise en place aurait alors déjà constitué une infraction. Force est de constater qu’aucune infraction n’a été relevée les années précédentes par les services de police, et que l’an dernier, le Café Cox et l’Open Café étaient restés dans les strictes limites de ce qui leur avait été autorisé.
  • Des plaintes et des accidents corporels ayant été enregistrés l’an passé sur l’axe de la rue des Archives, la Préfecture de Police a ainsi justifié au SNEG son souci de voir respecter ses décisions. Quant au commissariat du 4è arrondissement, la remise en mains propres du Procès Verbal enjoignant les deux établissements à se conformer cette année aux termes du courrier de la Préfecture de Police, témoigne de l’actuel crispation des rapports entretenus entre les établissements et les services de police (demandes de proposition de fermeture administrative, plaintes de voisinage et constats de tapages nocturnes...)
  • Bernard Bousset, exploitant de l’Open Café, président fondateur du SNEG, ayant perçu ce climat de crispation, a d’ailleurs décidé de se retirer du projet commun initialement mis en place avec le Café Cox.

Destiné à assurer la représentation de ses adhérents, le SNEG, soutient l’initiative du Café Cox et de l’Open Café, dans leur désir d’animer et de dynamiser la vie commerciale du quartier et notamment, de la rue des Archives. C’est pourquoi il a adressé un courrier à Renaud Donnadieu de Vabres, Ministre de la Culture, ainsi qu’à Christophe Girard, ajoint au maire de Paris, chargé de la Culture, s’étonnant de la décision de la Préfecture de Police et leur demandant de soutenir l’initiative du Café Cox. Toutefois, le rôle du SNEG est aussi de prévenir ses adhérents des risques potentiels auxquels ils s’exposent en contrevenant aux dispositions légales permanentes et autorisation ponctuelles délivrées par les pouvoirs publics, ce que le SNEG n’a pas manqué de faire auprès du Café Cox, qui demeure au final, souverain de ses décisions.

Si la Fête de la Musique constitue à la fois un rendez-vous festif permettant à des quartiers de pouvoir assurer leur image de marque, assurant aux établissements de réaliser un chiffre d’affaires non négligeable, il n’en reste pas moins vrai que ce rendez-vous demeure moins identitaire que la soirée de la Gay Pride dont il serait regrettable de voir compromettre le bon déroulement attendu grâce aux autorisations d’ouverture exceptionnelle également obtenues par le SNEG.

Au-delà ce ces deux manifestations, il en va plus largement du climat général pour permettre tout au long de l’année, une exploitation sereine de l’ensemble des établissements, en bonne entente avec l’ensemble des autorités de tutelle.

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Le PV signifiant le refus d’autorisation émis par la Préfecture de Police de Paris

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