|
|
Quoi de neuf ? |
PARIS, 1er mars (AFP) - Le 7e Open Gaz de France, qui a pris fin dimanche à Paris, aura permis à Amélie Mauresmo de régler ses comptes avec la Suissesse Martina Hingis, mais lui aura aussi valu le mécompte d'une défaite en finale, 6-2, 3-6, 7-6 (7/4), face à la jeune Américaine Serena Williams.
Avant de prendre sa revanche, 2-6, 6-1, 6-3, sur la N.1 mondiale, la Française avait eu l'élégance de ne pas revenir sur les déclarations malveillantes de celle-ci, la veille de la finale des Internationaux d'Australie. Elle n'en pensait pourtant pas moins. Pour sa part, maltraitée par le public parisien, Hingis se garda d'exagérer l'importance du formidable soutien apporté à son adversaire pour expliquer une défaite cuisante.
Vendredi, jour du quart de finale opposant les deux joueuses, le stade Pierre-de-Coubertin était plein à craquer. Il le fut également lors des autres apparitions de la nouvelle coqueluche du tennis féminin français. Nul ne s'en plaindra, même si les raisons de cet engouement, se traduisant par un afflux phénoménal de journalistes, ne sont pas toutes sportives. Il y a seulement six ans, la finale, opposant les Américaines Martina Navratilova et Monica Seles, s'était déroulée dans la salle du Zénith devant une poignée de spectateurs!
Battage médatique
Tout ce battage médiatique, dû pour une bonne part à un particularisme sexuel qui a beaucoup perdu de son aspect scandaleux depuis Simone de Beauvoir, aura eu un inévitable effet d'usure nerveuse. De même que les opérations de relations publiques imposant par exemple à Amélie Mauresmo de signer à tour de bras sa photo en cartes postales ou en posters au village des VIP. Bien qu'elle ait prétendu "gérer assez bien tout cela", elle y aura laissé une énergie lui faisant singulièrement défaut en finale.
Pour l'instant, si elle est la championne d'avant-garde annoncée à grand renfort de trompes, Mauresmo l'est surtout dans sa façon d'ameuter les médias, tout en se plaignant qu'on ne respecte pas sa vie privée. Un comportement assez étranger aux sportifs européens jusque-là. Elle est sans doute plus proche, dans un autre registre, de la Lolita russe Anna Kournikova que de Chris Evert, Steffi Graf ou Monica Seles.
Il lui reste, comme elle en convient elle-même, à améliorer grandement son service, à travailler sa volée et à huiler ses enchaînements. C'est-à-dire à se recentrer sur son tennis pour être en mesure de produire jusqu'au bout un jeu parfait, comme dans le premier set de sa demi-finale contre la Belge Dominique Van Roost. En 1998, elle avait été obligée de passer par les qualifications avant d'atteindre la finale de Berlin. Ce ne fut le cas ni à Melbourne ni à Paris. Une défaite, c'est un accident. Deux défaites, cela devient une habitude.
Parité: le projet de loi suscite des divisions dans le monde féministe par Bénédicte MANIER
PARIS, 13 fév (AFP)
Imposer la parité par la loi est-il "humiliant" ou indispensable? Unanime sur le principe de l'égalité des sexes, le monde féministe est pourtant fortement divisé sur la manière de l'appliquer en politique.
Cette semaine dans L'Express (http://www.lexpress.fr/editorial/zooms/parite/ouverture.htm), 14 personnalités (la philosophe Elisabeth Badinter, la juriste Evelyne Pisier, l'écrivain Danielle Sallenave, les sociologues Dominique Schnapper et Irène Théry...) ont jugé "humiliant" le projet de loi sur la parité, car il pose les femmes en "victimes".
"Les femmes ne sont pas une espèce à protéger", affirme la directrice des Musées de France, Françoise Cachin, pour qui il existe "d'autres moyens de changer les mentalités". Il vaut mieux, affirme l'historienne Michèle Riot-Sarcey, "résoudre l'inégalité des rapports sociaux". Par ailleurs, pour Elisabeth Badinter, favoriser une catégorie distincte "tourne le dos" à l'universalisme de la République, au risque d'entraîner des revendications de minorités.
Une position que réfutent les partisans du projet de loi. Il s'agit d'une "crainte infondée" car on ne peut comparer les femmes à des "minorités", rétorque Nicole Péry, secrétaire d'Etat aux droits des femmes, qui rappelle que le droit social est déjà "rempli de discriminations positives".
Pour Sylviane Agacinsky, professeur de philosophie et épouse du Premier ministre, le projet de loi permettra de "sortir d'un faux universel": il s'agit, écrivait-elle récemment dans Le Monde, de "corriger l'effacement des femmes". Agir aussi "sur le fond"
"Je m'étonne", ajoute Michèle Sabban, secrétaire nationale chargée des droits des femmes au PS, que les adversaires féminines du projet "montent au créneau à la veille du vote au Sénat". "On est en train d'opposer un débat philosophique à un problème politique", ajoute-t-elle, et "nous entraîner dans un tel terrain est dramatique, car on a vraiment besoin de davantage de femmes en politique".
Pour la députée et ancienne ministre Yvette Roudy (PS), l'universalisme est l'argument d'une "caste intellectuelle" récupérée "par les sénateurs les plus réactionnaires". Il n'y a rien de "honteux" à prendre des mesures pour les femmes: ce qui est "humiliant", estime-t-elle, est leur "absence des milieux politiques".
Pour Françoise Ramond, animatrice du réseau "Femme et Homme, La Parité" (une centaine d'associations), adopter des mesures "immédiates" en faveur des femmes ne dispensera jamais d'agir aussi "sur le fond", sur les mentalités et sur les inégalités dans la société.
C'est aussi la position de Maya Surduts, responsable du Collectif national pour les droits des femmes, pour qui les droits des femmes sont mis à mal dans d'autres secteurs que la politique. Mais elle relève que "par mauvaise foi, les sénateurs s'abritent derrière les arguments des universalistes".
L'absence des femmes en politique, conclut Françoise Michaud, directrice du Centre national d'information des femmes (CNIDFF), impose de "s'attaquer à un vrai problème". Avec "la journée qu'elles mènent, les femmes sont rarement libres pour les réunions", constate-t-elle, en se demandant combien d'entre elles pourront se consacrer à la politique.