Le programme

Édito

Patrick Cardon m'a très gentiment demandé d'écrire l'éditorial de la huitième édition du Festival Question de Genre dont le thème est « retrouver l'Europe ». Je suis très flatté d'autant, j'en suis sûr, le connaissant bien, ce n'est pas parce qu'il n'avait rien à dire sur le sujet !

Il est toujours un peu difficile de parler sur les « autres » et à leur place, même si beaucoup préfèrent cet exercice à leur examen de conscience. Si j'ai accepté c'est certainement du fait qu'une des constantes de ma vie aura été de combattre la notion d'opposition entre les « uns » (soi, surtout en fait) et les « autres », autres d'autant plus niés qu'ils sont souvent reniés. L' autre est une part de nous-même, chacun d'entre nous vit avec et de ses contradictions, comme il vit d'échanges avec les autres.

Mais revenons au thème de ce Festival : l'Europe. Un petit mot, d'abord pour dire que l'on peut espérer (et agir pour) que cette nécessité économique dans le cadre de la mondialisation soit aussi le cadre d'avancées sociales, culturelles, politiques, qu'en particulier, elle ponctue de nouvelles avancées vers le(s) droit(s) pour les homosexuel(le)s à vivre leur mode de vie sans aucune discrimination.

On la retrouvera cette Europe du progrès grâce au partenariat avec le Goethe Institut (pour le maintien duquel il faut se battre, soit dit en passant). Ce partenariat sera l'occasion d'une première française : Anders als die Andern de Richard Oswald (1919, premier film au monde défendant le droit des homosexuels à la différence - et à l'indifférence). Un film entièrement restauré par la cinémathèque de Munich. Un film dans lequel joue en particulier Magnus Hirschfeld qui a dirigé à Berlin le premier institut de sexologie su monde.

À quand Patrick Cardon vedette de cinéma ? Plus sérieusement, à quand Patrick Cardon, directeur d'un centre de recherches d'études et de documentation sur les sexualités plurielles? Mais c'est une autre histoire (encore que) et des histoires, il y en aura beaucoup dans ce huitième festival Question de Genre. Je vous laisse les découvrir.

Didier Calonne, Conseiller Municipal de Lille
délégué aux Droits de l'Homme
et aux Relations Interculturelles.



Le Goethe Institut, Centre Culturel Allemand de Lille, menacé de fermeture !

APPEL AU SOUTIEN

Le train de mesures d'économie prévu pour le budget du gouvernement allemand en l'an 2000 concerne également le Centre Culturel Allemand de Lille. Gérant 130 instituts dans 70 pays du monde, la centrale du Goethe lnstitut avait, dans le cadre des restrictions budgétaires, élaboré en été 1999 une liste de 18 fermetures définitives et 7 partielles. Le site de Lille a échappé provisoirement à ces mesures de suppression, mais ses chances de survie seront réexaminées en novembre 1999 dès lors que le parlement allemand se sera prononcé définitivement sur le volume des économies à réaliser en l'an 2000.

Les Goethe lnstituts travaillent dans le cadre des accords culturels entre la France et l'Allemagne et sont dotés, pour leurs activités de promotion de la langue allemande et du développement d'échanges culturels entre les deux pays, d'une enveloppe budgétaire du Ministère allemand des Affaires étrangères.

Le Goethe lnstitut de Lille, dont les activités ont débuté en 1957 en signe de réconciliation entre les deux pays, est le plus ancien des 6 instituts actuellement restants. Celui de Marseille a été fermé en 1998, celui de Toulouse le sera à la fin de l'année 1999 ainsi que 10 autres dans le monde.

Dans le souci d'un dialogue ouvert sur les problèmes communs dans nos deux sociétés, pour approfondir la compréhension de nos deux pays voisins et afin de contribuer ainsi à vaincre les préjugés mutuels et de bâtir une identité culturelle de l'Europe, le Goethe lnstitut de Lille, dans le cadre des moyens qui lui ont été alloués, a proposé, en étroite coopération avec des partenaires culturels et institutionnels de la Région Nord Pas de Calais, de la Haute et Basse Normandie, une large palette d'activités allant du cours d'allemand de tous niveaux à la présentation des tendances artistiques les plus actuelles en Allemagne en passant par d'importants cycles de conférences et colloques franco allemands et la formation continue pour enseignants d'allemand dans les écoles, collèges, Iycées ainsi que le service d'une bibliothèque médiathèque très richement fournie. Tout cela risque de disparaître !

Vous pouvez contribuer à écarter ces menaces par un témoignage de soutien en signant la pétition.

Le personnel français et allemand du Goethe lnstitut de Lille

98 rue des Stations 59800 Lille
Tel.: 03 20 57 02 44 -- Fax: 03 20 42 81 45 -- E Mail: goetheli@easynet.fr


Présentation

1989-1999 : Dix ans. Dix ans que l'association Gay-Kitsch-Camp promeut la « culture gay » élargie à la culture des genres : par une activité d'édition (+ de 40 volumes) ; par un festival de films (9e édition en préparation) ; Et aujourd'hui par la création d'un Centre de recherches, d'études et de Documentation sur les sexualités plurielles. Dix ans que l'association se bat contre le racisme, le sexisme, l'homophobie et le sida par les moyens culturels (cinéma, livres, photos, débats). Dix ans de succès mais aussi dix ans d'échos parasites :

Culture gay : - non, il n'existe qu'une culture, LA Culture ! ; Cultures ? - Oui, mais ethniques, économiques, pas sexuelle ! Il n'existe pas d'identité liée au sexe ou au genre ! ; Diffusion ? - prosélytisme ! ; Visibilité ? : - scandales, mauvais goût, mauvaise image ! ; Communauté, spécificités ? - ghettos ! Balkanisation ! Enfermements !

Une République qui ne reconnaît pas ses communautés n'est pas une République. C'est le lit de Procuste fabriqué en série.

Il existe des centres de documentation publics et privés dans tous les domaines. Il n'en existe pas sur les homosexualités. Nous en proposons un depuis des années. Silence des administrations. Alors, nous l'entreprenons, mais avec de gros risques. C'est pourquoi, nous vous demanderons avec insistance votre aide financière. Le soutien des collectivités et de l'état viendra tôt ou tard mais nous ne pouvons plus attendre. Déjà, nous disposons de deux emplois-jeunes et de notre savoir-faire. Il nous faut un lieu digne de ce nom !

Retrouver l'Europe. Tel est le thème de ce huitième festival. Nous avions demandé l'aide de la Communauté européenne (projet « Médias »). Deux personnes ont distribué des milliers d'euros dont nous n'avons pas bénéficié malgré un bon dossier, car il y avait « trop de demandes » (de la part de festivals gays ?). C'est grâce à nos partenaires que nous devons d'avoir maintenu le cap. Qu'ils en soient ici remerciés.

Un remerciement particulier au Goethe Institut et à Dorothée Ulrich qui nous ont permis de lancer ce festival sur notre objectif patrimonial : reprendre, plus de cent ans après, le flambeau de Magnus Hirschfeld.

Patrick Cardon

Procuste est ce personnage de la mythologie grecque qui torturait les voyageurs qui avaient le malheur de passer sur son chemin. Il les installait sur un lit et faisait en sorte que ses victimes aient la même grandeur que son lit. Soit qu'il coupait les membres qui dépassaient, soit qu'il les étiraient pour correspondre aux dimensions du lit.


mercredi 24 novembre

Gooethe Institut, centre culturel allemand

98 rue des stations, Lille, 03 20 57 02 44, Métro Cormontaigne

Exposition « cent ans de mouvement homosexuel en Allemagne »visite guidée par Rainer Herrn, concepteur et réalisateur

19h00 Inauguration de l'exposition. Introduction par Rainer Herrn.

Du 24 novembre au 18 décembre 1999 et du lundi au vendredi de 9h00 à 12h30, de 13h30 à 18h00 et le samedi de 8h30 à 11h45, de 12h45 à 15h00.

En mai 1897, une première organisation dans le monde pour défendre les intérêts des homosexuels fut fondée à Berlin par le pionnier en sexologie, Magnus Hirschfeld, et par ses collègues. En 1919, au début de la République de Weimar, Hirschfeld créa un institut de recherches et établit ainsi la sexologie comme champ légitime de recherches scientifiques. A l'occasion du centenaire du mouvement, l'exposition passe en revue ses différentes étapes : la culture gay florissante pendant la République de Weimar, la destruction du mouvement et la persécution des homosexuels par le régime nazi, les orientations différentes suivies dans les deux Allemagnes après la guerre. Rainer Herrn, chercheur en science de la nature et sciences sociales, est directeur du Centre de recherche de la Société Magnus Hirschfeld et collaborateur du Centre scientifique en recherches sociales à Berlin. Il a publié plusieurs livres sur la formation des théories sur l'homosexualité ainsi que des enquêtes sur la situation actuellre dans les nouveaux Länder et la prévention du sida.

Magnus Hirschfeld Gesellschaft, Chodowiecky Str., 41. 10405 Berlin. Allemagne. Tél. 441 39 73. Email : mhg@magnus.in-berlin.de

20h00 Anders als die Andern (Différent des autres), Richard Oswald et Magnus Hirschfeld, 1919, Allemagne, 40'., N&B, Muet, Copie restaurée. Dist. Deutsches Film Museum München, St. Jacobs-Platz. 80431 München. Deutschland. Tél. 00 (49) 89 233 223 48. Fax 339 31.

Ce film célèbre est la première tentative d'aborder au cinéma la question de l'homosexualité alors sous le coup du § 175 du code pénal allemand qui subsistera jusqu'en 1994. à l'exemple d'un jeune violoniste, le film montre le destin tragique que réserve une société répressive et intolérante à ceux qui sont « différents ». Des acteurs célèbres du cinéma muet allemand ont contribué à ce film remarquable, restauré par le Musée du Cinéma de Munich et du groupe Kirch à l'occasion du 80e anniversaire de sa première en 1919.


vendredi 26 novembre

Atelier d'Art

chez Valérie Perlein, 3 rue Boucher de Perthes, Lille (Quartier Vauban) Tél. 03 20 54 91 20 Métro République

19h00 Vernissage de l'Exposition « Pochettes et coffrets en tout genre»

Du 26 novembre au 18 décembre, de 17h30 à 20h00 le lundi, le mercredi et le samedi. En présence du collectionneur

Cette exposition retrace l'imagerie gay et lesbienne, affichée ou non, au travers de plus d'une centaine de pochettes de vinyl et de CD. Collection personnelle de Luc de L'Arlequin de Bruxelles. Original et exceptionnel.


samedi 27 novembre

Station vidéo Heure Exquise !

Le Fort, rue de Normandie, Mons en Baroeul, Métro Fort de Mons, 03 20 432 432

Programmes Courts Canal+, en présence de réalisateurs

19h30 Lesbien raisonnable, Josée Constantin et Catherine Gonnard, 26'

Être lesbienne aujourd'hui, c'est comme être féministe sans le savoir. On ne le revendique plus, on le vit. Il y l'avant et l'après coming-out (sortie de placard). La visibilité, la « fierté lesbienne » a mûri et grandi grâce à l'activisme militant, aux réseaux conviviaux, aux lieux commerciaux, à la presse associative, aux sorties de placard, aux artistes branchées, à la naissance d'une communauté... LESBIEN RAISONNABLE raconte une histoire contemporaine des quatre, cinq dernières années, fait un rapide état des lieux des milieux lesbiens francophones (France, Belgique, Suisse, Canada).

Les Branlements progressifs du plaisir, Alain Burosse et Lionel Bernard, 18'

Portrait de JNRC, cinéaste culte et premier documentariste X. Sa spécialité: du hard pompier hot-amusant. Prod. Canal+.

JNRC filme depuis cinq ans à Marseille des petites frappes hétéros de tous poils en train de se masturber (voire plus !!!). Il a également tourné dans les pays de l'Est et en Afrique, débusquant à l'aide de sa caméra d'amateur les "zones interdites" de brutes en rut sur fond de chambres d'hôtel glauques. Ses vidéos que l'on s'arrache dans les sex-shops s'intitulent Pompiers, Bidasses ou Légionnaires quand ce n'est pas Turcs, Gitans ou Balkans Connection. Jusqu'à présent, il ne s'agit que de porno amateur assez banal. Mais il aurait introduit dans l'univers confiné du porno gay une vérité documentaire en inventant un style où prise de vue continue et son direct mettent à nu l'existence même de l'homme filmé. Du même coup, en imposant ses "modèles" multi-ethniques post-bressoniens, JNRC ferait la nique aux studios américains et à leurs étalons siliconés.

Série Suppléments détachables :

Le Planeur , Yves Cantraine France, 1998, 17', avec Fabrice Rodriguez (le voleur), Bruno Marin (son amoureux), Carmela Locantore : la serveuse.

Un fragment d'histoire d'amour au premier degré, de l'amour sans calcul, une histoire prise dans le mouvement. Bruno poursuit Fabrice, court, sans calcul, pour s'envoler avec lui, jusqu'au bout.

Shame no more (plus jamais honte), John Krokidas, USA, 1998, 12'. N&B. [prix du meilleur court-métrage au Festival du court-métrage de Grenade ; meilleur film étudiant à Aspen en 1999 (USA) ; prix spécial du jury au Festival du film Sundance en 1999]

L'histoire se déroule dans une ville typiquement américaine des années 50 appelée Cherry Creek. Un communiqué du service public vient rompre la vie idyllique de ses habitants en annonçant une épidémie d'hétérosexualité et en incitant vivement les victimes à se soigner. Le Jeune Johnny prétend travailler sur un projet en biologie mais en réalité passe ses nuits avec Diane sa petite amie. Son père découvre le pot au rose en interceptant une lettre d'amour. Johnny est alors confronté à son désir hétérosexuel et entame un traitement de reconditionnement psychothérapique...

Fish belly white (blanc bec), Michael Burke, USA, 1998, 22'.

Fish Belly White est l'histoire d'un jeune adolescent en conflit avec son entourage. Duncan un garçon de ferme du Vermont est un marginal qui essaye désespérément de se faire des copains. Mais il échoue à cause de sa maladresse et n'arrive à établir des relations affectives qu'avec son poulet apprivoisé ce qui lui attire les pires moqueries. Comment Duncan arrivera-t-il à survivre dans cette environnement en apparence idyllique mais en réalité si cruel ?...

dimanche 28 novembre

Station vidéo Heure Exquise !

16h30 Die schwulen Träume des James Bidgood (Les rêves homos de James Bidgood), Wolfgang Hastert, Allemagne, 31'. Vostf ARTE.

Excellent Documentaire sur Pink Narcissus, James Bidgood.

It's elementary, (C'est élémentaire), Debra Chasnoff, Helen Cohen, USA, 1996. 1h18. Pour la première fois en vostf. Dist. Lambda Education. Case postale 5446. 1211 Genève 11.Suisse. Tél. 41-22-738-56-66. E-mail : info@lambda.education.ch. Internet:

Caméra au poing, Debra Chasnoff (Oscar® du meilleur documentaire en 1991) et Helen Cohen ont franchi la porte de six écoles à travers les Etats-Unis, et ont capturé les témoignages d'enfants de 6 à 15 ans, ainsi que les analyses des enseignants autour du thème de l'homosexualité. It's Elementary est un documentaire saisissant, qui montre sans artifice l'image que les enfants ont des gays et des lesbiennes, leurs préjugés candides, leurs questions et leurs sentiments. De la Californie au Massachusetts, enfants et professeurs réfléchissent sur la discrimination, s'affranchissent de leurs stéréotypes, et s'interrogent sur la vie en communauté, sur la diversité des formes de la famille et les différences personnelles et sociales. Hymne à l'ouverture et au dialogue, It's Elementary souligne la nécessité de briser le silence qui entoure un sujet qui touche la vie de chacun.


« John Waters »

Né le 22 avril 1946 à Baltimore (Maryland). il grandit à Lutherville (dans la banlieue de Baltimore) entre dans une école catholique dont il ressort plus provocateur que jamais. Après les deux films en 8 mm, Hag In A Blark Leather Jacket et Roman Candles (1964) qui lui font rencontrer ses égéries Mink Stole et Divine. il se lance dans le long métrage envers et contre tous. Waters est un self made man : producteur, monteur, chef opérateur... Il est même montreur de marionnettes ! Le fait est que ses films vont loin. Assez pour qu'ils soient considérés comme "underground". Marqué par les procès du gang de Charles Manson et celui de Patty Hearst (devenue comédienne dans ses films), Waters signe dans la mouvance ses deux pamphlets les plus violents: Pink Flamingos pour lequel il devra payer une amende de 5 000 dollars pour obscénité, et Female Trouble dans lequel le travesti Divine réussit la performance de se violer lui même ! Mais son oeuvre commence à être reconnue, au point que le musée d'Art moderne inclut Pink Flamingos dans sa collection permanente ! Considéré comme un cinéaste culte, Waters se fait connaître internationalement avec Polyester le premier film en « odorama » (un sticker avec des pastilles à gratter était remis à l'entrée de la salle).

Hairspray marque un tournant dans une filmographie s'adressant à un public plus large, mais gardant un esprit indubitablement caustique. La disparition de son « acteur actrice » fétiche, Divine, afflige Waters, qui reprend néanmoins du poil de la star avec Cry Baby dans lequel il révèle le talent de Johnny Depp. Mais c'est en 1994 que le réalisateur entre dans la fameuse « A list » (film produit par une major) avec Serial Mother dans lequel Kathleen Turner tue à tour de bras; une comédie noire qui sera présentée hors compétition à Cannes. Entre ce film et Pecher Waters a introduit son cinéma dans l'art contemporain en accolant des images extraites de ses films et saisies sur un écran de télévision comme un "story board photographique". Il a également rénové la copie de Pink Flamingos. ajoutant certaines scènes coupées au montage et présentant le film neuf an festival du Film américain de Deauville. Filmographie : 1969 Mondo Trasho ; 1970 The Diane Linkletter Story ; 1970 Multiple Maniacs ; 1972 Pink Flamingos ; 1973 Female Trouble ; 1977 Desperate Living ; 1981 Polyester ; 1987 Hairspray ; 1990 Cry Baby ; 1994 Serial Mother ; 1998 Pecker.

« Divine, le retour »

C'est surréel. J'adore voir l'effet que la célébrité a sur les gens. Prenez Divine: avant il se faisait tabasser à l'école. Après les mêmes gens lui demandaient des autographes. La célébrité est donc protectrice."

Divine est un bel homme de cent cinquante kilos qui joue habituellement des rôles féminins dans mes « atrocités sur celluloïd ». Je pense à lui comme « il » quand il n'est pas costumé et comme « elle » quand il est en travesti. Divine préfère « ellui " ( shim), mais c'est grammaticalement gênant. Divine aime les vêtements serrés et révélateurs, les chaussures à très hauts talons et ne voit aucun inconvénient à teindre ses cheveux, ou à les raser, juste pour le look. Doté d'une légère toison de la tête aux pieds, il paraissait encore plus bizarre lorsqu'il n'était pas travesti. Ses cheveux étaient rasés jusqu'au sommet du crâne et ses sourcils n'étaient plus qu'un souvenir. Ce qui restait de sa chevelure était teint en un jaune hideux et servait de rembourrage à une perruque plutôt minable, teinte elle aussi. Son épais rouge à lèvres ne partait jamais tout à fait, son visage et ses lèvres étaient constamment rose pale. Il n'accordait aucun intérêt à son apparence masculine de tous les jours et portait en dehors du tournage une large salopette blanche qui lui donnait l'air d'un éboueur dément et plutôt efféminé. John Waters, Provocation , Editions Clancier Guenaud

lundi 29 novembre

Cinéma Le Métropole

26 Rue des Ponts de Comines, Lille, 08 36 68 00 73, métro Gare Lille Flandres

rétrospective John Waters

20h00 Hairspray, John Waters, USA, 1988, 1h36, Avec Divine, Debbie Harry et Ricki Lake et la participation de Pia Zadora. Dist. Metropolitan Film Export 1, rue Lord Byron 75008 Paris. Tél. 01 45 63 45 60 Fax 01 56 59 23 35.

Nous sommes à Baltimore en 1962 : c'est l'époque des cheveux crêpés, des pantalons étroits, des cols anglais, et la société change de manière radicale. Les jeunes sont partagés entre pas‐ser leur temps à danser des danses à la mode ridicules (le Madison, le Mashed Potato et 27 autres succès) et abandonner toute prudence pour se joindre à la lutte contre la ségréga‐tion raciale. Hairspray est leur histoire, une satire des deux genres cinématographiques les plus horribles de notre époque : le « film pour ados » et le « film à message ». John Waters nous offre une comédie unique en son genre, parfois sérieuse, mais qui laisse la part belle à la farce et au délire, une véritable fable sociale. On petit le dire, Hairspray est un film qui interpelle le monde ! Hairspray est également le dernier film de Divine, décédé récemment à Los Angelès, acteur et personnage extravagant créé par le metteur en scène de théâtre Tom Eyen et révélé par John Waters dans ses films Pink Flamingo (1972), et Female Trouble (1974). Dans Hairspray , Divine interprète deux personnages avec, à ses côtés, plu‐sieurs chanteurs de rock dont Debbie Harry (chanteuse de Blondie), Ric Ocasek. Ruth Brown, Sonny Bono (Sonny & Cher) et Pia Zadora.

Interprétations : Let's twist again (Mann Appell). Interprétée Chubby Checker ; Hide and seek part 1 (Hill). Interp. Bunker Hill ; Gravy (Mann Appell). Interp. DeeDee Sharp ; Shake a tail feather (Rice-Hayes-Williams). Interp.Five Dutones ; The roach dance (Willis-Vanetoulis) Interp. Gene and Wendell ; The bird (Parker-Austell). Interp. les two Dutones ; The bug (Dallman-Grant). Interp. Jerry Dallman & the Knightcaps ; Do the continental (Mann Appell). Interp. les Dovells ; Foot stomping (Collins). Interp. les Flares ; Limbo rock (Sheldon-Strange). Interp. Chubby Checker ; Town without pity (Washington-Tiomkin). Interp. Gene Pittney ; Waddle Waddle (Clark). Interp. les Bracelettes ; Train to nowhere (Burgess). Interp. les Champs ; I'm blue (Turner). Interp. les Ikettes ; The Madison Time (Morrisson-Bryant). Interp. le Ray Bryant Combo ; Pony time (Covay-Berry). Interp. Chubby Checker ; The Fly (Madera White). Interp. Chubby Checker ; Life's too short (Bonner-Hugh). Interp.les Lafayettes ; I wish I were a princess (Weiss-Hugo-Luigi). Interp. Peggy March ; You don't own me (White-Modern). Interp. Leslie Gore ; Dancing Party (Mann Appell). Interp. Chubby Checker ; Hairspray (Sweet-Bataglia-Bassen). Interp. Rachel Sweet ; You'll loose a good thing (Barbara Lynn Ozen). Interp. Barbara Lynn ; Mashed potato time (Garrell-Bateman-Holland). Interp. Dee Dee Sharp ; Mama didn't lie (Mayfield). Interp. Jan Bradley ; Duke of Earl (Edwards-Dixon-Williams). Interp. Gene Chandler.Day-O (Burgie-Attaway)

22h00 Pink Flamingos, John Waters, USA, 1972, 1h33, avec Divine, David Lochary et Edith Massey.

Dist. Metropolitan Film Export 1, rue Lord Byron 75008 Paris. Tél. 01 45 63 45 60 Fax 01 56 59 23 35.

La critique est devenue un métier branché En 72. les Critiques étaient tous coincés et ils ont mordu à l'appât en disant que Pink Flamingos était le film le plus répugnant du monde".

Pink Flamingos, le plus connu de mes films à ce jour, est un film très américain. Il a été présente comme un « exercice de style sur le mauvais goût » et j'aime bien cette définition. Les thèmes du film sont très américains, (la compétitivité et la guerre) et concernent deux groupes de marginaux qui luttent pour le titre des « êtres les plus répugnants qui soient. »

D'un côté nous avons Divine, la « Reine du Déchet » et son étrange famille : Crackers (Danny Mills), son fils hippie débile ; Cotton (Mary Vivian Pearce), une blonde décolorée aux allures de star, atteinte de voyeurisme, et Mama Edie (édith Massey) une vieille dame de 125 Kg assise dans un parc à bébés, en culotte et soutien gorge et qui raffole des oeufs.


mardi 30 novembre

Cinéma Le Métropole

rétrospective John Waters (suite)

20h00 Polyester, John Waters, USA, 1981, 1h30. Avec Divine, Tab Hunter et Edith Massey. Dist. Metropolitan Film Export 1, rue Lord Byron 75008 Paris.

Une drôle d'engeance que la famille Fishpaw : Francine, la mère, 150 kgs, s'épuise dans l'alcoolisme ; son mari, Elmer, directeur d'une salle de cinéma porno, sort éhontément avec sa secrétaire ; Lulu, la fille se donne à tous les teenagers du coin pour quelques dollars et le fils Dexter se shoote au triclo et prend son pied en agressant les femmes aux belles chaussures... Une méchante satire de l'american way of life d'un mauvais goût revigorant, réalise en « odorama » permettant aux spectateur d'humer quelques odeurs.

Soirée « Têtu » En présence de Thomas Doustaly, rédacteur en chef et de François Ozon, réalisateur.

22 h 00, Les Amants criminels , François Ozon, France, 1999. Avec Natacha Régnier et Jérémie Renier.

Luc et Alice ont des corps d'adolescents. Luc est assis sur un lit, il a les yeux bandés. Debout, face à lui, Alice lui ment. Elle dit qu'elle se déshabille, qu'elle a les seins nus, qu'elle les mouille de sa salive. Luc la croit sans la voir. En spectateur docile, il admet tous les mensonges qu'on lui offre. Mais, lorsque Alice s'approche de lui et baisse son slip, Luc ne peut plus cacher combien ces non-vus ne le font pas bander. Tout le projet des Amants criminels tient dans ce prégénérique. Le film n'a qu'un objectif, refaire bander Luc, en lui exposant, pour de vrai, ce qu'il refuse voir... Et en passant, nous refaire bander, nous, les spectateurs dociles, qui nous enfermons au cinéma, habitués à ne rien voir et à faire les excités, comme si nous avions tout vu. Maintenant, Luc a le corps blessé, plaies, hématomes. Luc est enfermé dans un fourgon de gendarmes. Il regarde la caméra, les spectateurs. Son regard est mauvais, il tremble comme des lèvres, un poing prêt à frapper. Et, sur ce regard, le noir s'impose, le générique défile. Le film est fini. Plus rien n'existe quand une projection s'achève, juste de la pellicule percée. Des bobines enfermées dans une boîte de fer. Luc n'existe plus. Et Les Amants criminels ont gagné leur pari.


mercredi 1er décembre

Au bar Les Imprévus rue Royale, Lille

Journée internationale contre le sida

18 h vidéo de pornoprévention happy hour de 18 h à 20 h

Cinéma Le Métropole

20h30 Aimée et Jaguar, Max Färberböck, Allemagne, 1999, 1h44, VOSTF. Avec le Goethe Institut (sous réserve)

Berlin 1943/44. Menacées à la fois par les bombes qui tombent et les persécutions qui les guettent, deux jeunes femmes vivent le grand amour. Pour l'une d'elles, mariée et mère de quatre enfants, ce sera l'expérience décisive de sa vie. Pour l'autre, qui vit exposée en permanence à un double danger en tant que Juive et en tant que membre d'une organisation clandestine, cet amour signifie aussi un espoir de vie et de survie. Cette poignante histoire et tirée de faits réels, et les deux actrices principales ont obtenues ensemble le Prix d'interprétation au festival de Berlin 99.


jeudi 2 décembre

Galerie En art comme en Amour

22 rue de la Halle, Lille, 03 20 42 18 32, près de la Halle au Sucre expositions

Christopher Nis Peros : « Sexy vegetables ». Photographies en hommage à Edward Weston.

Marek Rybicki : « De certains hommes et de certaines femmes ! ». Peintures

19h00 Vernissage des expositions en présence des artistes


vendredi 3 décembre

Cinéma Le Méliès

Centre commercial Triolo, rue Traversière, Villeneuve d'Ascq, 03 20 61 96 92, métro Triolo

21h00 Le Traité du Hasard, Patrick Mimouni, France, 1998. En présence du réalisateur. Dist Pierre Grise, 52 rue Charlot, 75003 Paris tél 01 40 27 99 06 fax 01 40 27 97 16

De 1995 à 1998, l'itinéraire d'une bande d'amis homosexuels fréquentant le quartier parisien du Marais et tous concernés par la séropositivité... Un mélange intergénérationnel détonnant !


samedi 4 décembre

Station vidéo Heure Exquise !

soirée franco-maghrébine En présence du réalisateur

19h30 Algérie, mon amour, N-Y, JLG, France, 1997, 28'. Technique : Steeve G.. Avec Djamel, Sofiane, Saïd et Hamid.

Tourné en Algérie même en 1994. Témoignage de beaux adolescents « gays » algériens au pays.

Les étrangers, Philippe Faucon, France, 1999.

Coproduit par Ognon Pictures, La Sept Arte. Karim Ben Sadla: Selim. Yamina Amri: la mère. Lakdar Smati : le père. Mohamed Chaouch : le frère.

Philippe Faucon, réalisateur formé à la jeune école d'Arte, à qui l'on doit déjà deux ou trois téléfilms de belle facture (Sabine, Muriel fait le désespoir de ses parents), explore depuis une dizaine d'années les tourments de l'adolescence et des jeunes adultes d'aujourd'hui. Selim, le héros, jeune homosexuel de 19 ans, engagé volontaire en Bosnie, débarque là-bas avec armes et bons sentiments. De la guerre, il verra surtout les coulisses. Racisme à tous les étages: racisme antihomos, racisme anti Bosniaques, rebaptisés « Bousnioules », par les militaires, machisme et bêtise crasse des sous off.

Débat avec la participation de l'association Amal, association laïque de gay et lesbiennes franco-maghrébine, 19 rue de Condé, 59000 Lille.

Le Tunnel

80 Bis rue Barthélémy Delespaul, Lille, 03 20 14 37 50, métro République

22h00 soirée Casting Live

Venez assister ou participer au casting par le réalisateur Martial Amaury de Comme des Anges ! ! ! Avec la présence de deux acteurs du film pour vos photos souvenir. Entrée 50 francs par personne


dimanche 5 décembre

Station vidéo Heure Exquise !

15h00 Queer as folk, Russel Davies, GB, 1999. Vost. 3h00 en deux séries de 1h30 chacune et une coupure de 30'. Canal +. Prod. Channel Four.

La série Queer as Folk, qui dépeint la vie quotidienne de trois hommes gays de Manchester, a terminé sa première saison le mois dernier. Une saison qui passera sans doute à l'histoire: la série ne s'est pas gênée pour montrer des hommes gays qui s'embrassent, couchent avec leurs nombreuses conquêtes, bref, qui prennent la vie du bon côté. Stuart, le personnage principal, n'a rien d'un héros. Dès le premier épisode, il couche avec Nathan, un jeune homme de 15 ans, et se moque des sentiments que lui voue son meilleur ami Vince. Comme on pouvait s'en douter, Queer as Folk s'est attiré les foudres des conservateurs et de la presse de droite en Angleterre, qui ont crié au scandale et réclamé la censure. Même les groupes de défense des droits des homosexuels ont manifesté leur désapprobation, jugeant que la série jouait sur les stéréotypes anti-gays comme la promiscuité sexuelle. Après une première série de huit épisodes, Channel Four a annoncé le retour de Queer as Folk l'an prochain. Malgré la controverse (ou peut-être à cause d'elle), chaque épisode a attiré près de 3 millions de téléspectateurs. Romain Bédard


lundi 6 décembre

Forum de la FNAC

Rue St Nicolas, Lille, 03 20 15 58 15, métro Rihour

17h30 Rencontre avec Denis Chollet, biographe de Jean Boullet

Né en 1921, Jean Boullet a tenté dès sa prime jeunesse de fuir un milieu familial par trop classique afin de vagabonder dans le monde des rêves. Très vite, il superposera imagination et réalité, expérimentant d'étranges quintessences. Lancé dans Saint Germain des Prés à la libération comme dessinateur et critique laudatif du cinéma d'épouvante, il illustre Boris Vian et quelques morts célèbres comme Edgar Poe ou Verlaine. Il côtoie Edith Piaf, Jean Cocteau, Michel Déon, Juliette Gréco, Jacques Chazot, Piéral, Guitry, Carné, Roland Lesaffre, Kenneth Anger, Félix Labisse, Lise Deharme, Michel Laclos. A plusieurs reprises, il voyage au Maghreb. Il se dit "Peintre de la beauté masculine". Curieux de sexologie, observateur érudit des mythes populaires, féru des bizarreries en tout genre, grand collectionneur, co fondateur de revues de cinéma, ami et exégète des illusionnistes, auteur de plusieurs essais de référence, animateur despotique de son ciné club privé et de la « Société des Amis de Bram Stoker », marchand d'illustrés anciens, tel fut Jean Boullet. [...] Instable, ayant gâché ses capacités artistiques et dilapidé sa fortune, il part pour l'Algérie persuadé d'une conversion à l'Islam. On le retrouve pendu à un arbre en décembre 1970. De Saint Germain des Prés à Mai 68, l'itinéraire d'un précurseur. Enfin le livre de référence sur Jean Boullet 15 ans de recherche plus de soixante témoignages photographies et dessins rares inédits.

Jean Boullet, le précurseur, Denis Chollet, France Europe éditions, 1999. Préface de Michel Déon de l'Académie française , France Europe éditions (Feel) 37/41 Bd Du Louchage 06000 Nice Tél. 04 93 92 29 74

Cinéma Le Métropole

Soirée Gay-Kitsch-Vamp

20h00 Pink Narcissus, James Bidgood, 1971, 1h04. Dist. Alive, 49, Rue de Turenne, 75003 Paris. Tél. 01 42 74 18 72 Fax 01 42 74 18 66

Un film mythique découvert en France en 1973 après de nombreux problèmes avec la censure. Tournée par une équipe restée anonyme, une oeuvre complexe et très difficile à résumer... Il s'agit de la mise en image des phantasmes d'un jeune et bel homosexuel américain, seul dans son somptueux appartement. Rencontres de vespasiennes`, toréador « muscle », motard échauffé, une danse masculine orientale du bas ventre, etc ... Le tout mis en scène avec un sens éblouissant de l'esthétisme. Un pur joyau suintant de sensualité .

22h00 Gods and monsters, Bill Condon, 1998, 1h45. Vostf. Dist Paradiso

James Whale est le réalisateur des toutes premières adaptations cinématographiques de Frankenstein.

Voilà bien longtemps qu'il a laissé tomber sa carrière. Célèbre en son temps, James a beau n'être plus tout jeune, il n'en reste pas moins bien « polisson » et ne peut s'empêcher de succomber aux charmes de son nouveau jardinier, Clayton. Un « ex-gars-d'la-Marine » qu'il parviendra à amadouer pour le persuader de poser pour lui. S'en suivra une surprenante relation plein de tendresse...

A partir de ce qui aurait pu n'être qu'une biographie, Bill Condon a réussi à construire une poignante fiction autour d'un homme, un artiste, arrivé au crépuscule de sa vie.


mardi 7 décembre

Cinéma Le Métropole

Soirée Hommage à Dirk Bogarde

Décédé le 8 mai 1999, à son domicile londonien, à 78 ans. C'était un des plus grands acteurs du monde. On connaissait presque tous ses films, depuis The Servant, de Joseph Losey, jusqu'à Daddy Nostalgie, de Tavernier. On les aimait souvent moins que lui dedans : dans les Damnés, dans Mort à Venise, il sauvait Visconti. De ses films d'avant, on avait vu Le Cavalier noir , mais on avait oublié son metteur en scène, Roy Ward Baker, pour ne retenir qu'un pantalon assez obscène. Dans The Celluloïd Closet, on se souvenait d'un extrait terrible de The Victim, un film anglais de Basil Dearden, tourné en 1961, où Bogarde incarnait un pédé traqué. Pourtant, les titres des journaux soulignaient l'ambiguïté de l'acteur pour éviter d'écrire en gros qu'il était homosexuel.

20h00 The Victim, Basil Dearden, 1961, Grande-Bretagne, coul, 1h40, vostf

Londres, 1961. Alors que la loi punit l'homosexualité de prison, un avocat homosexuel (mais marié) met sa réputation en jeu pour confondre une bande de maîtres chanteurs à l'origine du suicide de l'un de ses amis.

22h00 The Servant, Joseph Losey, Grande-Bretagne, 193, coul, 1h45, vostf

Employé comme valet de chambre, un homme va devenir le maître de son jeune employeur, un aristocrate fortuné...


mercredi 8 décembre

Cinéma Le Kino

Université Charles de Gaulle (Lille 3), Villeneuve d'Ascq, métro Pont de Bois

20h30 Wilde , Brian Gilbert, GB, 1997, 1h55. Dist. CTV International

Décidément, I'Angleterre a bien du mal à se dépêtrer du fantôme encombrant d'un de ses plus célèbres citoyens: Oscar Wilde. Après avoir encensé l'auteur dramatique, avoir honni et train plus bas que terre le sodomite scandaleux, avoir oublié l'exilé renommé Sébastian Melmooth, puis, au fil du temps, s être réapproprié son théâtre puis sa figure de dandy, l'Angleterre officielle de cette fin de XXe siècle n'a pourtant pas eu le courage de réhabiliter celui qui fut mis au ban de la société victorienne pudibonde cent ans plus tôt. Pour autant, Wilde n'est plus un maudit depuis longtemps: le nombre de films que la Grande Bretagne lui a consacré (voir encadré) le prouve bien, et celui de Brian Gilbert ne fait qu'en rajouter dans ce sens. En effet, le « Oscar Wilde » qui nous arrive aujourd'hui est, à l'évidence, le plus complet et le plus fidèle des portraits que l'on aie vu jusqu'à présent à l'écran. Suivi d'un débat. Séance spéciale Festival Question de Genre à 20 francs


jeudi 9 décembre

Cinéma Le Kino

20h30 Petites fièvres de vingt ans, Ryosuké Hashiguchi, Japon, 1993, 1h 54.

On a découvert Hashiguchi, jeune cinéaste nippon, en 1997, avec son deuxième long métrage, Grains de sable , subtil écheveau de sentiments et de désirs contrariés en milieu étudiant. Ce film-ci (le premier de son auteur) lui ressemble, en plus radical et plus adolescent. Tourné en 1993, il évoque une pratique assez répandue, à en croire la presse japonaise, chez les lycéen(ne)s et étudiant(e)s de Tokyo : la prostitution à temps partiel, considérée comme une source d'argent de poche ou un moyen de financer ses études.

Hashiguchi s'intéresse à la variante homosexuelle de ce phénomène de société, mais, justement, sans préoccupation sociale ni misérabilisme. Le bar gay, où les jeunes protagonistes se croisent après les cours et rencontrent leurs clients, sert de théâtre à une double éducation sentimentale : celle de Shin, lycéen ouvertement homosexuel, et celle de Tatsuru, étudiant d'une vingtaine d'années à la sexualité plus indécise. Le premier, rêveur et efféminé, en pince secrètement pour le second, mutique et arrogant, qui ne le lui rend guère [...] Louis Guichard (Télérama)

Suivi d'un débat animé par la revue de cinéma Tausend Augen. Séance spéciale Festival Question de Genre à 20 francs par personne


vendredi 10 décembre

Cinéma Le Méliès

Soirée USA

21h00 Johns, Scott Silver, USA, 1997, 1h36. Dist. Epicentre films, 12 rue Lamartine, 75020 Paris. Tél. 01 42 80 01 02. Fax 02 07.

La veille de Noël, John, un prostitué qui fêtera ses 21 ans le lendemain, cherche à rassembler l'argent qui lui sera nécessaire pour passer la nuit dans un somptueux hôtel...

19h00 The Doom generation,Gregg Araki, USA, 1994, 1h24 Dist. Haut et court, 38 rue des Martyrs, 75009 Paris. Tél. 01 55 31 27 27. Fax 28.

Amy Blue et Jordan White ont dix-huit ans et mènent une existence insouciante. ils mangent et fument, font l'amour. Au cours d'une nuit de sortie, ils sauvent involontairement un garçon blessé, Xavier Red, dit X, s'embarque alors avec eux dans une violente, sanglante et démoniaque balade à travers les Etats-Unis. Le nouveau venu, capable des pires accès de violence et maniant un langage outrancier et cru, exerce bientôt sur le couple une irrésistible fascination.


samedi 11 décembre et vendredi 10 décembre

ZEM Théâtre

16 rue de Flandre, Lille, 03 20 57 94 94, métro Gambetta

Spectacle « Le délice des coeurs ou l'orgueil de Pharaon »

Il a séduit tous les coeurs par la grâce
de son luth - et de son parfum musqué ...
Ô l'incomparable garçon
en qui toutes vertus se trouvent réunies
au point que sa main droite
paraît s'exprimer comme une langue
tandis que sa bouche semble le nid
des plus habiles caresses."

20h30 Lecture-spectacle organisée par Zoone libre.

Poèmes et récits érotiques arabes des XIIIe et XVe siècles. Musiques d'aujourd'hui. Pour découvrir les mille et une délicieuses turpitudes auxquelles donne lieu l'acte d'amour. Lieu sous réserve d'autorisation d'ouverture, téléphonez au ZEM Théâtre. 40 francs par personne. 30 francs par personne avec le programme !


dimanche 12 décembre

Station vidéo Heure Exquise !

concours de courts métrages inédits

19h30 Algérie, mon amour, N-Y, JLG, France, 1997, 28'. Technique : Steeve G.. Avec Djamel, Sofiane, Saïd et Hamid.

Tourné en Algérie même en 1994. Témoignage de beaux adolescents « gays » algériens au pays.

Squat, Savin Yeatman-Eiffel, France, 1999. 7'30. Dist. Sav ! The World productions. 9 rue Beethoven, 75016 Paris. Tél./Fax 33 1 42 30 72 27 - savon@cybercable.fr

Film d'animation sur une bande de squatter de tous styles et toutes tendances (dont une drag queen) luttant pour garder leur style de vie face à un voisinage pas très compréhensif.

Flying boys, Didier Seynave, Belgique, 4' , N&B. Contact : 105 rue du Monténégro, 1190 Bruxelles. Belgique. Tél/fax : 32 2 537 76 73.

Au départ, le désir de se retrouver entre copains, un week-end à la mer - Et, par hasard, l'on prend quelques photos un peu particulières (on saute, comme des gamins, du haut des dunes). Ensuite, en découvrant les photos, un coup de coeur ; une envie de vous faire partager cet intense moment de bien-être. Une question de feeling, de réappropriation de l'image photographique en vidéo.

La Pomme, Vincent Boujon, France, 1999, 3' Co-production CLC-AOB Lyon. Dist. Vincent Boujon. Tél. 04 72 07 87 83

C'est un après-midi de juin. Anne et Gilles sont sur un banc. Ils se connaissent, il y a des silences. Gilles espère un signe. Anne lui fera une déclaration. Mais ce n'est pas celle qu'on attend...

Thomas trébuche, Pascal Vincent, France, 1999.

Un baiser et la vie bascule. Des éclats de verre aux éclats de rire...

Vice Versa

3 rue de la Barre, Lille, 03 20 54 93 46, métro Rihour

Remise du Prix Public du Court Métrage à 23h00

entrée libre


mercredi 15 décembre

Café Oz, The Australian Bar

33 place Louise de Bettignies, Lille, 03 20 55 15 15, métro Gare Lille Flandres

soirée Priscilla, folle du désert (18h-22h : Spéciale Happy Hour Question de Genre) Entrée libre


jeudi 16 décembre

Goethe Institut

soirée accompagnée au piano par Pierre-Michel Sivadier

19h30 Ferkel (Les Petits Cochons), Luc Feit, 1998. Allemagne, 3 `. Couleurs. Muet. Dist. Jost Hering, Winterfeldtstrasse 31 Berlin 10781.

Court métrage cocasse sur un couple d'amants dérangé par une voisine.

Anders als die Andern (Différent des autres), Richard Oswald et Magnus Hirschfeld, 1919. Allemagne, 40', N&B, muet. Cf supra.

Ich möchte kein Mann sein (Je ne voudrais pas être un homme), Ernst Lubitsch 1918, Allemagne, 33', N&B. Dist. Bundes Archiv-film Archiv Berlin Fehrbelliner Platz 3 10707 Berlin / Dist Wiesbaden Dif Deutches Filminstitut Kreuzbergerring 56 65250 Wiesbaden

Profitant de l'absence de son oncle, Ossi, garçon manqué, décide de « vivre comme un homme ». Elle s'habille en conséquence, et s'aperçoit que cela comporte aussi des inconvénients, ne serait ce que pour trouver une place assise dans le tram. Après un joli quiproquo bien comique elle renonce cependant volontairement à son « changement de sexe » sans pour autant renier son esprit d'émancipation.

Aéronef

Grande Soirée Musique électronique

Gay Kitsch Camp et L'Aéronef fêtent leur 10ème Anniversaire ensemble !


vendredi 17 décembre

Goethe Institut

19h30 Ferkel (Les Petits Cochons), Luc Feit, 1998, Allemagne, 3', couleurs, muet.

Lola + Bilidikid, Kutlug Ataman, 1998, Allemagne, 90', couleurs, VOSTF Dist. Cowboy Booking International, 27 West 24th St. Suite 303, New York, NY 10010. Tél. (212) 929-4200 fax (212) 929-9786 email info@cowboybi.com.

Murat vit à Berlin. ll a dix sept ans, il est turc, il est homo et tente de se libérer des entraves familiales pour suivre sa propre voie. C'est un film dur qui parle sur un ton rapide et émouvant de la grande métropole moderne qu'est devenu Berlin aujourd'hui.


Samedi 18 décembre

Soirée de Clôture JNRC

Le Tunnel

en présence de Jean-Noël René-Clair qui diffusera un inédit


Petites annonces Associations Documents Actualites Internet Regions

©Gais et Lesbiennes Branchés, 1999